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L’énergie
Un tournant vert, enfin assumé ?
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L’énergie
Un tournant vert, enfin assumé ?
L’encouragement à la production photovoltaïque sur les toits relance l’idée d’une participation citoyenne à la transition.
Il aura fallu du temps, mais l’heure semble venue : Maurice passe enfin de la parole aux actes dans sa transition énergétique. Le Conseil des ministres du vendredi 31 octobre marque un tournant clair. Pour la première fois, le pays se dote d’un plan cohérent, articulé autour d’un double impératif – la sécurité énergétique et la durabilité. En d’autres termes, produire propre, mais aussi produire assez.
Six piliers structurent cette stratégie. D’abord, une accélération de l’énergie solaire et éolienne – longtemps freinées par la lenteur des appels d’offres et les contraintes de réseau. Ensuite, la sortie progressive du charbon grâce à la National Biomass Initiative : un geste fort, symbolique et pragmatique à la fois, qui lie écologie et souveraineté agricole. L’encouragement à la production photovoltaïque décentralisée sur les toits relance aussi l’idée d’une participation citoyenne à la transition. À cela s’ajoutent la modernisation du réseau, indispensable pour absorber l’intermittence du renouvelable, et le renforcement institutionnel du cadre régulateur.
Mais l’ambition ne s’arrête pas là. Pour maîtriser la demande, un plan de Demand Side Management entre en vigueur : audits énergétiques obligatoires pour les grands consommateurs, normes minimales de performance pour les appareils, et contrats d’efficacité énergétique soutenus par le financement privé. C’est un pas vers une société plus sobre et responsable.
Sur le plan international, Maurice rejoint le cercle des États qui prennent des engagements concrets : le Global Energy Storage and Grids Pledge, la Green Energy Corridors Initiative et la Hydrogen Declaration adoptées en prélude à la COP29. Ces engagements ne sont pas symboliques : ils ancrent notre île dans un réseau mondial d’échanges, d’investissements et d’innovation, en phase avec les objectifs de triplement des capacités renouvelables d’ici 2030.
Certes, le recours à une centrale à gaz naturel liquéfié de 450 à 500 MW à Fort William peut sembler paradoxal dans ce virage vert. Mais il répond à une contrainte de réalité : celle d’assurer la stabilité du réseau et la continuité de l’approvisionnement. L’énergie de transition reste… une transition.
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