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Trafic d’armes : Island Air Systems n’aurait pas pu opérer sur les dessertes régionales

21 juillet 2012, 20:00

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Trafic d’armes : Island Air Systems n’aurait pas pu opérer sur les dessertes régionales

 Le projet des promoteurs proches du marchand d’armes Viktor Bout n’aurait pas pu voir le jour. Des vols charters avec les pays voisins auraient mis à mal des accords bilatéraux sur ces dessertes. Le Central CID enquête car le réseau Bout utilise des sociétés-écrans pour justifier des vols vers des zones de conflits où il livre des armes, au mépris des embargos de l’ONU.

Trafiquants d’armes ou pas, les promoteurs russes de la société Island Air Systems n’auraient jamais obtenu le feu vert de l’Hôtel du gouvernement pour opérer des vols charters dans la région. Mis à l’index par l’ong internationale Conflict Awareness Project à l’effet que ce projet visait à écouler des armes dans des zones de conflit, en violation avec les conventions des Nations-Unis, il ressort que le projet de cette firme ne pouvait tenir la route.

En effet, à l’Hôtel du gouvernement, l’on indique qu’Island Air Systems se proposait de desservir les pays du bassin de l’océan Indien. Or, il existe des accords bilatéraux avec les gouvernements de ces pays afin de favoriser Air Mauritius ainsi que leurs compagnies nationale d’aviation.

« Si le feu vert allait être accordé à Island Air Systems, il aurait fallu amender les accords bilatéraux. Par exemple, on aurait alors dû discuter avec Paris quant à la desserte avec l’île de la Réunion », indique-t-on. Les autorités mauriciennes n’en sont pas arrivées jusque-là, Conflict Awareness Projet leur ayant mis la puce à l’oreille sur les liens peu recommandables des deux promoteurs russes, Sergei Denisenko et Andrei Kosolapov.

Il ressort que les deux hommes, qui ont déjà obtenus un permis de travail de l’Etat et un permis d’investissement du Board of Investment (BOI), sont les principaux lieutenants de Vickot Anatolievitch Bout. Ce Russe a été condamné à 25 ans de prison et à une amende de 15 millions de dollars, aux Etats-Unis, en avril dernier pour trafic d’armes et terrorisme.

Son dernier fait d’armes, a été sa tentative de vendre de missiles sol-air aux révolutionnaires colombiens du FARC. En fait, au lieu des FARC, il est tombé dans un piège que lui ont tendu les agents américains du Drug Enforcement Administration (DEA) en Thaïlande, en 2008, où il se terrait sous une fausse identité. 

Cet ancien officier polyglotte de l’Armée rouge a inspiré le film « Lord of War » a changé de carrière suite à l’effondrement de l’Union Soviétique et le démantèlement de son unité. Il s’était spécialisé dans la vente d’armes dans des zones de conflit sous embargo des Nations-Unies.

D’après les médias étrangers, c’est lui qui a permis aux guerres en Angola, au Liberia, en Sierra Leone, au Soudan et en République démocratique du Congo de se poursuivre. Il a également aidé les Américains lors de la guerre en Afghanistan et en Irak grâce à la logistique à sa disposition.

Viktor Bout en prison, ses lieutenants auraient voulu obtenir une « Air Operation Certificate » de Maurice afin de poursuivre ses activités. Ce, grâce à un avion immatriculé aux Etats-Unis. La combine était toute simple et contournait, en fait, le droit international.

Selon Conflict Awareness Project, les avions russes utilisés par le réseau de Viktor Bout avaient fait leur temps. Il disposait, à un moment donné, de la plus large flotte d’avions privé au monde. Ses lieutenants auraient donc jeté leur dévolu sur des vols civils. 

Port-Louis a fini par bloquer d’Island Air Systems la semaine dernière au vu du CV éloquent de Sergei Denisenko et Andrei Kosolapov. Le Central CID a été invité à ouvrir une enquête, de même que la Financial Services Commission sur cette société ainsi que ses associés mauriciens. D’autant que Viktor Bout a été un spécialiste des sociétés-écrans créées dans des pays peu regardants où il a obtenu des « Air Operation Certificate » pour justifier certains vols.

Parallèlement, la Commission anti-corruption a débuté un travail de collecte de renseignements pour vérifier s’il n’y a pas eu tentative de blanchiment d’argent autour de ce projet. Le chef de l’opposition, Paul Bérenger, en a déjà appelé à la mise sur pied d’une Commission d’enquête autour de cette affaire qui porte atteinte à l’image de Maurice.

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