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«Le futur du tourisme est dans la région», dit Bodha

22 août 2003, 20:00

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Vendre l?océan Indien est l?avenir du tourisme mauricien. Le ministre du Tourisme, Nando Bodha, n?en démord pas. La région est un des seuls havres de paix sur la carte touristique mondiale. Il est logique de l?exploiter mais, avant cela, Maurice doit soigner ses maux en matière touristique. Le « brand name» Mauritius doit évoluer pour que Maurice demeure « magique ».

S?adressant hier à un parterre d?acteurs touristiques, économiques et des diplomates, lors d?un « business lunch » de l?American Chamber of Commerce au Domaine Les Pailles, le ministre a fait un état des lieux du tourisme mauricien et a évoqué son avenir.

« Le tourisme doit être au service de l?île Maurice et non l?inverse », soutient-il. Tout Mauricien doit se rendre compte de ce que le tourisme apporte au pays, sans pour autant considérer le touriste comme un « portefeuille ambulant ». Il faut « réconcilier le Mauricien avec les réalités de son tourisme». Il ne peut y avoir frustration et conflit à chaque nouvelle construction d?hôtel.

Façonner un label île Maurice est, selon Nando Bodha, «la priorité nationale». Maurice peut faire mieux et évoluer du cliché «sun, sea and sand» en intégrant les autres secteurs. «A plusieurs reprises j?ai rencontré des touristes qui avaient de l?argent à dépenser. Malheureusement, ils ne trouvent pas des produits à 100 % mauriciens de qualité», soutient le ministre.

L?artisanat a encore de beaux jours. Ce serait un moyen idéal d?intégrer «les 10 000 personnes qui perdront leur travail dans le textile». Le gouvernement travaille d?ailleurs sur cet aspect. L?idée de faire payer « 4 ou 5 dollars » par touriste pour des projets de développement sociaux est également en gestation au niveau du ministère.

secteur fragile

Néanmoins, le secteur touristique «classique» (hôtels, tour-opérateurs) a développé un savoir-faire qui est tout à fait exportable. D?autant que le pays risque de plafonner au niveau du nombre de visiteurs étrangers. Le ministre souligne encore que les projets hôteliers en cours sont les «derniers» que le pays devrait connaître. Mais si Maurice veut développer ce secteur de manière durable, elle doit éviter de devenir un phénomène de mode. «C?est pourquoi nous voulons jouer dans une league of our own».

Sen Ramsamy, directeur de l?Association des hôteliers et restaurateurs de l?île Maurice (AHRIM), fait pour sa part état de la fragilité du secteur. «Le tourisme est le premier affecté lorsqu?il y a des événements au niveau mondial».

C?est pour cela selon lui qu?il faut essayer d?anticiper. Mais, l?avenir est prometteur. Les chiffres sont les meilleures preuves. En 1950, il y avait 25 millions de touristes dans le monde. En 2000, 702 millions. Selon les estimations de l?Organisation mondiale du Tourisme, le secteur pourra compter sur 1, 6 milliard de bourlingueurs dans le monde.

Le directeur de l?AHRIM insiste sur la créativité en capitalisant sur l?expérience pour continuer à attirer les voyageurs étrangers à Maurice. «Pourquoi pas un Festival de Canne? à sucre ?» plaisante-t-il. Le directeur lance l?idée d?un grand Mauritius Sale autour duquel de nombreuses activités seraient organisées pendant un mois. Sen Ramsamy se prononce également sur des codes d?éthique non seulement pour les opérateurs mais aussi pour le touriste qui s?engagerait à respecter la culture mauricienne.

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