Publicité
Schisme au MMM
Repositionnement politique assumé : Paul Bérenger opte pour les bancs indépendants
Par
Partager cet article
Schisme au MMM
Repositionnement politique assumé : Paul Bérenger opte pour les bancs indépendants
Paul Bérenger a mis fin aux spéculations. Lors d’une conférence de presse très attendue, tenue hier, au siège du MMM à Rose Hill, le leader historique des mauves a annoncé que lui-même, Joanna Bérenger et Chetan Baboolall siégeront comme «backbenchers indépendants» dès la séance parlementaire de mardi. Entouré des deux députés, il a expliqué que c’est un choix mûrement réfléchi : «Nou finn tom dakor ki pou lemoman nou pou siez an indepandan ant lopozision ofisyel Lesjongard-Duval ek Franco Quirin. Nou pou dan sa ranze la.»
Une rencontre avec la speaker est prévue demain pour finaliser les modalités. Ce positionnement, à mi-chemin entre indépendance et opposition, se veut stratégique. Il permet, selon Bérenger, de conserver une liberté de parole dans un contexte politique qu’il juge instable. Il a également écarté toute possibilité de devenir leader de l’opposition, invoquant son âge – 81 ans – et refusant que sa démarche ne soit interprétée comme une quête de poste : «Li pa kestyon mo aksepte lider lopozision… mo ena bokou laz osi.»
Interrogé sur les rumeurs d’un rapprochement avec le MSM, Bérenger a tenu à clarifier sa position. Il affirme n’avoir aucun regret concernant l’alliance passée avec le Parti travailliste, rappelant que l’objectif était d’écarter le MSM du pouvoir. Il dit avoir longuement évalué la possibilité d’un rapprochement avec le parti au pouvoir, avant de conclure qu’aucune figure n’était «récupérable». «Mo ti pran longvi ek mikroskop pou gete dan MSM kisana rekiperab me mo longvi inn tom sek.»
Sur le plan institutionnel, il a commenté les récentes nominations à la National Agency for Drug Control, critiquant le processus décisionnel du Conseil des ministres, tout en saluant la nomination de Nadia Peerun à la présidence, évoquant son amitié avec son père, Zeel Peerun, figure historique du MMM. Il a également soutenu la nomination de Kunal Naik comme CEO et plaidé pour la promotion du chef de l’ADSU au rang de Deputy Commissioner of Police afin de renforcer la lutte contre la drogue.
Autre annonce majeure : le trio ne participera pas à l’Assemblée des délégués du MMM prévue le 11 avril. Bérenger dénonce une liste de délégués «bidon», évoquant doublons, personnes décédées toujours inscrites, ajouts arbitraires et exclusions ciblées de militants de première ligne. «Ena dimounn zot non paret de fwa… Ena 17 dimounn kinn desede zot non ankor lor sa lalis-la.» Il y a également pointé du doigt la présence de Sudesh Raghoobar, ce qui, selon lui, illustre les dérives internes. Cette contestation accentue les fractures au MMM, alors que 15 élus ont choisi de rester alignés avec le gouvernement.
Malgré ce boycott, Bérenger a insisté sur le fait qu’il demeure leader du MMM. Il a toutefois laissé entendre que la direction actuelle devra clarifier sa position face à cette recomposition interne. Avec ce repositionnement sur les bancs indépendants, Paul Bérenger ouvre une nouvelle phase de sa longue carrière politique, tout en maintenant la pression sur une direction mauve qu’il juge défaillante.
Publicité
Publicité
Les plus récents