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Allongement de la vie

Quelques pistes de réflexion

14 août 2025, 14:50

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Quelques pistes de réflexion

L’âge d’éligibilité à la pension de vieillesse ne peut se limiter à un problème d’équilibre des comptes de l’État. Les débats sur ce sujet incitent à ne pas voir dans l’âge de quelqu’un seulement un chiffre servant à des calculs financiers, mais aussi tout son parcours de vie, personnel comme professionnel. C’est ce que propose l’ouvrage Allongement de la vie – Quels défis ? Quelles politiques ?*, dont les chapitres sur l’emploi ont inspiré cet article.

1. L’âge

Ressenti selon son parcours personnel

Quelqu’un qui fait un métier physique dur pourra se sentir vieux, au sens d’usé, lekor kraze, même s’il est plus jeune qu’un autre exerçant un métier moins pénible. De même, quelqu’un qui a une mauvaise santé par rapport à un autre bien portant pourra se percevoir comme plus âgé.

Perçu par rapport à l’ensemble de la population

Un jeune ou un vieux ne se définit pas seulement par son âge, mais aussi par rapport à l’ensemble de la population. Ainsi, à Maurice, être UNE centenaire ne paraît sans doute plus extraordinaire : la presse a parlé de neuf nouvelles centenaires entre le 1er janvier 2025 et le 15 juillet 2025. Être UN centenaire, par contre, doit sembler plus inhabituel, puisque seulement deux nouveaux hommes centenaires sont mentionnés.

Une structure sociale des âges

La structure des âges peut se définir numériquement comme un pourcentage du nombre de personnes dans chaque tranche d’âge, par exemple : moins de 15 ans, entre 16 et 65 ans, plus de 65 ans. Ces limites correspondent à un découpage social de la vie en trois phases :

• moins de 15 ans : enfance/scolarité ;

• 16 à 65 ans : âge adulte/travail ;

• plus de 65 ans : 3e âge/retraite.

Les parcours individuels ne correspondent cependant pas toujours à ce découpage : de nombreux jeunes poursuivent leur scolarité jusqu’au Higher School Certificate, soit 18 ans en général, ou plus s’ils font des études universitaires.

2. Âge et emploi

Éviter d’exclure les jeunes et les seniors de l’emploi

Certaines entreprises, notamment lors du Covid, ont mis en place des plans de réduction du personnel, retraite anticipée ou licenciement des jeunes nouvellement recrutés. Si ces pratiques se généralisaient, elles écarteraient du monde du travail les plus jeunes et les seniors, faisant peser la charge de travail sur les middle-aged.

Rendre le travail possible et attrayant pour divers publics

Pour éviter une telle situation, les entreprises devraient mettre en place des politiques permettant d’améliorer l’adéquation des emplois qu’elles offrent aux compétences et aux attentes de différentes tranches d’âge. Cela permettrait d’augmenter le nombre d’actifs en attirant vers l’emploi de nouveaux publics comme les femmes au foyer ou les jeunes étudiants, ou en prolongeant l’activité des seniors. Différentes pistes sont envisageables pour rendre le travail plus attractif.

Gérer la pénibilité du travail

L’adoption des progrès techniques pourrait rendre le travail plus facile pour tous les travailleurs, quel que soit leur âge. Cependant, il reste encore des emplois lourds, en termes de tâches ou d’horaires, que le management doit répartir entre tous les employés, en tenant compte du fait que les seniors sont plus affectés par cette pénibilité que les plus jeunes, sans pour autant pénaliser ces derniers.

Former les seniors aux nouvelles techniques

En cas d’adoption d’une nouvelle technologie, les seniors peuvent éprouver plus de difficultés qu’un junior qui a appris cette technologie lors de ses études récentes. Ils ont donc besoin de formations pour rester efficaces et employables.

Aménager les horaires

Des horaires de travail ou d’études adaptés et des possibilités de work from home permettraient aux femmes au foyer de concilier responsabilités familiales et vie professionnelle, aux jeunes de combiner études et emploi et allégeraient la pénibilité de certains emplois pour les seniors.

3. Mobiliser l’ensemble de la société

Au-delà des questions financières, c’est la société dans son ensemble qui doit s’organiser pour subvenir aux besoins de toute la population. Les entreprises peuvent y contribuer en proposant des emplois attrayants, adaptés à différents segments de la population, ce qui augmenterait le nombre d’actifs, sans oublier l’importance de tels emplois comme outils d’épanouissement personnel et de cohésion sociale.

*«Allongement de la vie : Quels défis ? Quelles politiques ?»

Sous la direction de Anne-Marie Guillemard et Elena Mascova, Éditions La Découverte, 2017

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