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L?union fait la force

31 août 2003, 20:00

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Les bonnes histoires du passé insistaient sur la nécessité de l?union qui fait la force. Le mariage est un bel exemple de cette alliance et comprend normalement deux partenaires. Ainsi le carbone s?adjoint un oxygène très complaisant. Mais ces éléments font deux couples. L?un comprend un atome de chaque associé, un autre lie deux atomes d?oxygène à un carbone. Il ne s?agit pas là de l?éternel triangle car les deux unions sont fortes. L?une est un poison qui a tué chez nous des gens se chauffant près d?un réchaud à charbon dans une maison close. Au propre naturellement. L?autre, moins nocive, nourrit les plantes.

Pour des paires méritant des superlatifs, il faut choisir l?hydrogène comme complice du carbone. Leurs alliances sont légion et dites hydrocarbures. Même le cancre allergique à la chimie saisit le sens de ce mot, bien que son essence lui échappe. Le mariage le plus simple comprend un unique atome de carbone et quatre d?hydrogène. Mais l?élément noir est un peu narcissique. Deux de ses atomes peuvent donc se lier. Ils accueillent alors plus d?hydrogène. Et comme dans l?histoire de l?éléphant qui trompe énormément, un autre atome de carbone, et encore un, et encore un? sont ainsi capables de faire la chaîne.

Tout comme les tutus qui sont légers parce que courts, les unions concises contenant un carbone unique sont vaporeuses. Un exemple est le méthane. Le nom vient d?une lointaine boisson fermentée. Et comme les breuvages ou la langue d?Esope, la molécule a du bon et du mauvais. Elle contribue à l?effet de serre et aux coups de grisou dans les mines. Mais sa combustion se montre utile pour chauffer et produire d?autres énergies.

On fabrique le méthane commercialement, mais la mer recèle une réserve impressionnante en combinaison avec de l?eau. On estime que le total est deux fois supérieur au stock de gaz, pétrole et charbon réunis ! La manne est une masse de glace. Elle est quiète à une profondeur de 200 mètres mais son instabilité à pression plus faible inquiète. Il ne faut donc pas trop la taquiner et son exploitation est malaisée. Toutefois la solution du problème donnera une excellente source d?énergie à l?avenir.

Grimpant le long de l?échelle des hydrocarbures, nous saluons d?autres gaz comme propane et butane d?emploi domestique, avant de rencontrer kérosène et ?essence? qui précèdent gazole et huiles lourdes. Pour eux, on peut dire que tout baigne.

Cela sent le soufre

Des solides comme la vaseline, et la paraffine plus ferme, prennent la relève. Ce solide fait les bougies. Leurs ancêtres figuraient en expressions bien connues comme brûler la chandelle par les deux bouts. Quand elle se consume par un seul bout la bougie induit les potaches en erreur dans certains manuels de chimie où on la fait brûler sous cloche de verre recouvrant de l?eau. La montée subséquente du liquide est supposée démontrer la composition de l?air. Hélas ce sont les profs pratiquant cette manip qui sont cloches. Le résultat est simplement dû à la chaleur dégagée comme l?ont démontrée des élèves utilisant trois bougies au lieu d?une seule !

Le mélange d?hydrocarbures que recèle la Terre nourricière se dit simplement pétrole. Ses réserves, inégalement distribuées, donnent naissance à la pétrochimie qui fait avancer la civilisation. Mais certains puissants faisant fi de civilités inventent des prétextes pour envahir les contrées riches en or noir. Ils espèrent plus tard blanchir leurs noirs desseins.

Autre partenaire du carbone, le soufre est complice d?un beau numéro. En concubinage, le mélange fait la poudre à canon. En mariage, ce jaune et ce noir solides donnent un liquide clair. La blanche ici ne vaut pas deux noires comme en musique mais fait mieux. Elle joue une forte note car elle agit en dissolvant puissant.

Le partenaire jaune est par lui-même aussi valable que sont d?autres jaunes, le rire excepté. Il est depuis longtemps utilisé en onguents mais fleure l?accent diabolique. D?ailleurs les âmes pieuses disent, devant des phénomènes inexpliqués mais pas nécessairement inexplicables, que cela sent le soufre. Indifférent à ces commentaires, l?élément jaune aidait les Egyptiens à fixer des pointes aux flèches. Ils en recouvraient les parties à coller puis un chauffage fondait l?élément qui, en se refroidissant, effectuait une union solide. Plus près de nous, il contribue à la vulcanisation. Vulcain sent-il un peu le feu de l?enfer ?

Le jaune est encore plus performant avec d?autres associés. Le meilleur exemple est une contribution hors pair, une gamme de médicaments connus populairement sous le nom de sulfas. La première réussite émergea après 692 essais infructueux. Comme c?était la firme May & Baker qui patronnait la recherche, la molécule miracle fut baptisée M&B 693. Elle eut l?heur de guérir Winston Churchill d?une pneumonie en 1943. Le malade distingué ayant eu des responsabilités militaires déclara, en parlant de la victoire sur ses microbes, que ?les intrus furent repoussés?.

Claude MICHEL

?Autre partenaire du carbone, le soufre est complice d?un beau numéro. En concubinage, le mélange fait la poudre à canon. En mariage, ce jaune et ce noir solides donnent un liquide clair. La blanche ici ne vaut pas deux noires comme en musique mais fait mieux. Elle joue une forte note car elle agit en dissolvant puissant.?

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