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Pascal Lagesse, ambassadeur volontaire du projet de Maison Sunflower
«Savoir ce que l’on a comme pathologie invisible, c’est déjà un grand soulagement»
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Pascal Lagesse, ambassadeur volontaire du projet de Maison Sunflower
«Savoir ce que l’on a comme pathologie invisible, c’est déjà un grand soulagement»
Une écoute, un accueil bienveillant, des groupes de soutien et de psychoéducation… Voici quelques-uns des services qui seront proposés au sein de la future Maison Sunflower pour les patients vivant avec une pathologie invisible, leurs proches et le grand public. Un projet porteur d’espoir, porté par Small Step Matters, «Hidden Disabilities Sunflower», représenté par Nadjah Abbasakoor, avec le soutien de l’artiste Pascal Lagesse, ambassadeur du réseau.
Vous-même, vivant avec des troubles bipolaires, avez rejoint le groupe de soutien de la Fondation Sunflower en octobre 2025. Quel bénéfice en avez-vous tiré ?
Je me sens mieux. En tout cas, beaucoup moins seul. Et encore, j’estime avoir beaucoup de chance de bénéficier de la compréhension de mon épouse. Avoir le soutien de ses proches et de sa famille n’est pas forcément le cas de tous les patients vivant avec des troubles bipolaires, notamment en raison d’un manque d’information sur cette pathologie. Le cheminement au sein du groupe de soutien m’est très utile ; je me sens entouré et enrichi par ce que j’apprends sur les troubles bipolaires et les pistes pour y faire face au quotidien.
La psychologue clinicienne Yana Bhageerutty partage de nombreux conseils lors de nos sessions d’échanges en groupe. Par exemple, elle nous aide à identifier les déclencheurs de crises, propres à chacun, qui peuvent conduire à l’hypomanie ou à la manie (des phases marquées par un appétit moindre ou accru, un besoin de sommeil réduit, une hyperactivité cérébrale et physique…). Et j’essaie de voir comment agir sur ces déclencheurs. Avant les réunions du groupe de soutien et de psychoéducation, je n’avais jamais eu accès à ce type d’information, ni à des ressources pratiques. À l’avenir, ce serait donc bien de regrouper ce type d’initiatives sous un même toit.
Nadjah Abbasakoor a proposé la création d’une future Maison Sunflower afin de donner accès à ce programme à davantage de patients et de familles. Pour l’instant, les proches des patients bipolaires n’ont pas encore été intégrés à l’initiative. Je précise que nous nous réunissons sur une base mensuelle, à la clinique Artemis, à Curepipe, et que le service est gratuit pour les patients. D’ailleurs, j’encourage les patients bipolaires à se renseigner pour rejoindre ces rencontres mensuelles, où la confidentialité et le non-jugement sont assurés.
Quelle serait, selon vous, la vocation de la Maison Sunflower menée par l’équipe de «Hidden Disabilities Sunflower» ?
J’imagine un endroit où les patients se sentiraient en sécurité pour parler de leurs maux. Je précise : pas seulement les patients bipolaires ou ceux vivant avec un trouble psychiatrique. La Maison Sunflower aura vocation à accueillir les personnes souffrant de diverses pathologies invisibles. Le fait qu’il y ait un espace, une maison dédiée à ces problématiques contribuerait justement à les sortir de l’ombre. Aujourd’hui, il y a aussi des personnes qui se sentent «différentes» mais n’ont pas de pistes solides pour envisager un diagnostic, car elles ne connaissent pas les différents spécialistes vers qui se tourner, ni les types d’évaluation disponibles à Maurice. Par exemple, cela peut être le cas d’adultes neuroatypiques présentant une suspicion de trouble du spectre de l’autisme ou de trouble du déficit de l’attention…
Pour vous, bénéficier d’un diagnostic est-il un facteur important ?
«Savoir» a été un grand soulagement pour moi. Cela enlève un poids considérable de savoir ce que l’on a et d’apprendre à se battre, plutôt que de rester dans le «vide». Les troubles bipolaires peuvent passer «inaperçus», au sens où ils peuvent être attribués à un trait de caractère ou de personnalité, y compris pendant la phase dépressive. Je rappelle que les troubles bipolaires se caractérisent par une alternance de phases up et down, avec, selon les types, une prédominance possible des phases dépressives, par exemple. Après le diagnostic, il y a aussi l’étape cruciale de l’acceptation du trouble psychiatrique, dont la durée varie selon les patients. Or, une acceptation tardive peut compliquer la prise d’un traitement ou l’adhésion à celui-ci.
Les ambassadeurs du réseau sont-ils un atout pour encourager l’acceptation ?
Oui, je l’espère. Les ambassadeurs sont là pour aider à faire voyager le message. Ce message est celui de l’acceptation, de l’inclusion et du droit à l’intégration dans la société. La Maison Sunflower permettrait non seulement aux patients et à leurs proches de s’informer, mais également au grand public et aux entreprises. L’organisation de conférences avec des professionnels de santé, ainsi que de causeries enrichies par des témoignages d’ambassadeurs du réseau Hidden Disabilities Sunflower, constitue également un axe prometteur pour faire reculer le manque d’information et, par conséquent, les discriminations envers les personnes vivant avec des pathologies invisibles.
D’autres ser vices complémentaires pourraientils être envisagés au sein de la future Maison Sunflower ?
Différents ateliers pourraient être lancés. Le premier groupe pilote de soutien aux patients bipolaires s’est appuyé sur la créativité, notamment grâce à une initiation au journal créatif. Il y a une grande force dans l’art, quelle que soit sa forme (la peinture, des séances avec un coach vocal…), qu’il soit pratiqué à des fins de relaxation, de libération des émotions ou de lâcherprise, ou qu’il s’agisse d’art-thérapie menée par des professionnels formés. On peut aussi imaginer l’apport du yoga, du tai-chi… Après tout, cela dépendra des fonds disponibles et des volontaires rassemblés derrière le projet de Maison Sunflower.

Professionnaliser la Maison Sunflower dans un lieu dédié, avec du personnel dédié, notamment un psychologue à temps plein, demandera des moyens financiers conséquents et, si possible, l’engagement d’un sponsor du secteur privé pendant au moins un an, voire plusieurs, via un fonds CSR, afin d’assurer la pérennité du projet. Les dons individuels sont également collectés via la plateforme www.smallstepmatters.org. Chacun peut contribuer, à partir de Rs 25, à la concrétisation de ce projet visant à améliorer concrètement la qualité de vie des patients. L’objectif de Nadjah Abbasakoor, initiatrice du projet, est d’ouvrir la Maison Sunflower au premier trimestre 2027.
Contact : [email protected]
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