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Tourisme
Un nouveau record franchi malgré les défis
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Tourisme
Un nouveau record franchi malgré les défis
Les marchés émergents, comme l’Inde et l’Italie, ont contribué à la hausse des arrivées touristiques en 2025.
Après plusieurs années de reprise, le tourisme mauricien semble avoir trouvé son rythme. En 2025, l’île, qui a bénéficié d’une réquentation régulière, avec des visiteurs présents tout au long de l’année, se positionne comme une destination qui séduit autant par son patrimoine que par ses plages. Pour cette nouvelle année, les acteurs du secteur veulent transformer cette dynamique en une croissance durable et en expériences plus enrichissantes pour les voyageurs.
Selon les statistiques officielles, 1 436 250 touristes ont foulé le sol mauricien en 2025, soit une hausse de 3,9 % par rapport à 2024, représentant 54 073 visiteurs supplémentaires. Lors d’une conférence de presse à son bureau à Port-Louis le lundi 12 janvier, le ministre du Tourisme, Richard Duval, a souligné que le seuil de 1,4 million de touristes a été franchi pour la première fois, un cap longtemps perçu comme un objectif psychologique pour l’économie mauricienne.
Autre indicateur clé : les recettes touristiques, qui devraient dépasser Rs 100 milliards pour l’ensemble de l’année 2025. À fin novembre, les Gross Tourism Earnings s’élevaient déjà à Rs 91,2 milliards, se rapprochant du total annuel de 2024, établi à Rs 93,6 milliards. En tenant compte des performances du mois de décembre, marquées par une hausse de 4,7 %, soit 7 232 touristes supplémentaires, le ministre a jugé «raisonnable» d’annoncer un nouveau record.
Parmi les éléments marquants de 2025, Richard Duval a mis en avant l’absence de véritable basse saison touristique. Depuis le mois d’avril, les arrivées ont progressé de manière continue, semaine après semaine et mois après mois. «C’est la première fois dans l’histoire que Maurice ne connaît pas de véritable basse saison», a-t-il déclaré, évoquant un objectif longtemps recherché, mais jamais atteint jusqu’ici.
Le bilan fait toutefois ressortir des évolutions contrastées selon les marchés. Les trois principaux marchés européens traditionnels – la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne – enregistrent une légère baisse des arrivées, liée notamment au contexte économique en Europe et aux contraintes de capacité aérienne. La France compte environ 1 900 visiteurs de moins, le Royaume-Uni 3 200, et l’Allemagne 1 659.
À l’inverse, plusieurs marchés affichent une progression soutenue. L’Inde se distingue avec une hausse de 33,5 %, tandis que l’Italie progresse de 18,2 %. L’Afrique du Sud et La Réunion poursuivent également leur croissance. Les marchés d’Europe de l’Est et dits d’opportunité, tels que l’Espagne, la République tchèque ou l’Autriche, présentent par ailleurs un potentiel jugé prometteur.
Cependant, malgré ces résultats positifs, plusieurs défis structurels et tendances incertaines subsistent pour le secteur. Le président de l’Association des hôtels de charme, Bissoon Mungroo, note que «c’est un chiffre record, certes», mais souligne qu’il est important de distinguer les différents types d’arrivées. Il rappelle que certains voyages ont été reportés après la pandémie de Covid-19 et prévient que, selon les observations, «la demande cette année ne sera peut-être pas aussi forte que prévu». D’ailleurs, ajoute-t-il, la tendance durant la basse saison s’annonce pour le moment «lourde».
Face à la concurrence des destinations voisines, Bissoon Mungroo insiste sur la nécessité de renforcer la visibilité de l’île. «Il faut faire plus de marketing», souligne-til. Selon lui, l’industrie touristique doit se réinventer pour les court, moyen et long termes. «On ne peut plus vendre uniquement le sea, sand and sun. Il faut développer de nouvelles expériences pour le touriste de demain», insiste-t-il, pointant le manque actuel de divertissements.
Le ministre du Tourisme, Richard Duval, en présence de son «junior minister»,Sydney Pierre, face à la presse lundi pour un bilan.
De son côté, Sailesh L., propriétaire de villas dans le nord du pays, estime que le cap franchi en 2025 confirme une dynamique observée depuis plusieurs mois. «Nous avons enregistré une fréquentation plus régulière tout au long de l’année, y compris durant des périodes auparavant plus calmes. Cela facilite la planification des opérations, même si la hausse des coûts demeure un défi constant», explique-t-il.
Du côté des employés, la progression des arrivées s’accompagne de nouvelles attentes. Jemma Ramdhun, réceptionniste dans un établissement de la côte ouest, souligne que l’augmentation du nombre de visiteurs se traduit par une charge de travail plus importante. «Il y a clairement plus de clients. Pour 2026, nous espérons surtout des efforts en matière de formation et une meilleure organisation du travail afin de maintenir la qualité du service», confie-t-elle. Pour un responsable des réservations d’un groupe hôtelier, le tourisme continue de rencontrer des défis, notamment en matière de maind’œuvre. «Le manque de personnel mauricien dans les hôtels et autres établissements touristiques reste un problème, ce qui complique le fonctionnement quotidien et la qualité du service. L’hospitalité locale repose sur un savoir-faire et une attention aux visiteurs qui ne peuvent pas être reproduits ailleurs», explique-t-il. Il souligne également que le modèle traditionnel sea, sun, sand séduit de moins en moins les voyageurs d’aujourd’hui, plus exigeants et sensibles à la durabilité.* «Il est important d’intégrer la culture locale et des expériences authentiques dans la promotion de l’île, afin de montrer notre engagement pour un tourisme responsable»*, précise-t-il.
Pour renforcer l’attractivité de Maurice, il insiste sur l’importance de rendre la destination plus accessible et compétitive, notamment par le développement des liaisons aériennes via la politique open sky. Il ajoute que l’expérience des visiteurs doit être enrichie, en valorisant le patrimoine culturel et en proposant des activités diversifiées, de jour comme de nuit. «En répondant aux attentes des voyageurs modernes, Maurice peut se démarquer et soutenir une croissance durable», conclut-il.
S’agissant des défis, le ministre a reconnu que la connectivité aérienne est un enjeu central. En l’absence de vols directs, certains marchés à fort potentiel, dont la Chine, la Russie, l’Espagne ou certaines régions d’Asie, demeurent sous-exploités. «Trois quarts des voyageurs privilégient les vols directs», a rappelé Richard Duval, appelant à un renforcement des négociations avec les compagnies aériennes.
Le secteur des croisières, en revanche, enregistre un recul en 2025, avec une diminution du nombre d’escales et de passagers. Une situation attribuée à des facteurs indépendants de Maurice. Le ministre s’est toutefois dit confiant d’une amélioration en 2026, à la faveur de nouveaux contrats en négociation. Se projetant sur l’année à venir, Richard Duval a annoncé que 2026 sera placée sous le signe des réformes. Le Blueprint stratégique du tourisme, presque finalisé, sera prochainement présenté après des consultations avec les opérateurs, les organisations non gouvernementales et l’ensemble des acteurs du secteur. L’objectif affiché est de renforcer la résilience du secteur, d’améliorer la formation et de promouvoir un développement plus durable.
La question du Dolphin and Whale Watching figure également parmi les priorités, avec de nouvelles réglementations en préparation, sous la supervision d’un comité interministériel. Le ministre a enfin insisté sur l’importance de la sécurité, rappelant la collaboration étroite avec la police afin de préserver l’image de Maurice comme une destination sûre, tant pour les visiteurs que pour les citoyens.
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