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Chronologie de l?affaire Hurnam

14 août 2003, 20:00

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L?affaire Hurnam débute le jeudi 4 mai 2000 par un hold-up à la State Bank de Grand-Bois. Le vendredi 5 mai, Bobby, un membre de la famille Bholah, demande à Dev Hurnam de représenter ses frères qui ont été arrêtés. L?avocat expliquera après qu?il a réclamé des honoraires de Rs 25 000, payés en deux tranches de Rs 5 000 et Rs 20 000.

Selon Dev Hurnam, Bobby lui explique que ses frères ne sont pas coupables. Il soutient que lorsque le hold-up a eu lieu, ils étaient à Forest-Side pour le fitness de leur camion.

En compagnie de deux autres avocats, Dev Hurnam rencontre le même jour celui qui va ensuite l?incriminer, Soobhasing Bholah, alias Bengo, au poste de police de Nouvelle-France. En présence des deux avocats et d?un policier, Bengo déclare qu?il était au Fitness Centre lors du hold-up. Son frère Bobby apporte même le Fitness Certificate au poste de police.

Le lendemain , un autre suspect, Praboojee Meetoo, en cellule policière de Souillac, demande à Dev Hurnam de le représenter. Ce dernier tente de le faire libérer sous caution. Lors de l?audience, le 8 mai il demande au suspect de se dévêtir pour montrer au magistrat les traces de blessures sur son corps. Meetoo accuse ainsi un inspecteur de police, un caporal et un autre policier de l?avoir tabassé et torturé en cellule policière. Les suspects sont libérés sous caution.

Ces suspects seront arrêtés à trois reprises sous la même accusation et seront à chaque fois libérés quand Dev Hurnam menace de poursuivre les enquêteurs pour outrage à la cour.

Le 1er juin, Meetoo est arrêté sous une accusation de complot dans l?affaire de hold-up. En cour, Dev Hurnam argue que cela n?est pas une nouvelle accusation et que son client doit être libéré sous caution. Mais il n?obtient pas gain de cause.

Le 6 juin, Bengo Bholah est arrêté et accusé lui aussi de conspiration. Dev Hurnam n?arrive pas à le faire libérer sous caution. Bobby Bholah, est aussi arrêté. Le 14 juin, Bengo Bholah dénonce Dev Hurnam et l?accuse de lui avoir donné l?idée de fabriquer un alibi.

Bobby Bholah, de son côté, dit à la police : ?Mo ti fine téléphone missier Hurnam, mo dire li mo pena casse. Line dire moi amène casse ki ine coquin.? Les deux frères sont libérés alors que Meetoo reste en détention.

Le 29 juin 2000, Dev Hurnam donne sa version des faits. Il cite des témoins, produit des documents et pour une question d?éthique, ne défend donc plus aucun des suspects impliqués dans le hold-up.

L?affaire est vite oubliée jusqu?en janvier 2001 quand Abdool Sariff Kureembokus, le seul accusé dans l?affaire du hold-up, déclare en cour que l?argent du braquage a été utilisé pour payer des avocats.

Le lendemain, un journaliste présent en cour rapporte dans son journal que l?accusé a précisé que l?avocat n?était pas au courant que l?argent provenait du hold-up. Or, cette précision de l?accusé ne figure pas dans les ?proceedings? lors du procès.

Dev Hurnam note que dans son jugement, la cour a attiré l?attention des autorités sur les allégations de Kureembokus sur le paiement à un avocat seulement, alors que l?accusé avait parlé de deux avocats.

Les 8 et 12 février 2001, Dev Hurnam parle de manquement grave du magistrat, écrit à la Judicial and Legal Service Commission et dénonce dans la foulée le Directeur des poursuites publiques (DPP) d?alors, Ah Foon Chui Yew Cheong. Ses deux lettres sont référées au Bar Council qui lui demande de s?expliquer. Mais il refuse.

La Cour suprême se dit choquée par le langage utilisé par Dev Hurnam dans sa lettre. Elle lui inflige une suspension d?une année, du 19 mars 2001 au 19 mars 2002.

Après sa suspension, Dev Hurnam persiste. Il fait état des ?manquements? qu?il aurait notés au sein du bureau du DPP.

Le 6 juillet 2001, alors que Dev Hurnam est toujours suspendu, une accusation de recel et de conspiration est portée contre lui. Selon l?enquête, l?affaire remonte au 29 juin 2000.

Mais ces accusations sont rayées. Dev Hurnam ne sera poursuivi que pour avoir conspiré pour fabriquer un alibi. Il a été condamné lundi dernier à six mois de prison.

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