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La perpétuité pour le mari jaloux

16 août 2003, 20:00

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«C?est mon mari qui m?a poignardée. » Dans un dernier souffle, Santa Gungah parvient à mettre la police sur les traces de son assassin. Ce vendredi 15 février 2002, la jeune femme vient d?être sauvagement agressée à l?arme blanche dans un bureau de la Sécurité sociale à Slough, dans le Berkshire, en Angleterre. Shiv l?a frappée avec une telle violence que les ambulanciers venus lui donner les premiers soins n?arrivent pas à lui retirer le couteau du dos.

Dix-huit mois de tristesse se sont écoulés pour les proches de la jeune femme jusqu?à ce que le verdict tombe. Lundi, ils ont eu le sentiment que justice avait été faite lorsque la sentence contre Shiv Gungah a été prononcée. Le tribunal de Reading vient de le condamner à la prison à vie.

Tout n?est pas rose

Il y a trois ans, personne n?aurait prédit la mort de Santa Merai et la perpétuité pour Shiv Gungah. « Couma camarade mo ti amène Shiv lacase », raconte le père de la victime, Mohun, à l?express en février 2002. Ébloui par la beauté de Santa, Shiv demande immédiatement sa main. Elle n?a que 23 ans et refuse de se marier avec cet homme qui est de trois ans son aîné. « Zamé sa ti pou arrivé, Linda ti pou enkor la mem si so mama pas ti force li pour marié », raconte un proche de la jeune femme. C?est donc presque à contre-c?ur qu?elle accepte d?épouser Shiv. Ses proches estiment qu?elle a trouvé un bon parti parce qu?il travaille à l?étranger et qu?il partira bientôt en Angleterre pour trouver un emploi comme infirmier.

Le mariage est célébré le 30 janvier 2000. Shiv est embauché dans un hôpital psychiatrique et remue ciel et terre afin que Santa soit à ses côtés. Officiellement en vacances, Santa parvient à trouver un poste dans la filiale anglaise de l?entreprise qui l?employait à Maurice. En juillet 2001, elle obtient un visa de deux ans et s?embarque donc pour sa nouvelle vie. Elle se rend compte par la suite que tout n?est pas aussi rose. En rentrant d?une virée, deux mois plus tard, Shiv prend des ciseaux et taillade tous ses vêtements. Ivre, il la brutalise. « Line sonne la case pou raconte ki so mari violent », relate la cousine germaine de Santa, Vidya Daloo. « Il était hyper jaloux, il ne voulait pas qu?elle engage la conversation avec qui que ce soit. »

Prise de panique, Santa alerte la police qui embarque Shiv au poste. Il est libéré sous caution le lendemain. C?est le cycle infernal. Il la bat. En retrouvant le domicile conjugal vide, le lendemain d?une scène, il doit se rendre à l?évidence. Santa l?a abandonné. Fou de rage, il la traque durant des semaines.

Il profère des menaces auprès des proches de la jeune femme : « Dire li mo pou coupe li si li pas révini ». Finalement, il réussit à obtenir son numéro de téléphone. Prétextant un problème de visa, il parvient à l?amadouer afin qu?elle accepte de le rencontrer. Elle lui donne rendez-vous dans un bureau de la Sécurité sociale où elle doit se rendre pour régler un problème administratif.

« Par la volonté de Dieu »

Santa est dans une file d?attente lorsque Shiv arrive, armé d?un couteau de chasse. Il lui assène trois coups dans le dos. Lors du procès qui lui est intenté, le ministère public expliquera à la cour que Shiv a agi de « sang-froid ». Les avocats de la poursuite ont aussi montré qu?il était un homme violent et jaloux qui ne cessait de « terroriser » sa femme. Les choses se seraient gâtées lorsqu?elle a menacé de le dénoncer : il travaillait au noir et ne possédait qu?un visa d?étudiant.

En cour, Shiv a plaidé non coupable sous l?accusation d?assassinat en déclarant avoir agi « par la volonté de Dieu ». Mais la poursuite a rétorqué que Shiv a voulu en finir avec sa femme car « s?il ne pouvait pas l?avoir, personne d?autre que lui ne l?aurait ». Le jury a mis sept heures à délibérer.

Jusqu?ici, Port-Louis n?a pas encore été notifié de sa condamnation et s?il sera ou extradé vers Maurice pour purger sa peine. « Si li ti vini Moris après sa crime la ou si éna bane cousin Linda gagne li, zot pas pou laisse li sapé », lâche une tante de la jeune femme.

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