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Une jeune mère opérée d?une tumeur rarissime
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Une jeune mère opérée d?une tumeur rarissime
Un sourire radieux éclaire le visage de Lutchmee Halooman. Tout juste vingt-quatre ans et mère d?une petite fille d?un an et demi, la jeune femme a échappé de justesse à la mort. Elle le répétera d?ailleurs à plusieurs reprises : «Mo fine sape loin».
D?apparence fragile, Lutchmee vient de subir une opération au c?ur. La tumeur maligne s?était nichée dans le ventricule gauche, soit la partie la plus sensible de l?organe. L?intervention extrêmement délicate a été menée avec succès par l?équipe dirigée par le Dr Abdool Sorefan. Une première au Centre cardiaque de Pamplemousses.
Lutchmee raconte. C?est en juin dernier que des cardiologues découvrent la tumeur, prête à éclater. Ce samedi-là, elle allait consulter, pour la énième fois, un docteur. Depuis plus d?un an, en effet, elle traîne une méchante maladie aux mains et aux pieds. Des plaques sanguines se forment régulièrement sous sa peau, provoquant des démangeaisons et des brûlures atroces. Le sang circulait difficilement dans les mains et dans les pieds.
La jeune maman doit se résigner à abandonner son emploi dans une école maternelle. Une année durant, cette habitante de Morcellement St André fait le va-et-vient entre son domicile et les cabinets médicaux. Elle tente d?obtenir non seulement un traitement approprié, mais surtout une explication rationnelle à sa maladie. Des docteurs diagnostiquaient : «ène la veine fine coincé», d?autres, «problèmes la peau sa madame».
stade avancé
Ce samedi 28 juin, les rougeurs réapparaissent. La jeune femme décide de frapper à la porte d?un autre médecin. Après examen, le praticien lui dit : «Madam, couma dire mo tanne kitsoze pé grogné dans ou lécoeur» et la réfère immédiatement à un cardiologue pour des examens approfondis. Le généraliste n?avait pas tort.
Les examens révèlent une grosseur à un stade très avancé. Le médecin contacte immédiatement ses confrères du Cardiac Centre. Le Dr Abdool Sorefan, cardiologue-chirurgien de l?Etat, confirme le diagnostic. Lutchmee est hospitalisée le même jour.
La nouvelle choque sa famille. La jeune femme n?a jamais eu de symptômes propres aux malades cardiaques et jouit, semble-t-il, d?une bonne santé. «Je suis très active et je marche beaucoup pour aller travailler. Je n?ai jamais ressenti de palpitations», raconte-t-elle.
La tumeur était logée dans le ventricule gauche. C?est de là que part tout le système vasculaire qui irrigue les organes vitaux : le cerveau, les reins et les membres inférieurs. La grosseur dans cette partie sensible du c?ur avait atteint une taille effrayante : celle d?une balle de ping-pong. La tumeur était toute ramollie. Le risque était grand qu?elle se fragmente, augmentant les risques d?infection et de crise cardiaque.
En apprenant ces nouvelles inquiétantes, Lutchmee réalise soudain combien sa vie est en danger. C?est la panique. «Tout d?un coup, tous les membres de la famille ont cessé leurs activités. Il n?y avait que des larmes et des cris. C?est comme si, tous étaient en deuil.»
Durant les vingt ans d?existence du centre cardiaque, les cardiologues ont opéré une multitude de tumeurs mais jamais dans cette région du c?ur.
L?intervention chirurgicale a lieu quelques jours après, le temps de préparer la patiente et de tout mettre en place. De nouveaux équipements, très sophistiqués, sont utilisés pour la première fois. Autour du Dr Abdool Sorefan, une dizaine de personnes s?active. L?opération durera plus de quatre heures. «C?était une opération extrêmement délicate. Nous devions veiller à ne pas fragmenter la tumeur. Après l?avoir ôtée, il fallait s?assurer de ne laisser aucun résidu», explique le cardiologue.
le chemin de la réussite
Un mois s?est écoulé depuis cette première chirurgicale. Patiente et médecins voulaient attendre avant d?évoquer une quelconque réussite. Les médecins ont prescrit une longue convalescence à la malade. Ce n?est que l?an prochain qu?elle retrouvera ses petits protégés de la maternelle.
Consciente du danger qu?elle a couru, Lutchmee veut désormais s?assurer que sa fille Nileema est à l?abri de tout problème. «Je l?emmènerai faire des check-up cardiaques réguliers», promet-elle. L?essentiel, à présent, c?est de partager son bonheur avec sa famille. «Bon Dié grand. C?est comme une deuxième naissance. Je réalise combien la vie est un cadeau. Il ne faut surtout pas la gâcher ».
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