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« Je ne vais pas démissionner »
> Votre condamnation à six mois d?emprisonnement a suscité de nombreuses réactions, en particulier de la part de l?opposition. Quel est votre état d?esprit actuellement ?
J?ai une confiance totale en moi. Le soir, mon subconscient s?active. Je suis prêt à affronter les difficultés auxquelles je vais faire face. La justice et la vérité vont triompher. Je crois en Dieu. Je suis en harmonie totale avec mon être intérieur.
> Serez-vous présent à l?Assemblée mardi ?
Bien sûr. Je ne vais pas abdiquer devant mes responsabilités de député. J?ai posé deux questions pour la séance de mardi. J?ai bien l?intention d?intervenir et jouer mon rôle de député.
> Votre intervention ne risque-t-elle pas de provoquer un walk-out de l?opposition comme ça a été le cas mardi ?
Je ne vais pas prêter le flanc aux agissements démagogiques de l?opposition. Je ne suivrais pas l?opposition dans son indignation si elle décide d?effectuer un walk-out. J?ai tenu l?opposition au courant à toutes les étapes de cette affaire. C?est malheureux qu?elle en fasse une affaire politique. Si elle s?exécute une fois encore, ce mardi, l?opposition assumera les conséquences de ses responsabilités. Je serais à l?Assemblée jusqu?à l?échéance de mon mandat. Que l?opposition se rassure, je ne vais pas démissionner.
> Ne pensez-vous pas qu?un congé politique serait le meilleur service que vous pourriez vous rendre ainsi qu?au gouvernement et à votre parti ?
Je me laisse dicter par la loi suprême du pays. S?est-on jamais demandé pour quelle raison le poste d?un député n?est remis en cause qu?en cas de condamnation à douze mois de prison ? C?est pour une question de fairness que la période de douze mois est incluse dans la loi. Un député qui est emprisonné pendant six mois peut continuer son mandat. La Constitution me permet de conserver mon poste de député tant que la condamnation n?est pas définitive.
> Et si les instances judiciaires supérieures auxquelles vous aurez recours, confirment le jugement de la cour intermédiaire ?
La vérité va triompher. Les erreurs judiciaires sont toujours possibles. Je refuse de répondre à des questions hypothétiques. Je suis en parfaite harmonie avec ma conscience. Je souhaite que mon appel soit entendu le plus vite possible par la Cour suprême.
> Avez-vous reçu une décision définitive de la Cour suprême selon laquelle votre appel sera entendu dans les plus brefs délais ?
Non.
> À quoi attribuez-vous votre caractère qui met mal à l?aise certains ?
Les circonstances d?une enfance difficile ont sensiblement influencé mon tempérament. Je n?aime pas les gens qui mentent. Il me manque de la diplomatie. Je ne suis pas hypocrite. Chez moi, il n?y a pas de diplomatie hypocrite non plus. Ma franchise fait parfois mon malheur.
> Avez-vous l?impression d?être un mal aimé ou un incompris ?
Je ne sais pas. Je fais mon travail en respectant la règle du jeu. Cela dure depuis vingt-cinq ans.
> Avec du recul, acceptez-vous le fait d?avoir utilisé un langage incorrect à l?égard des instances judiciaires ?
Je reconnais, avec du recul, que le langage que j?ai utilisé dans mes plaintes n?a pas toujours été conforme au conservatisme judiciaire. Le judiciaire est conservateur. Je ne le suis pas. Face aux critiques, il faut savoir analyser, diriger et réagir. Le judiciaire accepte mal les critiques. Certains dans le judiciaire estiment qu?ils sont intouchables et ne peuvent pas être critiqués. J?ai pourtant fait des critiques ouvertes en public contre certaines personnalités. J?ai même présenté publiquement des documents pour soutenir mes critiques. On pourrait imaginer que ces dernières m?auraient valu au moins une accusation provisoire d?outrage à la cour. Il n?en fut rien.
> Maintenez-vous votre départ pour l?étranger comme vous l?aviez annoncé ?
Je ne pars pas. Jeudi, j?ai reçu une lettre m?informant que je ne peux pas quitter le pays. Je vais contester cette décision. Et pourtant, durant le déroulement de cette affaire, j?ai effectué au moins cinq voyages à l?étranger.
Propos recueillis par Lindsay PROSPER
profil
Issu d?une famille modeste de Lalmatie, village de l?Est, Dev Hurnam reste marqué par son enfance difficile. Contrairement aux enfants plus fortunés, pour financer ses études il a dû travailler comme vendeur de légumes, charretier et laboureur. Il a débuté sa carrière professionnelle et son engagement politique à l?école de feu Sir Gaëtan Duval, ex-leader du Parti mauricien social-démocrate. En 1987, il est candidat du Mouvement des travaillistes démocrates dans l?Union avant de se joindre au Mouvement militant mauricien. Il a un franc-parler qui dérange. Ce qui lui a d?ailleurs valu pas mal d?ennuis dans le passé.
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