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«Land Drainage Master Plan»
Zones vulnérables : renforcer la résilience face aux évolutions du territoire et au climat
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«Land Drainage Master Plan»
Zones vulnérables : renforcer la résilience face aux évolutions du territoire et au climat
■ Le «Land Drainage Master Plan» vise à renforcer la résilience face aux inondations.
Après des années d’attente, le gouvernement a validé, le 15 août, la publication du Land Drainage Master Plan. Réalisé avec l’appui de l’Agence française de développement, ce document identifie les zones inondables du pays et propose des mesures concrètes pour protéger les biens et sauver des vies. Finalisé en mai 2022 et approuvé deux mois plus tard, le plan prévoyait initialement des zones jugées inondables et interdites à la construction. Il recensait 297 zones à risque, dont 67 à haut risque, certaines déjà habitées. Des craintes sociales et économiques avaient freiné sa publication, entraînant plusieurs années de blocage malgré un financement de 1,5 million d’euros (environ Rs 70 millions) pour ce projet. Promesse de l’Alliance du changement, ce plan doit désormais servir à renforcer la résilience nationale face aux inondations.
La question d’une éventuelle réactualisation du Land Drainage Master Plan se pose, compte tenu des développements infrastructurels et climatiques entre 2022 et 2025. Sollicité, le ministre des Infrastructures nationales, Ajay Gunness, explique les démarches entreprises par le gouvernement pour assurer une mise en œuvre progressive et sécurisée.
«Le Conseil des ministres a décidé de rendre public le Land Drainage Master Plan. Comme vous le savez, en février nous avions mis sur pied un comité technique, pour revoir le Master Plan et le comité technique a donné quelques pistes, c’est-à-dire, de rendre le rapport public mais en même temps, en amont, nous devons faire certains travaux. Les Red Zones, par exemple, ou les No-Go Zones, c’est-à-dire là où l’on ne peut pas construire, le comité technique a proposé, qu’on fasse les travaux et qu’on retire la région de la Red Zone. »
Il souligne également l’importance de la communication et de la sensibilisation auprès du public.«Il faut vulgariser le Master Plan, à travers la télévision et les média. Il y aura également un plan en cas d’inondation et la préparation d’un plan d’évacuation, avec le Crisis Committee».
Du côté des spécialistes, les avis convergent sur l’urgence de mettre le plan en œuvre sans attendre une révision complète. Pour Sunil Dowarkasing, consultant en environnement, attendre une révision du rapport risquerait de retarder sa mise en œuvre avec des années supplémentaires. «Je pense qu’une bonne partie du plan restera inchangé. On peut commencer à intervenir dans les régions les plus vulnérables et bâtir la résilience là où elle est la plus nécessaire. Des mises à jour pourront être apportées au fur et à mesure», soutient-il, tout en rappelant que les principaux développements des dernières années concernent surtout les routes et des projets fonciers.
Parallèlement, l’hydrologue Farook Mowlabaccus observe que les dynamiques hydrologiques ont évolué, modifiant la fréquence et l’intensité des crues. Alors qu’autrefois on enregistrait 20 à 25 crues par an, il note qu’en 2025 certaines rivières, comme celle de Highlands qu’il suit régulièrement, n’ont pas connu de montée. «Nous n’avons plus ces épisodes pluvieux intenses qui provoquaient des inondations à répétition. Cette année, nous avons surtout eu de petites pluies», rappelant la période de sécheresse sévère. Mais il nuance que dans certaines zones mal situées, où des maisons ont été construites directement dans d’anciens canaux, même de faibles pluies peuvent suffire à causer des inondations. Selon lui, si le contexte pluviométrique a évolué, les mesures préconisées par le plan restent pertinentes.
Ses constats sont confirmés par les projections climatiques publiées par Météo-France en début d’année, qui prévoient que le renforcement des hautes pressions subtropicales devrait accentuer les alizés sur les Mascareignes, notamment pendant l’hiver, saison où les vents soufflent déjà avec force. Ces changements pourraient entraîner une baisse généralisée des précipitations sur la région et un allongement de la saison sèche, lié à un démarrage plus tardif de la saison des pluies.
Ainsi, même si les épisodes pluvieux intenses deviennent moins fréquents, certaines zones mal situées restent vulnérables aux inondations. Le Land Drainage Master Plan, longtemps attendu, représente aujourd’hui un outil essentiel pour anticiper et réduire les risques de catastrophes. Les événements passés rappellent la gravité du phénomène. En avril 2024, des inondations ont provoqué l’effondrement d’une maison à Tranquebar et menacé les habitations voisines. En janvier 2024, le cyclone Belal a submergé le Caudan Waterfront, transformant routes et véhicules en pièges et laissant le quartier envahi par des eaux boueuses et des débris. Déjà en mars 2013, les crues à la Place-d’Armes et au Caudan avaient coûté la vie à 11 personnes. Ces épisodes soulignent l’importance de mettre en œuvre les mesures préconisées.
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