Publicité

Enseignement supérieur

Open University : quand les copies corrigées déclenchent la tempête

25 septembre 2025, 15:30

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Open University : quand les copies corrigées déclenchent la tempête

■ L’Open University a été secouée par des propos tenus sur les réseaux sociaux visant une chargée de cours.

Un vent de contestation souffle sur l’Open University. Depuis la proclamation des résultats d’examens, lundi dernier, une polémique enfle autour d’une chargée de cours, accusée par certains étudiants de pénaliser injustement leurs performances universitaires. L’affaire, qui a trouvé un écho jusqu’aux réseaux sociaux, suscite des remous dans le milieu de l’enseignement supérieur et a poussé le ministre Kaviraj Sukon à envisager l’ouverture d’une enquête.

À l’origine de cette controverse, un post Facebook publié par un internaute qui affirme être le porteparole d’un groupe d’étudiants du programme BA French (Hons). Sous la bannière Cohort 4 – Year 2, ils dénoncent ce qu’ils qualifient de méthodes de correction discriminatoires et désobligeantes. Selon eux, les résultats obtenus lors des récents examens ne reflètent pas leur travail, mais la sévérité de leur chargée de cours, qui aurait attribué «uniquement de mauvaises notes» menant à des échecs en cascade.

Dans une lettre adressée dès avril au ministre de l’Enseignement supérieur, ancien directeur de l’institution, ces étudiants exprimaient déjà leur frustration. Ils y soulignaient qu’au module anglais langue vivante de 2024, toute la classe avait échoué, à l’exception d’un étudiant décédé tragiquement avant de recevoir ses résultats. «Leur retrait du cours n’était pas volontaire, mais motivé par la peur d’échecs répétés et un manque de confiance dans l’équité de l’évaluation», écrivaient-ils.

Les griefs vont au-delà des notes. Dans leur lettre, les étudiants reprochent également à la chargée de cours de s’écarter régulièrement du contenu prescrit, créant un climat «personnel et incohérent plutôt qu’académiquement rigoureux». Ils demandent au ministère de diligenter une enquête indépendante sur ses méthodes, de revoir ses cours enregistrés et même de lui retirer la coordination du programme.

?La chargée de cours se défend

Face à ces accusations, l’enseignante concernée dément fermement. Contactée, elle dit ne pas comprendre cet «acharnement» qui dépasse le cadre universitaire, et qui se répand désormais sur les réseaux sociaux. Elle affirme avoir reçu un courriel d’étudiants de la même Cohort 4, précisant que ce n’étaient pas eux qui avaient rédigé la lettre adressée au ministre et qu’ils s’en dissociaient.

«Depuis l’annonce des résultats, je fais face à un déferlement de haine. Pourtant, je n’ai jamais été officiellement informée de la plainte en avril. En tant que coordinatrice du département, j’aurais dû l’être», expliquet-elle.Elle regrette que les étudiants n’aient pas choisi le dialogue direct : «Mes élèves savent que ma porte est ouverte. J’ai toujours dit qu’en cas de problème, ils pouvaient venir m’en parler.»

Elle insiste également sur le fait qu’elle n’est pas seule à avoir attribué des notes faibles. «Un external examiner de l’Université de Cape Town a également eu un droit de regard sur ces épreuves. Si un doute existe, nous en discutons ensemble.»

?Dix ans d’expérience…

Cette enseignante, qui cumule une décennie d’expérience à l’Open University, assure n’avoir jamais été confrontée à ce type d’accusations auparavant. Elle évoque même une ancienne étudiante parmi celles qui l’attaquent aujourd’hui sur Facebook : «Elle avait déjà pour habitude de contester ses résultats.»

Selon elle, certains extraits de cours auraient été sortis de leur contexte et montés pour alimenter la polémique. «Dans une classe de littérature, les échanges sont parfois très personnels. Cela ne signifie pas qu’ils soient discriminatoires ou déplacés.»

Elle se dit blessée par les accusations de racisme qui circulent sur les réseaux. «Je n’ai jamais insulté mes étudiants; je ne suis pas raciste. C’est malheureux de me voir réduite à cette image.»

De son côté, le ministre de l’Enseignement supérieur, Kaviraj Sukon, n’a pas tardé à réagir. Bien que la lettre des étudiants date d’avril, l’affaire a pris une dimension nouvelle depuis sa médiatisation sur les réseaux sociaux. Le ministre a fait savoir qu’une enquête indépendante pourrait être ouverte afin de vérifier les allégations portées contre la chargée de cours.

L’attention sera particulièrement portée sur les accusations de racisme, jugées graves et susceptibles de ternir l’image de l’établissement supérieur.

Publicité