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Syrie : La "bataille de Damas" se poursuit, l''Onu paralysée

19 juillet 2012, 20:00

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Syrie : La "bataille de Damas" se poursuit, l''Onu paralysée

Les combats continuaient de faire rage aux premières heures de vendredi dans certains quartiers de Damas, où les rebelles semblent poursuivre inexorablement leur progression. Sur le plan diplomatique, le Conseil de sécurité n’a pu voté une nouvelle résolution en raison du double veto russe et chinois.

Dans la capitale, dont les rues sont jonchées de cadavres, les insurgés ont incendié le siège de la police situé dans le quartier de Kanaouat, au coeur de la vieille ville. L''''imposant bâtiment  paraît désormais vide après avoir été pillé et incendié lors d''une attaque rebelle, a rapporté un témoin.

Des opposants à Damas rapportent que les insurgés contrôlent désormais le faubourg nord de Barzeh, où soldats et véhicules blindés ont disparu. L''armée s''est aussi retirée des localités de Tel et de Doumaïr au nord de la capitale après avoir subi de lourdes pertes, ajoutent ces opposants. Selon eux, l''artillerie et des batteries anti-aériennes pilonnaient cependant le quartier de Mezze, dans l''ouest de Damas, durant la nuit. Ces affirmations n''ont pas pu être confirmées de source indépendante en raison des restrictions imposées par le régime au travail des journalistes.

Bachar Al Assad réapparaît

Un habitant s''étant rendu jeudi soir dans plusieurs quartiers de Damas dit avoir constaté une diminution de la présence des forces gouvernementales. Seuls quelques barrages étaient érigés et quelques tanks déployés, a-t-il dit. Le bâtiment du ministère de l''Intérieur sur la place Marjeh n''était protégé que par une poignée de gardiens. Mercredi, un attentat en pleine réunion de la cellule de crise mise en place par le régime a notamment coûté la vie au ministre de la Défense et au beau-frère de Bachar al Assad.

Pendant plus de 24 heures après cet attentat, Bachar al Assad est resté invisible, ce qui a accentué l''impression de délitement de son régime, installé par son père Hafez en 1970. Il est finalement apparu jeudi à la télévision pour introniser son nouveau ministre de la Défense. On ignore cependant où il se trouve.

Plus de 250 morts jeudi

D''après l''Observatoire syrien des droits de l''homme, organe de l''opposition basé à Londres, plus de 250 personnes ont été tuées jeudi en Syrie, ce qui constitue la journée la plus sanglante depuis le début de la révolte.

Des responsables irakiens ont par ailleurs confirmé que les insurgés contrôlaient désormais la partie syrienne du poste frontière d''Abou Kamal, sur l''autoroute longeant l''Euphrate, l''une des principales voies terrestres du commerce dans la région. Les insurgés affirment aussi s''être emparés des postes frontières de Bab al Haoua et de Djarablous, près de la Turquie.

Sur des images filmées par les rebelles à Bab al Haoua, on peut les voir grimper sur les toits des bâtiments et arracher un portrait de Bachar al Assad. Au Liban, les autorités font état d''un afflux massif de réfugiés. Selon une source proche des services de sécurité, 20 000 Syriens ont franchi la frontière jeudi.

Echec des efforts diplomatiques

Les efforts diplomatiques pour tenter de mettre fin à la crise ont subi un nouvel échec jeudi. La Russie et la Chine ont opposé leur veto au Conseil de sécurité de l''Onu à un projet de résolution occidental menaçant le régime syrien de sanctions en cas de non-respect du plan de paix de l''émissaire Kofi Annan.

Ce plan est resté lettre morte malgré l''instauration officielle d''un cessez-le-feu le 12 avril, qui n''a jamais été respecté.La mission des observateurs de l''Onu (Misnus) chargés de veiller au respect de ce cessez-le-feu prend fin samedi à 04h00 GMT.

Les Etats-Unis et leurs alliés européens ont vivement critiqué l''attitude de la Russie et de la Chine, qui refusent d''ouvrir la voie à une intervention militaire étrangère.

(Source : Khaled Yacoub Oweis et Suleiman Al-Khalidi/Reuters ).

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