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Allégation de corruption: le BOI et la police passeront plusieurs dossiers à la loupe

21 juin 2012, 20:00

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Allégation de corruption: le BOI et la police passeront plusieurs dossiers à la loupe

Le « Central CID » et le « Board of Investment » (BOI) vont déterrer les dossiers liés à une demande de permis de résidence pour y déceler d’éventuels manquements. Le BOI revoit ses protocoles pour éviter tout dérapage entre ses murs.

Qui sont les responsables du réseau, au sein du BOI qui fournissait de faux relevés bancaires à des étrangers pour leur faciliter, contre paiement, l’octroi d’un permis de résidence ? Et depuis quand opèrent-ils ? L’organisme étatique responsable de l’investissement à Maurice ainsi que le Central CID sont bien décidés à avoir des éléments de réponse à ces questions en passant au crible l’ensemble des dossiers ayant trait à des permis de résidence octroyés à ce jour.

Cette affaire d’allégation de corruption et d’usage de faux a, en fait, été mise au jour par le Passport and Immigration Office (PIO) lors d’un banal contrôle de routine, selon nos sources. En vérifiant les données des dossiers ayant permis à un couple français et à un Indien d’obtenir leur permis de résidence cette année, des policiers ont découvert deux numéros de comptes identiques détenus dans deux établissements bancaires différents.

Le PIO a obtenu confirmation auprès de ces banques que les bénéficiaires du permis de résidence n’avaient aucun compte chez elles. Il a alors passé le relais au Central CID pour une enquête plus poussée. Le couple français Nadine Jacqueline Eliane Tokuard et Philippe Martial Tokuard, domicilié dans le nord de l’île, a donc été le premier à avoir été arrêté ce mardi 19 juin 2012.

Confronté aux faux documents, le couple a déclaré n’y être pour rien. Il a révélé avoir été invité par un employé du BOI à verser de fortes sommes d’argent pour obtenir les permis de résidence, de travail et d’investissement. Le montant pour chaque document : Rs 100 000.

Le couple Tokuard a également indiqué que toute la transaction a été effectuée à l’extérieur de l’immeuble du BOI, situé en face de la cathédrale Saint-Louis, dans la capitale. Les images de vidéosurveillance de l’organisme, dont les caméras ont été installées en début d’année, devront être visionnées par les enquêteurs pour déterminer l’identité de l’employé ayant récupéré ces pots-de-vin.

Dans l’intervalle, les enquêteurs menés par le chef inspecteur André Pierre-Louis ont entendu l’Investment Officer Avinash Roy dans la journée du mercredi 20 juin 2012. Il a été interrogé sur la présence de faux documents dans les dossiers du couple Tokuard. Il a pu rentrer chez lui le même jour mais un ordre auprès d’un juge en Chambre devra être réclamé pour obtenir des détails sur ses avoirs ainsi que sur ses transactions bancaires.

Le Central CID devra également se pencher sur le cas de l’Indien Vijay Gunjan Dedhia qui aurait obtenu son permis de résidence selon le même procédé. D’autres dossiers dans lesquels de faux documents bancaires ont été versés devront être déterrés.

Le BOI a, de son côté, déjà enclenché une enquête interne et procédé à une remise à niveau de ses protocoles pour éviter tout dérapage de ce type. « Nous collaborons pleinement avec la police dans cette affaire. Nous tenons aussi à rassurer nos partenaires en réaffirmant que nous adhérons pleinement aux procédures en cours », explique le directeur de l’organisme, Ken Poonoosamy, à lexpress.mu.

 

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