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Commémoration
Saint-Louis, patron de la capitale et gardien de sa mémoire
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Commémoration
Saint-Louis, patron de la capitale et gardien de sa mémoire
Photos : Kiranchand Sookrah
Au cœur de la capitale mauricienne, la cathédrale Saint-Louis ne se résume pas seulement à un lieu de culte : elle incarne près de trois siècles d’histoire, d’épreuves et de renouveau. Dédiée à Saint-Louis, roi de France et saint patron de Port-Louis, elle demeure aujourd’hui un symbole spirituel et patrimonial fort pour l’île.
■ Fidèles et curieux étaient nombreux, comme chaque année, à participer à la messe en l’honneur de Saint-Louis.
L’histoire débute en avril 1722 avec une simple cabane en bois servant de chapelle, construite là où se dresse aujourd’hui la Mauritius Commercial Bank. Quinze ans plus tard, sous l’impulsion de Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais, elle est remplacée par une chapelle en maçonnerie. Mais déjà, le gouverneur rêve d’un édifice digne de la capitale. Ce projet prend forme entre 1752 et 1756 : une première église sort de terre sur le site actuel. Ironie du sort, la guerre éclate en Europe et l’édifice est réquisitionné, transformé en entrepôt, armurerie et caserne. Puis, un ouragan, en 1773, le détruit totalement, avant même qu’il n’ait accueilli une messe. Une seconde église est inaugurée en 1782, mais elle connaît elle aussi des heures mouvementées : lieu de séances de l’Assemblée coloniale durant la Révolution française, elle est bientôt condamnée pour cause de fissures. En 1795, les offices cessent.
■ Le «Police Band» a ouvert la célébration en interprétant l’hymne du Vatican.
Avec l’arrivée des Britanniques, le gouverneur Robert Farquhar se prend d’affection pour cette église de la capitale. Il supervise sa restauration, l’orne d’objets liturgiques et fait venir un harmonium d’Europe. Mais dès 1819, les fissures réapparaissent, requérant des réparations coûteuses et répétées. Finalement, l’église centenaire est démolie en 1928. Le renouveau vient sous l’impulsion de Mgr James Leen. Le nouvel édifice, plus spacieux, conserve toutefois l’âme de son prédécesseur, notamment avec sa façade en pierre du pays et ses deux tours jumelles. La cathédrale Saint-Louis est inaugurée en 1933, lors de la fête patronale. À rappeler que depuis 1847, avec la création du diocèse de Port-Louis par le Saint-Siège, l’église paroissiale est officiellement devenue cathédrale.
■ Les vitraux illuminent l’autel venu de l’église Sainte-Croix, sous lequel reposa jadis le Bienheureux père Laval, entre 1868 et 1870.
L’intérieur actuel recèle des trésors hérités de l’ancien sanctuaire: statues, tableaux, mobiliers, mais aussi un autel particulier. Celui-ci provient de l’église Sainte-Croix et a autrefois abrité la dépouille du Bienheureux père Laval, de 1868 à 1870. En 2007, la cathédrale a bénéficié d’une restauration complète, marquant son 160e anniversaire comme siège épiscopal. Les travaux, d’un coût de plus de Rs 13 millions, ont redonné éclat et dignité à ce joyau en plein cœur de Port-Louis. Selon une tradition séculaire, les évêques reposent dans leur cathédrale. Sous le dallage du chœur de Saint-Louis reposent ainsi six pasteurs, dont le cardinal Jean Margéot.
■ La cathédrale Saint-Louis, témoin d’une histoire riche, dont les origines remontent à l’époque française.
La cathédrale Saint-Louis demeure, au-delà des pierres et des siècles, un repère spirituel et historique pour Port-Louis, fidèle à son saint patron protecteur.
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[Messe] Père Pierre Piat : «Un roi au service de la famille et du bien commun»
Dans son homélie consacrée à la fête de Saint-Louis, hier, le père Pierre Piat a rappelé la figure inspirante de Louis IX, roi de France de 1226 à 1270. Ce souverain, canonisé pour sa sainteté et son sens de la justice, a incarné une vision chrétienne de la famille et du bien commun. Marié à Marguerite de Provence, il forma avec elle une union exemplaire, fondée sur la fidélité, le respect mutuel et une profonde piété. Ensemble, ils eurent 11 enfants, faisant de leur foyer une véritable école de vie et d’amour. Le père Piat a souligné combien cet exemple reste actuel : «La famille n’est pas faite pour se replier sur elle-même, mais pour rayonner au cœur de la société.» C’est en son sein que s’apprennent la solidarité, le pardon, la justice et le sens du bien commun. Pour Saint-Louis, la royauté était un service et la famille la première école de sainteté. Son héritage spirituel et social invite chacun à bâtir des foyers solides, malgré leurs fragilités, capables d’irriguer le monde par l’amour, la foi et la paix.
■ L’homélie de la fête de Saint-Louis a été prononcée par le père Pierre Piat.
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