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Jour 1 des assises du travail
Repenser les droits et les protections face aux nouveaux défis du marché
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Jour 1 des assises du travail
Repenser les droits et les protections face aux nouveaux défis du marché
■ Les représentants du patronat de même que des travailleurs étaient présents lors de cette première journée des assises du Travail.
La première journée des assises du Travail s’est tenue au Atal Bihari Vajpayee Institute of Public Service and Innovation à Réduit, le mardi 23 septembre. Elle a été marquée par des discussions intenses et constructives. Les participants, réunissant représentants syndicaux, patronat et officiers du ministère, ont abordé plusieurs thèmes majeurs touchant le monde du travail, dans un contexte où la législation et les pratiques professionnelles sont en pleine mutation.
Parmi les sujets abordés figurent la mise à jour des droits des travailleurs et la prévention de toute forme de discrimination, l’équilibre entre travail, vie familiale et technologies, la révision des protections sociales incluant le programme Workfare et les prestations de retraite, l’impact et la mise en œuvre de la semaine de 40 heures, ainsi que la clarification et la réévaluation des droits aux congés.
Pour Deepak Benydin, président de la Federation of Parastal Bodies and Other Unions, plusieurs points ont été particulièrement saillants. «La question de revoir ou non le Workfare a été largement débattue. Les employeurs souhaitaient réduire la durée du programme, tandis que les syndicats plaidaient pour sa consolidation et une augmentation des droits des bénéficiaires», a-t-il expliqué. Les discussions ont également porté sur le droit de licencier les travailleurs pour faible performance, un point vivement rejeté par les syndicats, qui estiment que cette pratique, combinée à l’augmentation de l’âge de départ à la retraite, pénaliserait les travailleurs âgés.
Deepak Benydin a également évoqué la situation des travailleurs étrangers : «Le fait que ces travailleurs puissent exercer pendant dix ans sans contribuer aux fonds de retraite locaux montre comment certains employeurs bénéficient de leur présence, au détriment des Mauriciens et encouragent indirectement leur départ du marché du travail. Cela va à l’encontre des objectifs de l’Organisation des Nations unies et de l’Organisation internationale du travail pour garantir des conditions de vie décentes aux travailleurs.»
De son côté, Ashvin Gudday, négociateur syndical de la General Workers Federation, a salué la franchise des échanges entre patronat et syndicats. «C’est un exercice intéressant, surtout pour repenser la Workers’ Rights Act face aux nouveaux défis. Nous avons abordé des thèmes comme la discrimination, les congés, la protection sociale, la semaine de 40 heures, le télétravail et la situation des travailleurs étrangers. Les officiers du ministère ont pris des notes, et des idées constructives ont émergé», explique-t-il.Selon lui, ces discussions permettent de consolider et de renforcer les droits des travailleurs. «C’est un véritable arsenal 2.0 pour protéger les travailleurs. Nous espérons non seulement préserver nos acquis, mais également faire progresser le droit du travail dans le pays», souligne-t-il.
Pour Pradeep Dursun, Chief Operating Officer de Business Mauritius, ces assises offrent une plateforme essentielle de dialogue. «Je dois reconnaître que ce gouvernement a ouvert le dialogue en organisant un tel événement. Nous soutenons les réformes envisagées et comptons proposer des solutions constructives. Les discussions sur la semaine de 40 heures ont déjà commencé au niveau de Business Mauritius», a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Dameeaantee Thylamay, présidente de la Congress of Independent Trade Unions, a insisté sur la mise en place d’un «one stop shop» pour les travailleurs et leurs représentants syndicaux. «Il serait efficace de regrouper la commission de conciliation et de médiation, l’Employment Relations Tribunal et l’Industrial Court dans un seul lieu. Cela faciliterait grandement la gestion des litiges.» Elle a également encouragé l’adhésion à un syndicat structuré pour renforcer la représentation des travailleurs.
Les discussions de la deuxième journée ont été tout aussi stratégiques. Parmi les points à approfondir figuraient le renforcement de la migration de main-d’œuvre via des politiques de permis de travail transparentes et équitables, la lutte contre la fuite des cerveaux ainsi que la prise en compte des enjeux liés à la santé mentale des travailleurs.
Reza Uteem, ministre du Travail : «Ces discussions ne sont pas une fin, mais un commencement»

?À quoi doivent s’attendre les participants lors de ces assises du Travail ?
Ces assises réunissent autour d’une même table les représentants des travailleurs, le patronat et les fonctionnaires de mon ministère. L’objectif est de débattre de manière constructive sur plusieurs thèmes majeurs touchant au monde du travail, aux relations industrielles et à l’emploi. Les discussions se poursuivront jusqu’à ce jeudi.
Nous allons notamment aborder les propositions issues du manifeste électoral et reprises dans le discours programme. Pour les concrétiser, il est essentiel d’ouvrir un dialogue inclusif avec toutes les parties prenantes. En matière d’emploi, nous travaillons activement à réduire le skill mismatch qui freine l’embauche, à retenir nos jeunes talents pour éviter l’exode et à améliorer les mécanismes de recrutement. Une attention particulière sera également portée à la santé mentale des travailleurs, qui est devenue un enjeu incontournable dans le monde professionnel.
Enfin, la clôture de ces assises sera marquée par des échanges autour du renforcement des relations industrielles et du rôle des syndicats. Nous réfléchirons aussi à une refonte des mécanismes de résolution des conflits, car les instances actuelles, notamment les tribunaux, prennent trop de temps pour régler les litiges entre travailleurs et employeurs.
Ces assises se veulent donc un véritable laboratoire d’idées et d’actions pour améliorer durablement les conditions de travail et les relations professionnelles dans notre pays.
?Ces assises vont-elles aboutir à des amendements de la «Workers’ Rights Act» ?
Éventuellement, oui. Les propositions qui émergeront seront discutées en profondeur. Si un consensus se dégage, nous irons de l’avant. Dans le cas contraire, d’autres consultations seront organisées. Mais l’objectif reste clair : ces assises doivent mener à de nouvelles lois du travail ou à des amendements pertinents aux textes existants
?Vous évoquez également la mise en place d’un comité chargé de poursuivre la réflexion après ces assises. Quel sera son rôle ?
Ces assises ne sont pas une fin en soi, mais bien un point de départ. Nous lançons un processus de dialogue qui, progressivement, se traduira par des réformes concrètes. Le comité de suivi aura pour mission de prolonger les échanges, d’évaluer la faisabilité des propositions et de préparer les changements nécessaires. En somme, ces assises posent les fondations d’une refonte progressive de notre législation du travail.
?Les travailleurs étrangers ferontils également partie des réflexions lors de ces assises ?
Absolument. D’ailleurs, bien avant même la tenue de ces assises, nous avons réalisé des avancées importantes concernant l’emploi des travailleurs étrangers. Un rapport interministériel a déjà été validé par le Cabinet et plusieurs mesures ont été entérinées pour mieux encadrer leur venue à Maurice.
Nous avons obtenu l’aval du Conseil des ministres sur la régulation des agences de recrutement afin de garantir un processus éthique. Les travailleurs étrangers bénéficieront d’un encadrement avant même leur arrivée : un training préalable, une vérification de leurs qualifications et surtout, une information claire sur leurs droits, leurs salaires et les conditions de leur contrat.
Notre objectif est simple : s’assurer que les travailleurs étrangers sont accueillis dans des conditions dignes, transparentes et équitables, en cohérence avec les besoins de notre économie et dans le respect de leurs droits fondamentaux.
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