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Compensation salariale
Tripartite en retard : les travailleurs attendent, la pression syndicale monte
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Compensation salariale
Tripartite en retard : les travailleurs attendent, la pression syndicale monte
Le MLC, la CTSP et la GWF dénoncent l’absence de discussions tripartites et demandent une compensation équitable.
À mesure que l’année touche à sa fin, un sujet demeure étrangement en suspens : la compensation salariale. Habituellement enclenchées dès la fin octobre, les discussions tripartites n’ont toujours pas débuté – une situation qui inquiète profondément le corps syndical, en première ligne face à l’érosion du pouvoir d’achat des travailleurs.
Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress (MLC), tire la sonnette d’alarme. Il réclame la convocation urgente du comité tripartite afin de discuter du taux de compensation qui devra être versé à partir de janvier 2026. «Normalement, c’est à partir de fin octobre que commencent les discussions, mais aucune réunion tripartite, incluant patronat, syndicats et gouvernement, n’a encore été convoquée», déplore-t-il.
Avant cette rencontre de haut niveau, plusieurs comités techniques – notamment avec le ministère du Travail et Statistics Mauritius – doivent traditionnellement analyser les indicateurs économiques. Cette étape n’a toujours pas été enclenchée non plus. Pour Haniff Peerun, la compensation de cette année ne peut pas se limiter au simple taux d’inflation. Elle doit prendre en compte une série de facteurs jugés déterminants : l’augmentation continue du coût de la vie, la hausse quotidienne des prix des biens essentiels, la dépréciation des salaires face aux devises étrangères, et l’endettement croissant des travailleurs et des ménages mauriciens.
À cela s’ajoute, dit-il, «le retrait de plusieurs privilèges sociaux et le report du paiement de la pension de vieillesse à 65 ans», qui aggravent davantage la pression financière sur les foyers. Le MLC réclame ainsi une compensation d’un minimum de Rs 1 000, attribuée de manière uniforme à tous les travailleurs. «Le gouvernement avait promis de soulager la souffrance des tra- vailleurs. Jusqu’ici, rien n’a été fait. Il est temps de concrétiser ces engagements, que ce soit la suppression des taxes sur les pensions, l’abolition de la redevance télé ou l’internet gratuit pour les familles», insiste Haniff Peerun.
La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) s’est également mobilisée. Jeudi dernier, elle a plaidé pour une compensation uniforme de Rs 855. Son président, Reeaz Chuttoo, rappelle qu’un récent rapport faisait état de familles mauriciennes contraintes de sauter des repas faute de moyens. «Personne ne conteste la gravité du problème inflationniste à Maurice. Pourtant, le gouvernement tarde à agir pour compenser la perte du pouvoir d’achat», fustige-t-il.
À la General Workers Federation (GWF), le ton est tout aussi ferme. Pour Ashvin Gudday, négociateur militant, le gouvernement doit enfin «incarner le changement» et respecter la philosophie du tripartisme. «Nous avons ratifié une convention de L’Organisation internationale du travail. Le tripartisme permet d’écouter toutes les parties afin de trouver un juste milieu pour décider de la compensation.»
Selon lui, les travailleurs continuent de faire face à une situation intenable. «Le coût du panier de la ména- gère ne cesse de grimper. On a parlé de médicaments gratuits, mais ce n’est toujours pas le cas. Le gouvernement a injecté Rs 2 milliards pour stabiliser les prix, mais cela ne fonctionne pas. Et la baisse des carburants reste minime.» À cela s’ajoute la diminution des prestations sociales et de l’allocation de la Contribution sociale généralisée. «La pension de vieillesse a été enlevée pour les 60 ans ; la compensation salariale est donc l’un des seuls leviers qui peut apporter un peu d’oxygène.» Il insiste également sur la nécessité de renouer avec un dialogue respectueux. «L’an dernier, sous prétexte que le gouvernement venait de prendre ses fonctions, il n’y a pas eu de vraie réunion tripartite. Tout a été fait à la va-vite. Cette année, il faut une approche sérieuse et surtout, un chiffre qui soulage réellement les ménages. Les gens souffrent.»
Alors que la pression syndicale s’intensifie, le pays attend désormais un signal clair des autorités pour ouvrir enfin les discussions et donner une perspective aux travailleurs.
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