Publicité

Appel au calme en Inde après le viol d''une étudiante

23 décembre 2012, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Appel au calme en Inde après le viol d''une étudiante

Les autorités indiennes ont tenté d''''étouffer le mouvement de protestation qui agite New Delhi, indignée par le viol collectif d''une jeune femme, fermant l''accès aux routes et gares afin de restaurer l''ordre après des heurts entre police et manifestants.

La victime, une étudiante de 23 ans, a été passée à tabac et violée par six hommes à bord d''un autobus avant d''être jetée du bus en marche le 16 décembre dernier. Elle se trouve toujours dans un état critique à l''hôpital. Les six agresseurs présumés ont été arrêtés et incarcérés.

Le Premier ministre indien Manmohan Singh a appelé au calme lundi, s''exprimant pour la première fois publiquement depuis la survenue de l''agression, il y a une semaine, et 24 heures après avoir brisé son silence par la publication d''un communiqué.

"J''appelle tous les citoyens concernés à la paix et au calme. Je vous assure que je vais tout faire pour assurer la sécurité de toutes les femmes de ce pays", a déclaré le chef du gouvernement dans une allocution télévisée, qualifiant le viol de la jeune femme de crime "monstrueux".

Le gouvernement Singh, qui se voit souvent reprocher de ne pas être à l''écoute du peuple indien et qui est accusé de ne pas faire assez pour assurer la sécurité des femmes dans un des pays les plus dangereux au monde pour la gent féminine, a adopté une position défensive en faisant usage de la force contre des manifestants dont la majorité sont des étudiantes.

Dans les rues de New Delhi, les forces de l''ordre ont dressé des barricades sur les artères menant à la Porte de l''Inde, monument emblématique de la capitale où se sont rassemblés les manifestants ces derniers jours. De nombreuses stations de métro ont été fermées.

ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR

Ce week-end, des heurts ont éclaté dans la capitale entre forces de police et manifestants réunis pour réclamer plus de sécurité pour les femmes et davantage de justice pour les victimes de viol et les forces de sécurité ont fait usage de matraques, de gaz lacrymogène et de canons à eau pour les repousser.

La vague d''indignation a touché d''autres villes indiennes, mais les manifestations s''y sont déroulées sans accroc.

Pour nombre d''observateurs politiques, de sociologues et de manifestants, le viol de la jeune femme a été l''élément déclencheur pour des Indiens qui ont engrangé une importante frustration.

Ces derniers sont critiques à l''égard de leurs dirigeants, qu''ils voient comme un gouvernement faible qui délaisse les questions économiques et sociales.

New Delhi est la ville indienne où les crimes sexuels sont les plus fréquents: un viol y est enregistré toutes les 18 heures par la police, et la réalité est supérieure car la majorité des agressions ne font pas l''objet de plaintes.

Mais la brutalité de l''agression de la semaine passée a déclenché les plus importantes manifestations depuis des rassemblements contre la corruption qui avaient fragilisé le gouvernement du Premier ministre, il y a un an et demi.

"Les gens sont profondément contrariés par le fait que malgré la survenue de tant d''incidents, il n''y ait pas vraiment eu de réponse de l''État et du gouvernement", explique Ranjana Kumari, directrice du Centre de recherche sociale de New Delhi.

Depuis le viol collectif de la semaine passée, les autorités ont promis un renforcement des patrouilles pour assurer la sécurité des femmes rentrant du travail ou de quartiers animés, l''installation de GPS dans les transports publics, une hausse du nombre de bus nocturnes et la mise en place de comparution rapides dans des cas de viols et d''agressions sexuelles.

Mais les manifestants attendent des mesures plus appropriées et un engagement ferme du gouvernement contre les agressions sexuelles. Certains réclament la peine de mort pour les agresseurs.

 

NEW DELHI, 24 décembre (Reuters)

Publicité