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Tam-Tam autour de Rempart
La caravane MSM-MMM passe toujours, malgré les aboiements de l?opposition. C?est sans surprise que les amendements constitutionnels relatifs aux pouvoirs du prochain président de la République ont été adoptés mardi sans la moindre modification. Donc, comme prévu, Jugnauth ira au Réduit avec quelques responsabilités (terme plus approprié que « pouvoirs ») en plus, Bérenger sera Premier ministre avec les pleins pouvoirs et Ramgoolam restera en attente?
Effaçant les autres discours, les joutes oratoires des trois chefs de parti ont été particulièrement intéressantes, surtout avec en filigrane, la partielle de Rivière-du-Rempart.
Ce n?est un secret pour personne : Ramgoolam a fait des amendements constitutionnels le thème de sa campagne, commencée vendredi dernier au n° 7. Au Parlement également, il a misé à fond sur cette « trahison » du gouvernement envers son électorat. Il l?a rappelé à plusieurs reprises, soulevant un concert de protestations des bancs de la majorité.
Dans la mêlée, d?une voix distincte, Prakash Meenowah, député mauve au n° 7, a lancé : « Vine dans n° 7, to ava guetté ». Jugnauth et Bérenger ont d?abord acquiescé, puis, devant l?ardeur de leurs députés chahuteurs, ont approuvé des mains, en frappant frénétiquement leur pupitre. En face, l?opposition lançait : « Zot ava guetté. Sa même zot dernier rempart sa ».
« The MSM has been taken for a ride », a répété plusieurs fois Navin Ramgoolam. Si Jugnauth a pris cette remarque avec le sourire, en revanche Paul Bérenger, le regard plongé dans un magazine international, pestait, invectivait. Il était visiblement hors de lui.
La stratégie de Ramgoolam était claire : créer l?impression d?un profond désaccord entre les deux partenaires du gouvernement et partant de là, envoyer un message direct à un électorat spécifique.
Paul Bérenger a fréquemment utilisé les termes « consensus » et « accord » pour rassurer tout le monde que le MMM et le MSM filent le parfait amour, qu?il n?existe aucun « désaccord » et que le Président dispose d?« importants pouvoirs ».
Sir Anerood, lui, a réagi, fidèle à son habitude, avec des phrases formulées trop rapidement, au risque de les regretter plus tard : « Ki fer to pé gagne mo tracas. Moi mo pas pé plaigné ki mo pé gagne moins pouvoirs. » Immédiatement, avec un sens inné de la formule, James Burty David, de sa voix de stentor, lancera : « L?État, c?est moi ! L?État, c?est Jugnauth. La Constitution aussi ».
Quelque peu désarçonné, Jugnauth rectifiera : « Non, l?État, c?est nous ». Mais trop tard, la pique était partie.
À un certain moment, Navin Ramgoolam a brandi le manifeste électoral de septembre 2000 du MSM-MMM pour rappeler la promesse énoncée d?accorder plus de pouvoirs au président, quand Jugnauth passera le relais à Bérenger. Le vice-Premier ministre a tout de suite crié : « Na pas ploye nous manifeste coume ça. Ki to fine vine défenseur nous manifeste aster ? » Des bancs de la majorité, suite de cette remarque ironique du futur Premier ministre, on pouvait entendre : « Nou fine gagne enn lotte agent. Li appelle Ramgoolam. »
Vers 22 h 30, le Constitution Amendment Bill a été voté. Si l?épisode est clos au Parlement, sur le terrain, le tam-tam de l?opposition ne fait que commencer. Encore une fois, « Dans Rempart, nou ava guetté ».
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