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Chagos
Navin Ramgoolam réclame des avancées concrètes d’ici décembre
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Navin Ramgoolam réclame des avancées concrètes d’ici décembre
■ Navin Ramgoolam a insisté auprès d’Andy Burnham sur l’urgence de faire avancer le dossier des Chagos et d’établir une feuille de route claire.
Le dossier des Chagos demeure au centre des priorités diplomatiques de Maurice. En marge du 28ᵉ Sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth (CHOGM), qui s’est tenu du 1ᵉʳ au 4 novembre à St John’s, à Antigua-et-Barbuda, le Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, a eu un entretien en tête-à-tête avec son homologue britannique, Andy Burnham. Les deux dirigeants ont convenu de travailler à l’élaboration d’un plan commun afin d’enregistrer de nouveaux progrès sur ce dossier d’ici à la fin de l’année.
C’est ce qui ressort d’un communiqué du Prime Minister’s Office, d’hier, faisant le bilan de la participation du chef du gouvernement mauricien au sommet du Commonwealth. Cette rencontre, organisée en marge du Leaders’ Retreat, une réunion à huis clos entre les chefs de gouvernement, a été qualifiée de «franche et productive». Elle a permis aux deux PM de faire le point sur les progrès réalisés et les perspectives d’avancement du dossier des Chagos.
Au cours des discussions, Andy Burnham a réaffirmé son engagement à travailler avec Maurice et les ÉtatsUnis afin de parvenir à une solution permettant d’assurer la continuité des opérations de la base militaire de Diego Garcia, tout en préservant les intérêts de sécurité nationale des trois pays.
Navin et Veena Ramgoolam au bal du Commonwealth.
De son côté, Navin Ramgoolam a souligné l’urgence de ce dossier pour le peuple mauricien. Il a insisté sur la nécessité d’établir une feuille de route claire, avec une première échéance fixée à décembre 2026. Les deux dirigeants se sont ainsi accordés sur l’élaboration d’un plan commun pour permettre de nouvelles avancées avant la fin de l’année.
Maurice dit non à un sommet aux Maldives
La question des Chagos a également suscité un débat de plus d’une heure lors du Leaders’ Retreat. Navin Ramgoolam a fermement exprimé son opposition à la perspective de voir les Maldives accueillir la prochaine édition du CHOGM, compte tenu de la position de ce pays sur le statut de l’archipel des Chagos et de ses revendications territoriales.
Le PM a fait valoir qu’un pays contestant la souveraineté de Maurice, et dont la position va à l’encontre du droit international, ne saurait prétendre accueillir un sommet du Commonwealth. Il a rappelé que les principes de cette organisation reposent notamment sur le respect de la souveraineté des États et de leur intégrité territoriale.
Cette prise de position a donné lieu à un débat approfondi entre les chefs de gouvernement. Navin Ramgoolam a réaffirmé que la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos est établie et que le pays entend continuer à défendre ses droits avec détermination.
Après sa participation au sommet du Commonwealth, Navin Ramgoolam doit poursuivre ses consultations à Londres, où plusieurs rencontres de travail sont prévues sur des dossiers d’intérêt national.
Le PM doit rencontrer les conseillers juridiques britanniques travaillant sur le dossier des Chagos. Cette réunion permettra de faire le point sur les derniers développements et d’examiner les prochaines étapes.
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Un référendum qui fait du bruit à Westminster
Au Parlement britannique, Londres a reconnu que les arrangements actuels avec Maurice n’obtiendront pas le feu vert de Washington. Les négociations se poursuivent néanmoins entre les trois capitales, avec une priorité pour le gouvernement britannique : garantir l’avenir de la base militaire stratégique de Diego Garcia. Cette position a été exprimée le mardi 27 octobre à la Chambre des communes par le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband. Interrogé par le conservateur Tom Tugendhat, il a réaffirmé que la protection de Diego Garcia demeure une priorité pour Londres.
Cet échange intervient après le débat du vendredi 23 octobre à la Chambre des Lords sur une proposition de loi de Lord Weir of Ballyholme, membre du Parti unioniste démocrate nord-irlandais. Déposé en juin, ce texte vise à encadrer tout transfert de souveraineté sur l’archipel. Il exige une loi du Parlement britannique et un référendum auprès des Chagossiens. Il prévoit également le maintien de la souveraineté britannique sur Diego Garcia et des droits de réinstallation à l’île du Coin et à l’île Boddam.
Le gouvernement britannique s’est toutefois opposé à cette initiative. La baronne Rosie Winterton a rejeté l’exigence d’un référendum, estimant que la conclusion d’un traité relève de la sécurité nationale. Elle a défendu la nécessité d’un accord garantissant durablement les opérations militaires à Diego Garcia, tout en assurant que les consultations avec les représentants chagossiens se poursuivent.
Malgré cette opposition, la proposition a franchi la deuxième lecture, sans vote, conformément aux pratiques de la Chambre des Lords. Son examen en commission reste à programmer.
Selon une source proche du dossier, cette initiative a peu de chances d’aboutir. Elle rappelle que le droit à l’autodétermination appartient au peuple mauricien, Chagos compris, dans les frontières existant au moment de la décolonisation. La source évoque l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice de 2019 et le soutien de 116 pays aux Nations unies, rappelant que la séparation des Chagos en 1965 n’avait pas reposé sur la volonté libre et authentique du peuple mauricien.
Elle conteste ainsi la légitimité d’un référendum organisé par Londres auprès d’une communauté chagossienne dispersée après sa déportation. Sur le plan parlementaire, plusieurs obstacles subsistent. Le texte doit encore franchir trois étapes aux Lords, puis cinq aux Communes, où il nécessiterait un député parrain, du temps parlementaire et, pour certaines dépenses, une résolution financière gouvernementale.
La source rappelle qu’en janvier, le speaker avait déjà écarté un amendement référendaire des Lords pour des raisons financières. Elle souligne également que le gouvernement élu du British Indian Ocean Territory, évoqué dans la proposition, n’existe pas, le territoire ne disposant ni d’électeurs ni d’assemblée.
Face à la large majorité travailliste, cette initiative aurait donc peu de chances de devenir une loi. Pour cette source, «le vrai dossier se joue entre Londres et Washington, pas dans la Chambre non élue des Lords».
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Justice réparatrice : L’histoire de l’océan Indien prise en compte
Lors du sommet du Commonwealth, Navin Ramgoolam est intervenu pour que les discussions sur la justice réparatrice intègrent également la traite esclavagiste dans l’océan Indien et le système des travailleurs engagés. Le PM a souligné que cette réflexion ne devait pas se limiter à la traite transatlantique, mais reconnaître aussi les expériences historiques des peuples de l’océan Indien, dont celles de Maurice.
Son intervention, soutenue par la PM de la Barbade, Mia Mottley, a permis l’intégration de ces deux dimensions aux discussions sur la justice réparatrice au sein du Commonwealth. Cette démarche intervient après les déclarations du roi Charles III, qui a exprimé son horreur et sa profonde tristesse personnelle face à la traite transatlantique et à ses conséquences persistantes.
Les discussions du sommet ont également porté sur les partenariats économiques, les investissements, le commerce et la résilience climatique. Maurice a réaffirmé les préoccupations des petits États insulaires en développement, en particulier concernant le financement climatique, la vulnérabilité économique et l’accès aux ressources nécessaires à leur développement durable.
Plus de 500 millions de dollars américains ont été mobilisés sous forme de nouveaux engagements et partenariats, financiers et en nature, en faveur de plusieurs initiatives. Celles-ci concernent notamment les énergies renouvelables, la formation des jeunes, la transformation numérique, l’action climatique et les échanges commerciaux.
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Autres rendez-vous
⚫ Réforme électorale : rencontre avec Carol Harlow à Londres
Lors de son déplacement à Londres, Navin Ramgoolam doit rencontrer la professeure Carol Harlow, ancienne enseignante en droit constitutionnel et administratif à la London School of Economics.
Les échanges porteront sur les réformes constitutionnelles actuellement à l’étude à Maurice, notamment la réforme électorale.
⚫ Gestion de l’eau
Le PM doit également rencontrer des experts de l’Imperial College London afin d’échanger sur les enjeux liés à la gestion de l’eau.
Ces discussions permettront d’examiner les solutions et approches susceptibles de contribuer au renforcement de la sécurité hydrique de Maurice.
⚫ Forum de Paris sur la Paix
À l’issue de son séjour à Londres, Navin Ramgoolam se rendra à Paris pour participer au Forum de Paris sur la Paix, les 10 et 11 novembre.
Selon le PMO, le chef du gouvernement participera à cet événement à l’invitation personnelle du président de la République française, Emmanuel Macron.
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