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Santé – syndicat

Plaidoyer pour plus de personnel et une meilleure administration

14 septembre 2025, 14:00

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Plaidoyer pour plus de personnel et une meilleure administration

La MHEU estime que les difficultés du système de santé peuvent être surmontées grâce au dialogue et à de nouveaux recrutements.

La Ministry of Health Employees Union (MHEU) a tenu une conférence de presse ce vendredi, au siège de la FCSOU à Port-Louis, pour réagir à la polémique qui secoue actuellement le secteur de la santé. Au cœur des critiques : les récentes déclarations du ministre Anil Bachoo lors de ses visites dans les hôpitaux. Pour le président de la MHEU, Amarjeet Seetohul, ces propos à tort mettent en cause le personnel médical et révèlent surtout un manque criant de dialogue social.

Le ministre avait évoqué des problèmes d’«indiscipline» dans certains établissements : employés absents de leur poste, d’autres aperçus en train de «manger et boire» pendant leurs heures de travail. Des déclarations jugées «inacceptables» par le syndicat. «Mais est-ce que cela n’existe que dans le secteur de la santé ?», a lancé Amarjeet Seetohul. «Des lois existent déjà pour sanctionner ces comportements. Pourquoi l’administration hospitalière ne prend-elle pas les mesures appropriées si de tels cas sont avérés ?»

Selon lui, le ministre s’attaque à la base au lieu de regarder plus haut dans la hiérarchie. «Dans un hôpital, il y a un Regional Health Service Administrator et un Regional Nursing Administrator. Ce sont eux qui doivent être au courant des problèmes et agir. Ce n’est pas au ministre de se déplacer pour jouer au gendarme.»

Pour la MHEU, les incidents dénoncés sont en réalité les symptômes d’un dysfonctionnement plus global. «Quand on recense des problèmes à la base, c’est qu’il y a une faille au sommet de la pyramide. C’est le management qui doit être redressé», insiste le président.

Il regrette en outre que ces déclarations aient été «largement commentées sur les réseaux sociaux», ternissant l’image du secteur. «Nous travaillons dur pour consolider la réputation de nos hôpitaux. Et voilà que le ministre jette l’opprobre sur tout le personnel. Quelle image donne-ton à l’international ? Cela va-til encourager les investisseurs à miser sur la santé à Maurice ?»

Un manque d’effectif

Au-delà des questions de communication, c’est le manque d’effectif qui, selon la MHEU, demeure le véritable nœud du problème. «Le ministre dit que nous avons les meilleurs équipements, mais sans personnel, comment assurer un service de qualité ?», s’interroge Amarjeet Seetohul.

Le syndicat propose une solution pragmatique : former rapidement des aides-soignants pour épauler les infirmiers. «En un an, ils peuvent être opérationnels, car ils connaissent déjà le terrain. Il faut trois ans pour former un infirmier. Pendant ce temps, le personnel croule sous la charge, le burn-out s’installe, et personne ne s’occupe de son bien-être.»

Pour le président de la MHEU, la responsabilité du ministre est claire : dialoguer. «Depuis son arrivée au ministère, cela fait plus de neuf mois que nous sollicitons une rencontre. Rien n’a été fait. Si le ministre avait pris le temps de nous écouter, beaucoup de problèmes auraient déjà trouvé une solution.»

Le syndicat estime que l’absence de concertation crée un climat de défiance inutile et bloque toute réforme constructive. «Le management doit jouer son rôle, mais le ministre doit aussi respecter les procédures et donner la parole aux syndicats. Les travailleurs de la santé sont fatigués, épuisés, et méritent reconnaissance et soutien, pas des accusations.»

Pour la MHEU, l’urgence est double : d’une part, améliorer les conditions de travail du personnel afin de garantir un meilleur service aux patients ; d’autre part, instaurer une relation de confiance avec le ministère. «Nous sommes ouverts au dialogue. Mais il faut que le ministre prenne ses responsabilités et nous accorde enfin une oreille attentive.»

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