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L’ONG Drwa a enn lakaz alerte
Plus de 52 800 personnes attendent toujours un toit
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L’ONG Drwa a enn lakaz alerte
Plus de 52 800 personnes attendent toujours un toit
Il y a 52 800 demandeurs de logement social à Maurice, selon le ministre du Logement et des terres, Shakeel Mohamed. Ces personnes vivent dans des conditions précaires à Maurice, dans l'attente d'un logement décent fourni par l'État. Derrière les chiffres, des visages, des histoires et des années d'espoir qui s'effritent. Alors que le ministre a exposé les mesures en cours ce jeudi 16 avril à l’express, l'organisation non gouvernementale (ONG) Drwa a enn lakaz tire, elle, la sonnette d'alarme tout en soulignant les avancées.
52 000 demandes en attente : un chiffre alarmant
La situation du logement social à Maurice est critique. Selon Gérard Mongelard, président de l'ONG qui œuvre pour le droit au logement à travers l'île, le nombre réel de personnes sans toit convenable reste, lui, difficile à établir. Gérard Mongelard préfère d'ailleurs éviter le terme «squatteur», qu'il juge réducteur et stigmatisant. Pour lui, ces familles sont avant tout des personnes sans domicile fixe, dispersées aux quatre coins de l'île, souvent invisibles aux yeux des autorités.
Coteau-Raffin, Tranquebar : des situations alarmantes sur le terrain
Sur le terrain, la réalité est brutale. À Coteau-Raffin, Gérard Mongelard a récemment constaté la situation de près : au moins 64 familles y vivent sans raccordement au réseau électrique, dépendant de la bonne volonté d'une famille voisine pour accéder à l'électricité. Une situation de débrouillardise forcée qui dure depuis trop longtemps.
À Tranquebar, la situation est encore plus grave. Des familles entières attendent depuis plus de 40 ans qu'un logement convenable leur soit attribué. «C'est inacceptable qu'en 2026, certains Mauriciens n'aient pas un endroit convenable pour habiter», s'indigne le président de l'ONG, soulignant par ailleurs que ces zones précaires sont souvent gangrenées par le trafic de drogue, rendant le quotidien particulièrement dangereux pour les enfants qui y grandissent.
Marie-Thérèse, 68 ans, attend depuis 1993
Rencontrée dans sa demeure de fortune, Marie-Thérèse, 68 ans, préfère ne pas se montrer, mais accepte de témoigner. Elle a déposé sa première demande de logement social en 1993. Plus de 30 ans plus tard, elle vit toujours dans la même baraque en tôle. «Mo finn ranpli bann formiler, mo finn al biro, mo finn fer tou saki zot finn dir mwa. Mais nanye pann vini. Mo pe vieyi, mo zenou pe fermal, mo pa kapav mars bien e mo ankor pe viv dan sa lakaz antol-la. Kan lapli, dilo rantre partou. Mo ena 68 an. Kan mo pou gagn enn twa avan mo mor?»
Une lueur d'espoir : de Résidence La Ferme à Camélia
Si le tableau est sombre, quelques avancées méritent d'être saluées. Les anciens résidents précaires de Résidence La Ferme, à Bambous, ont récemment obtenu un logement à Camélia, Bambous – une transition que l'ONG accueille avec soulagement.
Mais Gérard Mongelard insiste : l'attribution d'un logement n'est pas une fin en soi. «Il est très important de faire un suivi avec ces personnes, surtout un suivi psychologique, car plusieurs d'entre elles ont vécu des traumatismes, sans toit ni eau ni électricité.» Les membres de Drwa a enn lakaz s'impliquent ainsi activement dans l'accompagnement post-relogement de ces familles, conscients que la reconstruction d'une vie stable va bien au-delà des quatre murs d'une maison.
Un appel aux autorités
L'ONG appelle le gouvernement à accélérer le traitement des dossiers en attente, à améliorer les conditions de vie dans les zones précaires et à mettre en place un véritable programme d'accompagnement social et psychologique pour les familles relogées. Le droit à un toit digne n'est pas un privilège – c'est un droit fondamental.
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