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Éducation

Six mois après les Assises, entre avancées timides et incertitudes

12 septembre 2025, 13:00

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Six mois après les Assises, entre avancées timides et incertitudes

Photo illustration.

Près de six mois après la tenue des Assises de l’éducation, les parents, enseignants et le public en général s’interrogent : qu’est-ce qui a réellement changé ? Si certaines mesures ont commencé à prendre forme, d’autres restent entourées d’incertitudes. On parle bien de la publication prochaine d’un Blueprint regroupant les recommandations formulées lors des débats, mais les principaux concernés aimeraient être fixés rapidement. L’enjeu est de taille : pouvoir préparer la rentrée 2026 avec une vision claire et non dans le flou actuel.

Parmi les thématiques phares des Assises figuraient le bullying et la violence scolaire. Un problème qui continue de hanter les établissements, du primaire au secondaire. Vishal Baujeet, président de la Government Teachers Union (GTU), explique que le travail de prévention se fait au quotidien : «Chaque matin, enseignants et responsables d’écoles tentent d’inculquer les valeurs humaines. Nous utilisons des histoires, des idées pour montrer aux enfants l’importance du respect et de la cohabitation pacifique.»

Mais il admet que ce chantier ne peut être réglé du jour au lendemain. «Il faudra du temps et surtout un accompagnement global de l’enfant.» Selon lui, les parents doivent jouer un rôle central : «Ce n’est pas à l’école qu’on enseigne les gros mots ou la revanche. Nous cherchons au contraire à calmer les tensions.»

La GTU plaide ainsi pour la mise en place de plateformes de dialogue regroupant parents, enseignants, laChild Development Unit, la police et toute instance susceptible de contribuer à l’encadrement des enfants. Pour l’heure, rien n’a encore été concrétisé. «On attend le Blueprint pour voir si ces propositions vont être retenues», souffle Vishal Baujeet.

?Les zones grises du Grade 4

Autre sujet brûlant : l’introduction du Grade 4. «J’ai personnellement écrit au ministère pour une rencontre», confie le président de la GTU. La grande interrogation concerne la gestion des élèves redoublants. Seront-ils mélangés avec les nouveaux promus ou placés dans des classes séparées ?

Un risque est pointé : celui de voir les plus jeunes subir du bullying de la part des plus âgés. De plus, que se passera-t-il pour un élève qui échoue une seconde fois en Grade 4 ? «Va-til quand même monter en Grade 5 ou devra-t-il redoubler encore ?», s’interroge Vishal Baujeet. Un problème d’âge se pose aussi : au-delà de 13 ans, un enfant doit impérativement être orienté vers le secondaire. «Nous demandons des clarifications, mais pour le moment, je ne peux rien répondre à mes membres.»

Les mêmes incertitudes entourent le Modular Assessment prévu pour le Grade 5. «Nous aurions dû être informés dès le début de l’année. Balancer ça à la dernière minute risque de recréer une pression comparable à celle d’avant.» Et qu’en sera-til du Primary School Achievement Certificate ? Les enseignants attendent toujours des précisions.

?Le flou autour du NCE au secondaire

Au niveau des collèges, d’autres questions restent sans réponse. Le National Certificate of Education (NCE), censé disparaître, n’a pas encore trouvé de remplaçant clair. «On a annoncé sa fin, mais selon quelle formule ? Quel système prendra la relève ? Pour l’instant, c’est le néant», constate Arvind Bhojun, président de l’Union of Private Secondary Education Employee (UPSEE).Il regrette que les écoles ne puissent pas se préparer sans directives précises. «Quand l’annonce viendra-t-elle et quelle sera la préparation demandée ? Nous sommes dans l’attente.»

Parmi les retombées concrètes des Assises figure toutefois le Foundation Programme. Lancé récemment, il a suscité des doutes au départ. Des ateliers de formation ont été organisés pour les enseignants, ce que salue Arvind Bhojun : «C’était nécessaire, mais insuffisant.» Selon lui, la réussite du programme dépend de la qualité de son implémentation. «Les Heads of School doivent choisir des enseignants ayant déjà des notions des nouvelles matières. Or, dans la pratique, on impose souvent ces cours à des enseignants qui n’ont pas les compétences nécessaires.»

Autre problème : le manque d’équipements au lancement. «On a dû débloquer Rs 15 000 pour les enfants, en attendant que les manuels soient prêts. L’État a payé, mais la Private Secondary Education Authority (PSEA) a failli à sa tâche. Il faut un meilleur suivi.»

La violence et l’indiscipline ne touchent pas que le primaire. Dans les collèges aussi, le problème persiste. Pour y répondre, le ministère a lancé des formations destinées aux recteurs et managers. «C’est une première étape pour mieux contrôler l’indiscipline», reconnaît Arvind Bhojun. Mais il plaide pour que les managers du privé bénéficient aussi de ces formations. «L’éducation est un secteur dynamique, il faut que tous les acteurs soient équipés.»

?Et le dossier sensible des téléphones portables…

Enfin, une autre question brûlante touche directement le quotidien des écoles : les téléphones portables. Une enquête est en cours pour déterminer ce qui doit être autorisé ou interdit. «On nous demande notre avis, mais aucune décision ferme n’a encore été prise», ajoute le président de l’UPSEE.

Six mois après les Assises, un constat s’impose : certaines mesures avancent, mais le flou demeure sur des réformes cruciales. Du côté des syndicats, on réclame avant tout de la transparence et de la concertation. Car sans informations claires, difficile d’organiser l’avenir et d’éviter de nouvelles polémiques.


?Blueprint du ministère

Des mesures concrètes déjà mises en place

La préparation du Blueprint du ministère de l’Éducation avance à grands pas, même si l’exercice demande du temps. Gérer près de 90 000 élèves du primaire et du secondaire n’est pas une mince affaire, soutient le ministère. Depuis les Assises de l’Éducation, le ministère a reçu près de 500 courriels de propositions, sans compter celles recueillies lors des consultations publiques et dans diverses correspondances. Ces contributions couvrent le pré-primaire, le primaire, le secondaire, l’enseignement spécialisé et la formation technique et professionnelle. Sous la supervision du Chief Technical Officer, une équipe planche actuellement sur la compilation de toutes ces données. Certaines recommandations nécessitent une révision légale, d’autres l’aval du Conseil des ministres, ou encore des consultations avec les partenaires éducatifs. Mais certaines mesures ont déjà été concrétisées.

Parmi elles, on note la formation de 10 000 éducateurs, parents et enseignants contre le harcèlement scolaire, le renforcement des compétences en intelligence artificielle, l’annulation du Modular Assessment en Grade 5, ainsi qu’une large consultation sur l’usage du téléphone portable à l’école, qui a recueilli plus de 600 propositions. L’abolition de la promotion automatique en Lower Primary et la possibilité de repasser les examens du PSAC figurent également parmi ces initiatives. Enfin, le lancement de la formation du personnel des écoles spécialisées par la Special Education Needs Authority complète ce premier ensemble d’actions.

Autant d’initiatives qui donnent déjà un avant-goût de ce que contiendra ce Blueprint très attendu.


?Graffitis obscènes et dérapages

Quand un collège réputé perd de son éclat

C’est l’anarchie à son comble. C’est du moins le constat amer de plusieurs membres d’un collège réputé des basses Plaines-Wilhems. Alors que les premiers examens du Higher School Certificate débuteront le 18 septembre avec l’épreuve de Design, l’ambiance dans les établissements est également marquée par les festivités de fin de parcours. Messe, fête d’adieu, rires, larmes et dédicaces sur les chemises rythment ces derniers jours passés sur les bancs de l’école, avant l’entrée dans le monde adulte. Mais dans ce collège souvent célébré pour ses lauréats, les adieux ont tourné au fiasco. Armés de bombes de peinture, certains élèves n’ont pas seulement signé les chemises de leurs camarades : ils ont couvert les salles de classe de graffitis obscènes. «Ils ont aussi écrit des insanités dans les toilettes, en s’attaquant même au personnel non enseignant», rapporte une source présente sur place. Les faits se seraient déroulés mercredi, laissant une impression de dérapage incontrôlé. «Je ne reconnais plus ces jeunes», lâche-t-elle, visiblement choquée. Pour elle, le climat d’indiscipline s’est installé depuis quelque temps dans l’établissement. «C’est vraiment dommage car ce collège avait une excellente réputation. Les choses ne sont plus les mêmes.» Si elle salue l’idée de la mixité entre élèves aux profils académiques différents, elle estime toutefois que l’essor des collèges dits «académiques» a vidé son établissement de plusieurs bons éléments. «Beaucoup sont partis pour tenter leur chance ailleurs, décrocher un titre de lauréat ou se retrouver parmi l’élite. Résultat : le collège a changé de visage.»

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