Publicité
Marcelin Azie face à la colère d?Albion
Par
Partager cet article
Marcelin Azie face à la colère d?Albion
Après sa comparution en cour et une inculpation provisoire d?assassinat, le présumé meurtrier de Nadine Dantier est revenu sur les lieux du crime pour une reconstitution. La police s?est évertuée à contenir l?agressivité des habitants afin d?éviter tout dérapage.
C?est une colère sourde qui anime les quelque 200 habitants d?Albion présents à la reconstitution du meurtre de Nadine Dantier hier après-midi. Sans l?intervention des policiers, Marcelin Azie, le présumé meurtrier âgé de 27 ans, arrêté hier matin, aurait passé un sale quart d?heure?
Sa comparution en cour de Bambous, où parents et badauds se pressent pour l?apercevoir, ne prend pas plus de cinq minutes. Marcelin Azie est traduit devant la magistrate Sarita Bissoonauth sous une accusation provisoire d?assassinat.
Suit la reconstitution des faits, placée sous la supervision de l?assistant commissaire de police, Oozageer Suneechurra. Le présumé meurtrier débarque à Albion, encadré par des membres de la Central Criminal Investigation Division (CCID).
Le surintendant Gian Unmar, responsable de la CID de la Western Division, demande aux hommes de la Special Supporting Unit (SSU) de placer un cordon de sécurité à une cinquantaine de mètres du terrain vague déjà délimité.
Assistent à l?exercice, Gino Troubat, le père de la victime, Caroline Dantier, la mère, son époux, Jean-Yvon, et leurs filles. Il y a aussi une petite foule présente.
Mais au fur et à mesure que les gens affluent, le surintendant Unmar demande aux hommes de la SSU de constituer une chaîne humaine à une cinquantaine de mètres du cordon de sécurité préalablement placé.
Un bouclier humain
A l?arrivée de Marcelin Azie, des remarques agressives fusent de toutes parts. Il indique aux policiers l?endroit où il s?est caché avant de suivre Nadine Dantier à sa descente d?autobus le 25 juin dernier. Pour éviter d?autres dérapages, les assistants surintendants de police Lutchoomoonen Marden, Bala Katmachi, les hommes de la CCID et ceux de la Major Crime Investigation Team (MCIT) forment un bouclier humain autour de l?agresseur présumé.
Marcelin Azie refait le chemin, parcouru il y a 34 jours, qui mène sur les lieux de son crime. Il montre les endroits où il a entraîné Nadine Dantier et commis son forfait.
Un badaud réussit à s?approcher de Marcelin Azie. Il le gifle. Les policiers interviennent prestement et embarquent le suspect. Direction : le centre de détention d?Alcatraz aux Casernes centrales. Il sera examiné ce matin par le Dr Abdool Khalick Mohungoo, médecin légiste, à la morgue de l?hôpital Victoria, Candos.
Caroline Dantier, qui a aperçu le visage du meurtrier présumé de sa fille, ne peut plus retenir ses larmes. Elle n?a pas la force de parler. C?est pareil pour son mari. ?Je ne sais pas encore ce que je ressens.?
C?est la belle-s?ur de Caroline, Clivy Crighton, qui est leur porte-parole. ?Nous voulons que justice soit faite. Nous ne demandons pas une vie pour une vie car cela ne compensera jamais notre perte, mais la prison à vie pour son meurtrier. Nous lutterons pour cela. A chaque fois qu?il sera en cour, nous serons là. Nous le suivrons partout !?
Pas de commentaire de Gino Troubat alors que sa fille Stéphanie, à côté de sa demi-soeur, Isabelle, confie : ?Je suis révoltée. On ne sait même pas d?où sort cet individu et il se permet de venir retirer la vie de ma s?ur par bestialité. Cela me répugne.?
De l?autre côté du village d?Albion, c?est un groupuscule indigné qui attend les journalistes. Parmi eux, se trouvent Joseley Azie, le frère de Marcelin et sa s?ur, Shirley Azie-François ainsi que des voisins. Le mari de cette dernière, Jameson, revient de la reconstitution des faits. ?Zot ti lé batte li. Si ti laisse zot, zot ti pou touille li.? ?Marcelin ène bon zenfant?, affirme sa soeur. Li fouille trous cotte dimoune. Cotte li gagne travail, li batté. Mais dans morcellement li pas allé li. Li pas fourré cotte dimoune li.?
Le couple François est rejoint par plusieurs habitants de La- Source Lane, tout aussi révoltés qu?eux. A les écouter, Marcelin Azie, est ?ène la crème couillon ki travaille pour ène bouchée manger et ki sans domicile fixe?. Il a longtemps habité chez une tante avant de déménager pour aller vivre à la rue Kwan Tee, Les Salines.
?Monsieur Vierge?
Pour Andréa Momus, une voisine septuagénaire, cette arrestation est ?une grossière erreur car Marcelin n?a jamais eu des problèmes avec la police?. Navin Laséringue ajoute que ?Marcelin so lécoeur clair ?.
A La-Source Lane, ce dernier est surnommé ?Monsieur Vierge? parce qu?il n?a jamais été vu avec une fille. Son beau-frère, sa s?ur et d?autres résidents affirment tous qu?il est encore puceau. ?Jamais line gagne ène 35. Tout dimoune fer action mais zamais nou fine trouve li. Li encore vierge. Ou guetté ou trouvé ça?, déclare un voisin.
Ils assurent n?avoir constaté aucun changement chez Marcelin Azie récemment. ?Li ti pareil couma d?habitude. Li pas ti paraître éna tracas ou pé cachiette.? Le seul défaut qu?on lui connaît, c?est d?être porté sur la bouteille. Selon eux, la police aurait forcé les aveux de Marcelin.
A Les Salines, Wishmas Perrine, qui berce son bébé de deux mois, est aussi incrédule qu?eux. Elle dormait quand les policiers ont fait irruption chez elle aux aurores, lundi, embarquant son neveu et son concubin. ?Zot fine prend li allé ek mo bonhomme aussi. Monne gagne choc.?
De Marcelin, venu habiter chez eux il y a trois semaines, elle dit que c?est ?ene bon zenfant? qui est tombé dans la boisson après la mort de sa mère. ?Quand li boire, li cause insignifiant. Li zouré mais zamais li pou manque di respect personne .?
Shirley Azie-François et les siens se disent prêts à faire des démarches pour que Marcelin soit innocenté. ?Dans fausse ine alle arrête li. Nou ti a content li sorti li dans sa difé là??
Publicité
Publicité
Les plus récents