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Beekarry : ?Nous travaillons dans le respect de la loi?
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Beekarry : ?Nous travaillons dans le respect de la loi?
Face aux critiques dont elle fait l?objet, l?Independent Commission against Corruption (Icac) accuse le coup mais ne se décourage pas. Le commissaire Navin Beekarry a insisté hier sur sa détermination à poursuivre son travail contre vents et marées. C?était lors d?un séminaire organisé par l?Icac à l?intention des chefs religieux dans le cadre de sa campagne d?éducation et de prévention.
Navin Beekarry dit assumer pleinement les ?erreurs? de l?Icac. Il les trouve ?normales? dans la mesure où la structure dans laquelle fonctionne l?institution est complexe. Cette complexité, d?ailleurs, dem-ande une longue période de rodage, explique-t-il. En outre, la loi sur la prévention de la corruption elle-même comporte des failles, souligne-t-il. ?Ena failles et li pou prend lé temps pou adapter.? Il a demandé ?ce temps? au public.
S?il assume les reproches sur les faiblesses de l?institution et les estime constructives, en revanche, Navin Beekarry déplore ?les critiques personnelles? faites à son encontre. Son mouvement d?exaspération à l?approche d?un photographe a démontré à quel point il a été irrité par des commentaires de personnes proches du pouvoir. ?Malgré séki certaines dimounes dire, mo pas bisin publicité ! Quantité dimoune pé pile lors moi. Nous n?avons jamais cherché à donner l?impression d?être des terribles?, s?exclame-t-il.
Ces coups ne découragent ni l?Icac ni son commissaire, assure ce dernier. Il voit l?avenir avec sérénité et confiance. ?Il y a des moments difficiles dans tout combat, et nous n?allons pas baisser les bras. Parce que nous faisons notre travail dans le respect de la loi. Nous avons un grand commitment envers le pays et nous accomplissons notre devoir. You know I mean business et tout dimoune cone moi comme sa. Mone prend ène responsabilité et mo pou assumé. Critiques pas critiques, mo pou assumé.?
Beaucoup de réalisations en une année
Navin Beekarry est également convaincu que l?Icac ira en s?améliorant. ?Il y aura des erreurs, des faiblesses. Nous allons les corriger au fur et à mesure. Et avec le temps, ce ne sera plus un problème?. Il en veut pour preuve les résultats déjà enregistrés par la commission. ?Nous avons beaucoup accompli en une année. Nous avons réussi à créer un impact.? Cette amélioration toutefois ne se verra pas si tous ne sont pas partie prenante du combat, si tous n?acceptent pas l?idée qu?il s?agit d?un combat ?de longue haleine?, a-t-il insisté. ?Il ne faut pas que les gens croient que dans deux ou trois ans, ce combat sera terminé. Cela prendra du temps, il faut de la patience.?
Le commissaire a voulu situer les rôles et les responsabilités, en réponse aux reproches faits sur les libertés de l?Icac. Il a rappelé que si la commission n?est pas?contrôlée? par aucun ministère, elle a des comptes à rendre à plusieurs instances. Le comité parlementaire de l?Icac, par exemple, a un rôle de superviseur. L?Operations Review Committee est responsable de faire un suivi des différentes enquêtes menées par l?Icac. ?Chacun a un rôle défini et le comité parlementaire péna droit mette nez nez dans l?enquête?, a-t-il lancé avec force.
Mieux protéger la confidentialité
La question des enquêtes a particulièrement intéressé l?assistance. Le vicaire général Jean-Maurice Labour a notamment interpellé Navin Beekarry sur ?le manque de confidentialité? dans les enquêtes.
?Il y a plusieurs parties impliquées dans une enquête, a répondu le commissaire. Nous exigeons de nos enquêteurs qu?ils respectent la confidentialité des informations qu?ils détiennent mais nous n?avons pas de contrôle sur ce que les avocats peuvent dire après.? Il a précisé avoir demandé que la loi soit amendée dans le sens d?une plus grande protection de la confidentialité.
Le traitement accordé aux plaintes reçues du public a également fait l?objet d?une question. Les plaintes anonymes, précise Navin Beekarry, doivent contenir suffisamment d?informations pour permettre aux enquêteurs de démarrer leurs enquêtes. ?Nous pouvons certes démarrer l?enquête à partir de lettres anonymes mais il est hors de question de jeter la boue sur des gens sans des dossiers solides. C?est pour cela que nous n?avons pu donner suite à la majorité des plaintes anonymes?, explique-t-il. Pour tenter d?y remédier, l?Icac élaborera sur le délit de trafic d?influence et la protection des informateurs au cours de ses prochaines campagnes d?explication, a-t-il promis.
Navin Beekarry est également intervenu sur les méfaits de la corruption et son ampleur. Il a laissé, au cours de cette intervention, échapper une phrase qui reflète une certaine amertume. ?Les politiciens ont jugé dans leur sagesse, à raison, qu?il est temps de venir avec une loi. Je les respecte pour cela. Malgré tout...?
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