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Festival International Sagam

Stephen Bongarçon : gagner un concours de danse et après ?

17 novembre 2025, 16:00

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Stephen Bongarçon : gagner un concours de danse et après ?

Photo : Aline Groëme-Harmon.

Le festival de danse Sagam se tiendra du 17 au 22 novembre. En coulisses, le langage des corps dit les obstacles qu’il faut surmonter. Stephan Bongarçon, fondateur de Sagam, en parle.

Il y a des signes qui ne trompent pas. Cette année, le Festival International Sagam subit une «transformation stratégique», devenant une biennale. Ces retrouvailles de la danse dans l’océan Indien, du 17 au 22 novembre, ont pour thème Nouvo souf. Stephen Bongarçon, danseur, chorégraphe et fondateur du festival, prend une grande respiration avant de dérouler les pas difficiles à exécuter.

La création dans la danse bouz fix ? Non. Il y a ceux qui «font très bien». Stephen Bongarçon cite les frères Samuel et Mathieu Joseph, médaillés d’or aux Jeux de la Francophonie. Comme lui. Il y a aussi Anthony Joseph, le plus expérimenté : Jean Renat Anamah. «Et puis ?» Où est la relève ? s’inquiète Stephen Bongarçon.

Si de très (trop !) nombreuses vidéos d’anonymes qui dansent défilent à longueur de temps sur les réseaux sociaux, cela fait du tort à cet art, estime Stephen Bongarçon.Pour pratiquer la danse, «il faut absolument des bases. Mon professeur, Rudy Bryans, danseur étoile, disait qu’il n’y a pas de secret.Si on veut faire de la danse son métier, il faut prendre des cours». Avoir une culture du travail, de l’effort, des sacrifices, ce que les réseaux sociaux ont tendance à gommer. En donnant l’illusion que pratiquer sérieusement la danse c’est facile.

«Ce qui décourage» aussi les jeunes, constate Stephen Bongarçon ce sont également les questions d’avenir. Qu’est-ce qui vient après une victoire à un concours de danse ? Le danseur et chorégraphe puise dans son vécu. En 1990, il gagne un championnat de danse disco. En 2006, il décroche un diplôme de l’État français de professeur de danse. En 2013, il ramène la médaille d’or du Liban avec SR Dance Group. Son école est certifiée par la Mauritius Qualifications Authority. «Avek kas ki’nn gagne ar gouvernman», le chorégraphe et professeur de danse construit un toit sur son école, dit-il, reconnaissant. Et après ? «La plupart des enfants que je forme ne paient pas les cours. Ils ont du potentiel mais n’en ont pas les moyens.»

Combien d’élèves a-t-il ? Réponse cinglante. «Depi Covid, pena ditou. Je donne des cours dans des conservatoires à La Réunion ou dans des écoles à Madagascar, où cela coûte moins cher.» Le festival Sagam et SR Dance Group sont membres de l’Indian Ocean Choreographic Arts Network, réseau qui s’étend jusqu’en Afrique du Sud, au Mozambique, au Kenya et Mayotte.

Le danseur et chorégraphe reçoit aussi des danseurs étrangers venus en stage. Nouveau problème. «Certains danseurs étrangers décrochent des bourses de six mois. Mais n’obtiennent que des visas de 14 jours à Mau- rice.» Ses démarches n’ont pas abouti, affirme-t-il. Désolé que son école ne puisse bénéficier de ces bourses. «Dans ces cours de danse pris en charge par les bourses, au moins cinq Mauriciens auraient aussi pu en profiter sans payer. Il n’y a pas que la question d’argent, il faut surtout proposer des opportunités.»

Résultat des courses, comme c’est difficile de trouver suffisamment de sponsors tous les ans, le festival international Sagam devient une biennale. «Danze-la se ki mo perdi vites», prévient Stephen Bongarçon. Face à l’adversité, il a choisi de persévérer. De valoriser les danses traditionnelles – du salegy au séga – pour ne pas se couper des racines.

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