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Emploi
Star Knitwear : éternel casse-tête pour les travailleurs
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Star Knitwear : éternel casse-tête pour les travailleurs
■ La situation est toujours floue pour les travailleurs de Star Knitwear.
Ils se sentent abandonnés de tous. Plus de 400 travailleurs, anciens employés de Star Knitwear, vivent dans l’incertitude la plus totale. Depuis la fermeture de l’usine, leur quotidien est rythmé par l’angoisse de savoir quand ils retrouveront une vie normale. Entre salaires impayés, démarches administratives interminables et faim au quotidien, la situation a atteint un point critique.
Pour l’heure, ce sont surtout les travailleurs étrangers qui tirent la sonnette d’alarme. Privés de ressources, ils survivent grâce à l’aide ponctuelle du syndicaliste Fayzal Ally Beegun et de plusieurs organisations non gouvernementales (ONG), qui leur distribuent de la nourriture. Mais cette solidarité a ses limites. «Nous avons apporté un deg de briani lundi après-midi. Les travailleurs se sont littéralement jetés dessus comme s’ils n’avaient pas mangé depuis des jours», raconte Fayzal Ally Beegun, visiblement choqué.
De son côté, le syndicaliste Reeaz Chuttoo, président de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), pointe du doigt les lenteurs bureaucratiques. Selon lui, le ministère du Travail n’a pas encore complété les documents nécessaires pour que le Wage Guarantee Fund soit activé et que les salariés puissent enfin toucher leur dû. «On parle de plusieurs centaines de personnes ; les papiers doivent être traités un à un», explique-t-il.
Un autre problème concerne la Bank Guarantee que l’usine Star Knitwear était légalement tenue de déposer lors du recrutement des travailleurs étrangers. Cet argent devait couvrir le coût des billets d’avion pour leur rapatriement dans leur pays. «Mais on se demande si cette garantie a réellement été payée», s’interroge Reeaz Chuttoo. De ce fait, le Passport and Immigration Office n’a pas encore dit si ces étrangers peuvent quitter le pays pour retourner chez eux.
La faim et la colère
La situation prend désormais une dimension humanitaire. Plus de 200 travailleurs étrangers se retrouvent sans nourriture, sans salaire et sans perspective claire de retour. Certains se sont même rendus à la Special Migrant Workers Unit pour réclamer de quoi manger et leur billet d’avion. «Où est la loi pour protéger les travailleurs ?», lance Fayzal Ally Beegun, dénonçant une justice à deux vitesses.
Pour les syndicats, il est temps que l’État cesse de fermer les yeux. La CTSP comme d’autres ONG tirent la sonnette d’alarme : l’affaire Star Knitwear a désormais franchi les frontières et attire l’attention d’organisations internationales. «Nous aidons sur une base humaine. Mais aujourd’hui, le gouvernement doit intervenir car cette situation entache l’image de Maurice», avertit le président de la CTSP.
Face à cette crise qui mêle drame social et faillite administrative, la demande des syndicalistes est claire : mettre en place un fonds d’urgence pour aider les travailleurs étrangers, leur garantir nourriture et billets de retour, et surtout, faire appliquer la loi. En attendant, chaque jour qui passe ressemble à un nouveau supplice pour ces centaines de familles mauriciennes et étrangères, victimes d’un système qui semble les avoir oubliées.
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