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Des Kenyanes accusent de viols des soldats britanniques
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Des Kenyanes accusent de viols des soldats britanniques
Des femmes kenyanes, qui affirment avoir été violées par des soldats britanniques, ont manifesté à Nairobi et réclamé à Londres une aide financière pour l?éducation de leurs enfants métis. Dans un cortège grossi par des militants des droits de l?Homme, les manifestantes accompagnées de leurs enfants, chantaient et pleuraient en racontant dans quelles circonstances elles avaient été violées, parfois par des groupes de soldats britanniques, selon elles. « Nous voulons notre dignité? Les soldats britanniques sont des violeurs? Dehors les violeurs? Vous n?avez pas de lois ? », affichaient les banderoles, apportées jusqu?à l?entrée du Haut commissariat britannique, dans le quartier d?affaires de Southern Upper Hill. « Grande-Bretagne, ces enfants sont à moitié les tiens. Papa, s?il te plaît, prend tes responsabilités », proclamait celle que brandissait une petite métisse de 7 ans.
« Dans leur pétition, les manifestantes demandent formellement au gouvernement britannique de les aider financièrement à élever leurs enfants métis, en particulier pour leur instruction », a déclaré leur avocat londonien, Me Martyn Day. « Elles demandent aussi à Londres et à Nairobi d?ouvrir immédiatement une enquête publique sur ces cas de viols, qui ont été signalés aux autorités des deux pays dès 1977 sans que rien ne soit entrepris », a ajouté l?avocat, qui réclame au total 20 millions de livres de dommages-intérêts pour quelque 600 femmes des ethnies Masai et Samburu.
Une délégation a été reçue par l?ambassadeur britannique, Edward Clay, a indiqué Me Day, qui les accompagnait. « C?est la première rencontre formelle que nous ayons eue avec les autorités britanniques, et elles semblent mesurer l?importance du dossier », a déclaré l?avocat des plaignantes. « Je vous assure que nous prenons ces accusations au sérieux », a déclaré M. Clay à la délégation des plaignantes, selon un communiqué de l?ambassade. Me Day avait déjà obtenu en 2002 de Londres 4,5 millions de livres de dédommagements pour plus de 200 Kenyans victimes d?explosifs abandonnés par l?armée britannique dans leur pays au cours de ses séances d?entraînement.
« Je présente à ces femmes les excuses du gouvernement pour les souffrances et la honte qu?elles ont endurées de la part des troupes britanniques alors que ces faits avaient été signalés », a déclaré de son côté le secrétaire d?Etat à la justice kényanne, Robinson Githae.
ACCEPTER LES ENFANTS MÉTISSÉS
« Le gouvernement vous soutiendra, et fournira l?information nécessaire à votre avocat », a promis M. Githae aux plaignantes, rappelant que le dernier cas de viol signalé remontait à huit mois. Il a appelé les organisations de défense des droits de l?Homme à conseiller les victimes de viol et à sensibiliser la communauté tout entière à la nécessité d?accepter les enfants métissés. « En Afrique, les enfants sont une bénédiction, acceptez-les, s?il vous plaît », a-t-il déclaré.
Le secrétaire d?Etat kenyan n?a pas en revanche annoncé de mesures concernant les soldats britanniques. « Nous les avons invités ici, nous attendons d?eux qu?ils respectent les lois kenyanes [?]. Les entraînements militaires britanniques vont continuer, mais si le moindre cas de ce genre est encore signalé, les coupables feront face à la loi dans toute sa rigueur », a-t-il ajouté.
Depuis l?indépendance du Kenya, en 1963, la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale, continue d?envoyer régulièrement des troupes s?entraîner dans des étendues désertes du nord et du centre du pays. Un total de quelque 2 000 hommes doivent ainsi s?y succéder en 2003 dans plusieurs camps militaires, à raison de quatre sessions d?entraînement dans l?année, indique-t-on de source diplomatique britannique.
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