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Questions à…

Shiam Persand : «J’aurais pu être à la MBC ou à la MFDC. Si j’ai été choisi pour les musées, tant mieux»

15 septembre 2025, 09:30

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Shiam Persand : «J’aurais pu être à la MBC ou à la MFDC. Si j’ai été choisi pour les musées, tant mieux»

■ Shiam Persand, président du Mauritius Museums Council

?Le Mauritius Museums Council (MMC) c’est deux musées nationaux et six musées régionaux. Vous avez fait le tour ?

Pour démarrer, nous sommes allés au muséum de Port-Louis, avant de nous rendre dans le Sud.

?Le constat ?

Si j’étais un touriste, en voyant la toiture (NdlR : le musée de Mahébourg est bâché d’un prélart vert) c’est choquant. D’après les rapports, au début de l’année, le ministre des Arts et l’ambassadeur de France ont fait un constat. Il y a une estimation des travaux. (NdlR: le 25 avril une déclaration d’intention a été signée par le ministère des Arts et de la culture, l’État français et la société civile pour la conservation du patrimoine national. Quatre sites prioritaires ont été identifiés, dont le musée de Mahébourg. Coût estimé des travaux : Rs 72,4 millions) On se demande pourquoi on en est là.

?Qu’est-ce que cela fait d’être le successeur de Somduth Dulthumun à la présidence de MMC ?

Je me demande ce qu’a fait le board.L’objectif est de revaloriser les musées, faire revenir du public. Le patrimoine c’est aussi une attraction touristique. Ce n’est pas intéressant que les touristes viennent constater qu’une maison aussi ancienne que celle du musée de Mahébourg soit dans cet état. Si on veut aller l’avant avec un système de billetterie…

?Payant pour les Mauriciens ?

Ce n’est pas encore défini.

?Quelle est la prochaine étape pour vous ?

Le coût de la rénovation du toit du musée de Mahébourg est évalué à Rs 40 millions. Il n’y a pas que la façade, mais aussi les collections.

?Vous avez eu accès aux réserves ?

On a pu voir tout ce qui est visible. Dans les musées, il n’y a pas de guide. Dans tous les musées du monde, il y a des audioguides numériques auxquels vous pouvez vous connecter grâce à des applications sur votre téléphone. Mais tout ça, évidemment, c’est un autre travail.

?Ce sont des propositions qui ont déjà été évoquées dans le passé.

Nous allons prendre connaissance du statut de ce projet. Le redémarrer. Il y a des coûts, évidemment.

?La priorité c’est le musée de Mahébourg qui coule, le musée de PortLouis inondé en cas de «flash flood» ? Ou les deux à la fois ?

Il faudra commencer quelque part. Le flot de visiteurs est aussi important à Port-Louis qu’à Mahébourg.

?Vous avez des chiffres ?

Je ne vais pas me prononcer sur les chiffres, mais c’est assez conséquent.

?Quel constat faites-vous de l’état du musée de Port-Louis ?

Pour l’ancienne génération, ce musée faisait partie du circuit des sorties scolaires. Je ne crois pas que les nouvelles générations soient vraiment intéressées par les musées. Pour les attirer, il faudra qu’on amène les technologies dans les musées. Avec plus de communication sur les réseaux. Je suis aussi, de par ma carrière à la MBC, Digital content creator.

Il faut aussi ramener les touristes. Des pourparlers avec les représentants du ministère du Tourisme ont eu lieu. Pour ce qui est des travaux, la toiture a besoin de réparations. Il n’y a pas que les touristes.

Il faudrait des activités pour attirer le public du centre-ville de Port-Louis à l’heure du déjeuner. Pourquoi ne pas aménager une cafétéria ? Les gens pourraient en même temps jeter un coup d’œil au musée. Après la visite, les touristes pourraient se restaurer. Passer à la boutique. Tout cela aiderait à rentabiliser en attendant les négociations pour les gros financements.

?Vous avez aussi visité deux des six musées régionaux ?

Oui, celui de Pointe-Canon (NdlR: Musée du peuplement). Nous avons été choqués de constater que c’est davantage un store.

?Il est fermé au public.

Oui. Le plus choquant, ce sont les tableaux qui y sont stockés. Parmi ceux-ci, il y a une collection qui a été donnée par la famille Rochecouste. C’est dans des conditions qui ne sont pas propices pour conserver des tableaux. En plus, il y a l’air marin. Je suis aussi un artiste-peintre, je m’y connais en tableaux. La restauration ça, c’est une autre affaire. Il faudra de l’expertise venue des pays amis pour s’occuper des tableaux de la collection Rochecouste. J’ai constaté qu’il y a des peintres français dans la collection.

?Combien de tableaux de cette collection sont à Pointe-Canon ?

Je n’ai pas les chiffres. Nous avons demandé un inventaire, non seulement des tableaux, mais de tout ce qui est dans les musées pour savoir qu’est-ce qui est dans quel état, qu’estce qui est visible ?

?Au Fort Hendrick ça va mieux ?

C’est présentable. Les gens y viennent au pif, il faudrait des guides, pour expliquer les périodes d’occupation du site.

?Qui dit guide, dit recrutement ?

Ce n’est pas pour tout de suite. Il y a un Youth Employment Programme qui pourrait nous alimenter. Des jeunes ayant fait des études en histoire, en art. Cela pourrait devenir un créneau d’avenir. Maintenant, il faudra avancer graduellement, mais sûrement. Monter par exemple une exposition en l’honneur des artistes disparus.

?Parlons de votre avenir après 34 ans à la MBC (NdlR : il était Chief Technical Producer et responsable de la Senn Kreol). Vous avez été dédommagé après votre licenciement ?

C’est fini. On ne va pas reparler de cela. Il y a eu un arrangement. J’ai tourné la page. J’ai approché la nouvelle direction de la MBC pour partager mes connaissances. J’attends toujours une réponse. Toute ma jeunesse, toute ma carrière a été dédiée à la MBC.Pour construire la MBC, on a sacrifié du temps, la famille, toute notre carrière. Je n’étais pas quelqu’un qui chauffait de neuf à quatre heures. J’étais parmi les réalisateurs à avoir passé des nuits blanches à la MBC.

?Vous vous êtes remis de l’altercation avec l’ex-directeur de la MBC. La vidéo de cette altercation est restée dans les mémoires.

Ce n’est pas le moment de reparler de cela.

?Quelles sont vos qualités pour évoluer à la présidence des musées ?

En tant qu’homme de communication et de l’image, toute ma carrière a aussi été consacrée à des reportages artistiques. J’ai fait beaucoup de reportages sur des musées. J’ai visité pas mal de musées à travers le monde, au moins une cinquantaine.

?Racontez-nous.

Dans tous les voyages que j’ai faits, je me suis tout le temps intéressé aux musées. En Angleterre, j’ai été attiré par le National History Museum, le National Portrait Museum. En tant qu’artiste-peintre, pour apprendre, il faut étudier les tableaux des grands maîtres. En France, j’ai visité le musée du Louvre, le musée d’Orsay. J’ai aussi eu la chance d’aller jusqu’aux États-Unis, pour découvrir les musées Smithsonian à Washington, à New York et à Boston. En Chine, durant des stages de formation pour la télévision, j’en ai profité pour visiter des musées. C’est un peu à travers cela que j’ai développé la passion, pour l’art, l’histoire, les musées.

?Et en matière de gestion ?

J’ai un masters degree en communication, en relations publiques de l’université de Technologie. J’ai suivi des stages de formation en broadcasting, j’ai parcouru l’Afrique de l’Ouest. J’ai eu l’occasion de visiter l’île de Gorée. En Inde, je suis allé aux grottes d’Ajan- ta et Ellora. Ce sont toutes ces expériences qui me donnent l’ambition de faire quelque chose pour les musées.

?Vous vous attendiez à être nommé à la présidence du Mauritius Museums Council ?

Oui et non. J’aurais pu être à la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) comme j’aurais pu être à la Mauritius Film Development Corporation (MFDC). Si j’ai été choisi pour les musées, tant mieux. C’est un défi : utiliser toute l’expertise que j’ai dans le domaine des médias. Déjà, je compte vraiment médiatiser les musées, grâce à mes connaissances dans la communication et la vidéo.

?Une nomination n’arrive pas par hasard. Quels sont vos liens politiques ?

Tout le monde a un lien politique…

?Quel est le vôtre ?

On a des amis…

?Plus précisément ?

Je n’ai pas de couleur politique. Ma couleur d’artiste c’est le noir, comme mon t-shirt.

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