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Kronik KC Ranzé
Pour ou contre ?
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Kronik KC Ranzé
Pour ou contre ?
La grande illusion des syndicats à Maurice est de croire qu’ils peuvent obtenir TOUT ce qu’ils demandent, pour TOUS les employés du pays, TOUS les ans, à l’argument que c’est nécessaire pour améliorer le pouvoir d’achat. Or, fondamentalement, un pouvoir d’achat n’est pas un droit acquis, mais se mérite. Et un pouvoir d’achat ne peut pas, logiquement, dépendre mécaniquement de l’inflation plutôt que de l’effort et de la réussite ! Que se passerait-il, en effet, si l’inflation atteignait des niveaux argentins et que les gains de productivité demeuraient… mauriciens ? L’approche syndicale n’a, par ailleurs, aucune (ou très peu…) de considération pour les problèmes que causeraient la satisfaction de leurs demandes.
Et il y en a !
TOUS les employeurs du pays ne sont pas également solides. Les plus forts parmi eux peuvent sans doute payer plus que ce que demandent les syndicats et le font peutêtre déjà dans de nombreux cas! La logique pour eux est claire : dans un pays où la maind’œuvre et le talent sont rares, toute entreprise qui veut progresser, se développer et faire des profits pour ce faire, doit être en position d’attirer les meilleurs! Pourquoi les syndicats ne négocient-ils pas compagnie par compagnie, en fonction de la capacité des secteurs et des employeurs de payer ?
Un avantage qui découlerait inévitablement d’une telle approche serait de, graduellement, déplacer l’économie vers des activités «gagnantes». Et, en passant, de favoriser la productivité, seul garant de lendemains plus roses! Dans le système actuel, un gouvernement responsable pense aux compagnies et PME plus faibles et préconise le minimum, ce qui conduit à un nivellement par le bas. Car le gouvernement sait que s’il en fait trop, cela mènera à des licenciements ou à des fermetures ou, pire pour son budget national, à des demandes de soutien ponctuel, voire de subventions – dont on ne revient jamais indemne ! La réalité des coûts assumant alors sa logique imparable… Ce que les syndicats ignorent aussi (mais savent ?) c’est que toute hausse salariale immodérée peut mener à des conséquences douloureuses! L’index de productivité multifactoriel du pays a progressé de 1,5% en 2023 et de 1,6% en 2024. La compensation salariale progressait alors par 5% et 6,7%, selon Statistics Mauritius! Ce «trou» entre les gains de productivité et la compensation salariale se voit TOUS LES ANS depuis 2004, sauf pour 2014 ! Le coût unitaire de la main-d’œuvre est donc systématiquement plus cher chaque année. C’est une situation qui n’est pas soutenable à long terme… Faut-il attendre de goûter de ses conséquences avant de le reconnaître, comme le Sri Lanka, la Grèce ou l’Argentine, ou ferait-on mieux de les anticiper et de les prévenir, tant que c’est encore possible ?
La dette nationale est à presque 90% du PIB et le pays s’est engagé à la faire baisser pour maintenir sa note de crédit international. La compensation salariale augmente évidemment la dette du gouvernement ! Le rapport du PRB arrive et coûterait plus cher que ce qui a été voté dans le Budget. On évoque Rs 5,9 milliards de plus que prévu ! Si la compensation de la Grande-Bretagne pour les Chagos arrive après le 30 juin 2026, le problème s’aggravera par encore Rs 10 milliards. Et si, par malheur, les recettes fiscales sont moins élevées que prévues (comme pour le dernier budget 2024-25 de Padayachy, où l’écart était du niveau incroyable de… Rs 23 milliards cette fois-là !), ce sera la catastrophe ! D’autant qu’il n’y a plus de poire pour la soif, puisque les fonds de réserve ont été totalement… consommés par l’ancien gouvernement !
N’oublions pas non plus, même si les fêtes vont nous occuper sérieusement ces deux prochaines semaines, que nous sommes au tout dernier rang des pays de grade «investissement». Chez Standards & Poor, nous étions gradé à BBB-Stable en 2023. Moody’s nous catalogue à Baa3 avec, par ailleurs, une perspective économique immédiate qui est NÉGATIVE depuis janvier 2025. Si nous basculons au grade «spéculatif», le secteur financier sera le premier perdant, rapidement suivi par le gouvernement et la Banque centrale eux-mêmes, dont les emprunts coûteront plus cher. Et nous serons obligés d’emprunter, encore en devises, puisque la balance des comptes courants est toujours négative. Nous entrerons alors dans une spirale infernale.
La prudence du gouvernement est plus que compréhensible. Elle est responsable ! Quand on vit au-dessus de ses moyens dans une famille, on doit revoir son budget ou emprunter. Pour un pays, c’est pareil. C’est pourquoi j’ai aussi beaucoup insisté dans le passé, avec d’autres, en vain jusqu’ici, sur la nécessité que l’État – politique et bureaucratique – donne l’exemple. Cette exemplarité mériterait aussi de s’étendre au secteur privé et aux citoyens en général. Si on insiste à faire pareil, comme si nous pouvions nous le permettre, nous allons droit au mur! À titre d’exemple, mon beurre favori – Lurpak Spreadable – est passé de Rs 95 en 2023 à Rs 135 en 2024 et à Rs 199, il y a quelque temps. Peu importe les explications de cette hausse effarante, mais le rational economic man que je suis, est donc retourné au beurre plus raisonnablement facturé… Je me suis adapté, quoi ! Le pays, l’État et ses citoyens, prenant conscience de l’environnement économique qui a changé, doivent s’adapter aussi ; le gouvernement faisant le maximum, ce qui pourrait ne jamais être suffisant, pour soutenir les plus faibles et rendre accessible les produits de première nécessité.
Je suis POUR des augmentations de salaire plus importantes quand on peut se le permettre ou que les gains de productivité le rendent possible. Je suis CONTRE faire plus quand le contexte tant local, que ponctuel ou international, ne nous le supporte pas. Il faut alors comprendre et s’adapter plutôt que de se plaindre et d’exiger.
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Deux initiatives positives : Une vision 2050, signée Jyoti Jeetun, et A step towards you, signé André Viljoen. Elles ravivent l’espoir de jours meilleurs. Je suis évidemment POUR ! Pour ou contre la mixité dans les écoles ? Je suis POUR.
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L’argument étant simple. Internationalement, les études disent qu’il n’y a pas d’avantage académique évident pour les écoles unisexes. De plus, sauf si nous aspirions à changer de modèle social, choisissant d’évoluer désormais dans une société où les femmes et les hommes ne se côtoieraient plus, ni au travail, ni dans les fêtes, ni dans les transports publics ; une séparation des filles et des garçons à l’école ne peut être qu’artificielle et empêcher la pratique d’interfaces quotidiennes, qui aideront à normaliser quelque peu ces relations.
Bien sûr que le romantisme et la sexualité existent. Bien sûr que l’on peut être distrait et «ne vivre que pour l’autre». À la folie ! C’est arrivé aux meilleurs ! Mais cela ne tient pas nécessairement de la proximité à l’école et on en meurt, de toute façon, bien moins que dans des accidents de la route. Derrière de nombreux succès scolaires ou universitaires se profile déjà souvent une histoire d’amour forte, voire fusionnelle. Des écoles unisexes ne freineront du reste jamais ce qui fait une des bases même de l’existence de l’humanité… les accouplements ! Fussent-ils romanesques ou autres.
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Pour ou contre les marchands ambulants ?
Je suis POUR vers fin décembre seulement, mais de manière strictement règlementée et temporaire. À défaut de quoi, les magasins réguliers, qui paient des charges et des loyers vont finir par disparaître ! Ce qui fera alors des routes commerçantes du pays de véritables déserts, ouvrant la voie aux vandales, aux zombies et aux trafiquants de toutes sortes.
Surtout que maintenant, le commerçant classique est déjà aussi concurrencé par le commerce en ligne – d’Amazon à Temu – et que la plupart des marques d’une certaine popularité offrent aussi la vente directe électroniquement !
Le problème n’est pas exclusivement mauricien : le commerce classique avec pignon sur rue, surtout en ville où les problèmes de parking deviennent de plus en plus indigestes, est clairement menacé. Mais rien n’arrêtera, par ailleurs, le «progrès», si l’e-commerce satisfait un besoin et ne fait pas trop d’erreurs. Sur la qualité de la marchandise livrée à l’aveugle, par exemple…
L’avenir des magasins se trouve donc inévitablement dans le Brick and Click. Idée : et si, au lieu de se défendre individuellement, les magasins regroupaient leurs sites et leurs marchandises dans des rues commerçantes virtuelles, reproduisant exactement ce qui existe dans la réalité, permettant donc de faire du lèche-vitrine et de repérer, puis d’acheter, électroniquement ? La livraison chez soi, sous-contractée, peut alors devenir une option à la visite en magasin pour palper la marchandise identifiée… Ces mappes virtuelles des rues commerçantes pourraient peut-être faire l’objet d’initiatives de municipalités progressistes qui veulent le bien de leurs commerçants et des revenus qu’ils représentent ?
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