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Navin Ramgoolam : «Cela relève de l’imagination, il n’existe aucun gang au PMO»

1 avril 2026, 12:00

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Navin Ramgoolam : «Cela relève de l’imagination, il n’existe aucun gang au PMO»

La séance parlementaire d’hier a été marquée par une Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition,Joe Lesjongard, adressée au Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam. Au cœur des échanges : composition, salaires et fonctions des conseillers attachés au bureau du Premier ministre (PMO) et au ministère des Finances, ainsi que les nominations dans les instances publiques.Une liste des conseillers a également été dévoilée.

Le chef du gouvernement a déposé à l’Assemblée nationale un document détaillant les informations demandées. Il en ressort que 18 Senior Advisers et Advisers sont actuellement rattachés au PMO, tandis que le ministère des Finances compte deux Senior Advisers et un Adviser. Parmi les personnes citées,Jean Désiré Gilbert Gnany, Chief Economic Adviser, perçoit un salaire mensuel deRs 300 000, et une allocation de Rs 50 000 (Voir tableau de la liste complète).

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Concernant la participation aux conseils d’administration d’organismes publics ou de sociétés d’État, le PM a précisé que seuls deux conseillers occupent de telles fonctions. Il s’agit de Rakesh Bhuckory, Chief of Staff et Senior Adviser, siégeant comme directeur de l’Economic Development Board (EDB) avec un board fee mensuel de Rs 40 000 depuis mars 2025; et de Takesh Luckho, président de la State Trading Corporation, bénéficiant d’une allocation mensuelle de Rs 44 250. Navin Ramgoolam a insisté sur le fait qu’il a donné desinstructions strictes pour limiter la présence des conseillers sur les boards, à l’exception de cas bien précis.

? Attaque frontale de l’ancien régime

Profitant de la PNQ, le PM a longuement comparé la situation actuelle avec celle du précédent gouvernement. Il a dénoncé ce qu’il qualifie d’abus systémique dans la nomination de conseillers à de multiples conseils d’administration. Il a notamment cité plusieurs cas, dont ceux de Nayen Kumar Ballah, Prakash Maunthrooa et Kreedeo Bheekharry, affirmant que certains conseillers cumulaient plusieurs sièges dans différents boards et comités et percevaient des revenus largement supérieurs à leurs salaires. Selon lui, certains ont ainsi touché des montants allant jusqu’à Rs 15 millions sur plusieurs années.

Navin Ramgoolam a également rappelé qu’entre 2015 et 2024, 31 conseillers étaient rattachés au PMO et 14 au ministère des Finances, contre des chiffres nettement inférieurs aujourd’hui. Il a conclu cette partie en affirmant qu’aucun autre nominé n’est actuellement rattaché à son bureau.

? «Chief of Staff», «gang des cinq»

Les échanges se sont intensifiés lors des questions supplémentaires. Interrogé sur les fonctions de son Chief of Staff, Rakesh Bhuckory, le PM a expliqué que ce dernier intervient dans l’analyse de projets publics, la résolution de problèmes et l’accompagnement des initiatives gouvernementales, tout en recevant également des doléances du public. Sur les critiques dont aurait fait l’objet Rakesh Bhuckory, Navin Ramgoolam a confirmé qu’elles émanaient de l’ancien Deputy Prime Minister (DPM), notamment sur une supposée interférence dans un vote lié à l’EDB. Quant à l’existence d’un supposé «gang des cinq», évoqué dans le débat politique, le PM a balayé ces allégations : «Cela relève de l’imagination. Il n’existe aucun gang.»

? Le cas Cahoolessur au centre des débats

Une partie importante de la PNQ a porté sur le cas de Radha Kumar Cahoolessur, dont le rôle au PMO a été questionné. Navin Ramgoolam a reconnu que ce dernier travaille dans son entourage, tout en admettant avoir rencontré des difficultés avec lui, évoquant desinterférences dans certains dossiers. Interrogé sur des allégations de corruption relayées par l’ancien DPM, il a indiqué que ces accusations seraient le fruit d’un malentendu, selon les explications du ministre concerné, Mahend Gungapersad. Une enquête policière est en cours, a-t-il précisé, tout en ajoutant qu’elle ne porte pas directement sur les faits allégués initialement, mais sur des éléments connexes impliquant la même personne.

Sur la question d’une éventuelle réduction de salaires des conseillers dans un contexte économique incertain, Navin Ramgoolam a indiqué que les rémunérations n’ont pas été augmentées depuis un certain temps, tout en soulignant que la situation actuelle n’a rien de comparable avec celle du passé. Il a insisté sur la politique de tolérance zéro face à la corruption, affirmant que le gouvernement reste vigilant et prêt à écarter toute personne impliquée dans des pratiques douteuses.

Enfin, interrogé sur l’accès de certaines personnes non conseillères à son bureau et leur influence potentielle, le PM a été catégorique : «Je prends mes propres décisions.» Il a toutefois confirmé que certaines personnes travaillant dans son entourage, dont Cahoolessur, peuvent accéder à des zones officielles, y compris lors d’événements protocolaires, dans le cadre de leurs fonctions.

La séance parlementaire d’hier a été ajournée au mardi 7 avril, à 11 h 30.

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