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Liquide vaisselle : on en boirait !
?Un matin, j?étais à préparer les enfants pour l?école. Je demande à mon fils de sept ans de m?apporter la bouteille de jus. Il est venu avec le flacon de liquide vaisselle que j?avais acheté la veille, en me disant : ?Je veux ça aujourd?hui?. C?était un liquide vaisselle aux couleurs et au parfum de framboise.? Ce fait nous est relaté dans une lettre envoyée par une habitante de Vacoas. D?où notre présent article.
Un petit tour au rayon des liquides vaisselle a vite fait de nous convaincre que notre interlocutrice avait des raisons de nous inviter à avertir les consommateurs, lecteurs du Porte-Monnaie.
Plusieurs marques sont exposées : Nickelle, produite par Blychem, sise à Cassis ; Dishy, fabriquée sous licence sud-africaine par Nidomac, située Pailles; Wash et Spark, deux produits de Cernol Chemicals, dont l?usine est à Petite-Rivière. Mais aussi des marques importées comme Monoprix et Netty fabriquées en Belgique. Cette distinction local-importé sera très signifiante dans notre analyse.
Une première observation : les marques produites localement se ressemblent toutes dans la présentation graphique de leur étiquette. Les photos des fruits, entiers ou coupés en deux, sont toujours au premier plan, bien en évidence. C?est ce qui attire en premier le regard.
La description du produit (liquide vaisselle), de même que les parfums sont inscrits dans la même police de caractères (font size) et au bas de l?étiquette. A signaler que Dishy est présenté comme ?Extra concentré?. Une caractéristique que l?on trouve souvent sur les bouteilles de jus...
Autres détails frappants sur les étiquettes des contenants des liquides vaisselle produits localement : l?absence totale d?information sur la composition du produit, sur le mode d?utilisation ou sur les précautions d?emploi. Rien, absolument rien.
Voyons maintenant les marques importées, Monoprix et Netty. Ce qui frappe, en comparaison avec les marques locales, c?est l?absence d?illustrations de fruits. À la place, un verre qui brille de tous ses éclats. L?acheteur est informé quand même du parfum du liquide, mais sans illustrations. La description du produit (liquide vaisselle) est bien en évidence.
On ne peut se tromper. Il s?agit bien de liquide vaisselle, il n?y a pas à examiner tout ce qui est inscrit sur l?étiquette ou à tourner le contenant dans tous les sens. On cherche du liquide vaisselle, c?est du liquide vaisselle.
Le consommateur dispose aussi de toutes les informations nécessaires sur les étiquettes de ces deux marques : composition du produit, conseils d?utilisation et précautions d?emploi.
Sur ce dernier point, on est ainsi averti : ?Conserver hors de la portée des enfants. En cas de contact avec les yeux, laver immédiatement avec de l?eau. En cas d?absorption, voir le médecin?. Même qu?il y est donné l?adresse du service consommateur.
Absence de normes
Il n?existe pas de normes pour l?étiquetage des liquides vaisselles domestiques, nous a-t-on répondu au Mauritius Standards Bureau (MSB). Les divers catalogues disponibles dans le centre de documentation de cet organisme nous renseignent abondamment sur les normes en vigueur concernant les lave-vaisselle, les ameublements et les équipements de cuisine, tant à usage commercial que domestique, mais on ne trouve rien sur l?étiquetage des liquides vaisselle.
Cyril Palan, président de l?Association of Advertising Agencies (AAA) déclare qu?en l?absence de normes concernant l?étiquetage, le graphiste ne peut se fier qu?à son inspiration et laisser jouer ses compétences et son sens de créativité. ?Mais il agit toujours selon les désirs du client?, s?empresse-t-il d?ajouter. ?C?est au client de dire ce qu?il veut mettre comme informations pour attirer l?acheteur potentiel. C?est aussi à lui de savoir s?il existe des paramètres ou des normes pour l?étiquetage de son produit. Cela relève de sa responsabilité. Le graphiste est un artiste au service de son client, il ne peut pas se transformer en agent du bureau des normes ou en représentant d?une association de consommateurs. Si les autorités élaborent des normes, par exemple dans la conception graphique des étiquettes, le graphiste sera tenu de les respecter?.
Il faut aussi savoir, fait ressortir le président de l?association mauricienne des agences de publicité, que ?certains industriels ont leur propre unité de publicité et de design pour leurs produits?.
Cyril Palan reconnaît toutefois que la profession de graphiste est en pleine expansion et qu?il faudra songer sérieusement à ?intéresser davantage ce corps de métier dans tout ce qui se fait au niveau de la création publicitaire.?
Cela dit, c?est du Bureau des normes que dépendra l?introduction de normes pour l?étiquetage. On nous y a répondu que ?s?il y a une demande précise en ce sens, nous la considérerons certainement?. Mais c?est dans cette intention que nous avons abordé le présent article.
En attendant, le consommateur est prié d?assumer sa responsabilité : chaque chose à sa place, ne pas laisser le liquide vaisselle à la portée des enfants, en cas de contact avec les yeux, laver immédiatement avec de l?eau...
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