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Expérimentation animale
Rapport de la MSAW : Chiens et chats au cœur d’expériences
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Expérimentation animale
Rapport de la MSAW : Chiens et chats au cœur d’expériences
■ Les deux ONG s’occupant de bien-être animal expriment leurs doutes sur des expériences controversées menées ces dernières années.
Les organisations Monkey Massacre in Mauritius et Progress Science Mauritius ont tenu une conférence de presse hier, 27 septembre 2025 à Port Louis, avec un rapport à l’appui – désormais public. Le sujet : des expériences menées sur les chiens et chats entre 2019 et 2020.
Jacqueline Talbot, fondatrice de l’ONG Progress Science Mauritius a tout d’abord abordé la question de l’éthique dans le cadre de l’expérimentation animale : «Nous entendons sans cesse les mêmes arguments trompeurs et justificatifs utilisés depuis des années par les éleveurs de primates qui fournissent les laboratoires d’expérimentation animale […]. Or, il y a des méthodes plus fiables pour faire avancer la médecine rapidement.»
Mansa Daby, fondatrice de l’ONG Monkey Massacre in Mauritius, a exprimé le regret que Maurice demeure une plateforme pour ces pratiques, au moment même où les ÉtatsUnis ont dévoilé une feuille de route pour mettre fin à l’expérimentation animale d’ici dix ans et où l’Europe s’oriente dans la même direction. Toujours selon elle, ces laboratoires se tourneraient désormais vers Maurice pour poursuivre leurs activités : «Alors que l’on s’est battu contre le catch and kill, pour faire cesser la torture infligée aux animaux et que l’on se bat pour aider les chiens et chats errants, comment peuton accepter l’implantation de contract testing laboratories destinés à torturer nos animaux ?»
Mansa Daby s’est également interrogée sur les liens et le calendrier de l’incorporation de certaines compagnies. Elle a ajouté qu’un des directeurs d’une compagnie serait impliqué dans des activités d’expérimentation animale pour le compte de Clinglobal. Ce même directeur, qui aurait d’abord adopté les animaux, est cité dans le Investigation Committee Report de 2022 de la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW).
De plus, une autre compagnie, selon Mansa Daby, qui opère dans le même secteur, partagerait le même siège et le même directeur. Elle a conclu sur ce qu’elle qualifie comme un abus de pouvoir : «Il a adopté près d’une centaine de chats et de chiens, pour procéder à des expériences. Par la suite, il est devenu un partenaire avec ce laboratoire privé.» Elle s’est également interrogée : peut-on siéger au sein de la MSAW tout en détenant, parallèlement, des intérêts dans des laboratoires d’expérimentation animale ?
Rubina Jhuboo, ancienne membre du conseil de la MSAW et qui avait présidé l’Investigation Committee de l’organisation, a tenu à commenter le rapport désormais public : «Le Council de la MSAW avait approuvé un accord avec Clinglobal. Le rapport repose sur des documents internes, des procès-verbaux des réunions du Council ainsi que sur des entretiens.»
Elle a précisé que l’arrangement se déclinait en trois volets : «Premièrement, une centaine de chiens ont été euthanasiés, afin que des prélèvements d’échantillons de sang soient faites et des nécropsies soient pratiquées. Deuxièmement, plusieurs chiens non réclamés devaient être «adoptés» par le vétérinaire. La phase trois prévoyait que des chats «adoptés» soient destinés à des expérimentations, également par le même vétérinaire.»
Elle a ensuite cité le communiqué de ClinGlobal daté du 24 septembre 2025, ajoutant que celui-ci confirme que la MSAW, le ministère et la Division of Veterinary Services étaient au courant : «Le rapport détaillant les résultats du projet […] a été dûment soumis au ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire et à la MSAW en janvier 2021.» Elle a également réfuté l’argument avancé dans le communiqué selon lequel «les animaux avaient déjà été euthanasiés par la MSAW.» Elle a expliqué : «Des chiens et chats vivants, fort probablement en bonne santé, ont été adoptés par ce même vétérinaire.»
Pour rappel, le ministre Arvin Boolell, dans une déclaration à la presse le 22 septembre, avait qualifié la situation de «grave» et affirmé que «les coupables ne resteront pas impunis», tout en précisant que son ministère n’avait aucun lien avec les activités de Clinglobal.
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