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Cinéma Local
«Mon Père» : recoller les morceaux d’une famille après un abandon
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«Mon Père» : recoller les morceaux d’une famille après un abandon
■ Le réalisateur Leslie Athanas et ses acteurs principaux, Tamara Herminette et Marcio Isnard.
Retrouvailles mouvementées entre une adolescente et son père, qui revient la chercher, après l’avoir confiée à un foyer. Un sujet traité avec sensibilité par Leslie Athanas. «Mon Père», son premier long métrage sort enfin en salles. Ce film 100% mauricien est à l’affiche au MCine Trianon ce soir à 18 heures et demain à 15h30.
Dans Mon Père, c’est la jeune fille que l’on suit. Ardemment. Carine, le personnage joué par Tamara Herminette, a un caractère bien trempé. Celui d’une adolescente qui retrouve son père, qui revient la chercher douze ans après l’avoir confiée à un foyer.
C’est entre les élans du cœur et les tempêtes de l’esprit que Leslie Athanas a positionné Mon Père. Le premier long métrage de ce réalisateur qui a une série de courtmétrages et de documentaires à son actif sort (enfin) en salles ce weekend. Mon Père est à l’affiche chez MCine Trianon ce soir à 18 heures et demain à 15h30. Question centrale du film : comment recoller les morceaux après le déchirement d’un abandon ?
Pour porter ce thème émouvant, le réalisateur Leslie Athanas a choisi une toute jeune actrice, Tamara Herminette. C’est la découverte du film. Elle avait 16 ans au moment du tournage. Elle a d’ailleurs vivement remercié ses parents de lui avoir permis de vivre cette expérience de cinéma et de l’avoir accompagnée durant l’aventure. «Leslie est un fou. À tel point que pour son premier long métrage, il a choisi une adolescente sans expérience et il s’est dit pourquoi pas ?» ironise Tamara Herminette. Reconnaissante, elle se souvient que durant le tournage, le réalisateur, «avait toujours un croissant et du jus dans sa voiture pour moi». Elle décrit le personnage de Carine comme, «la fille qui veut savoir qui elle est. Chacun d’entre nous pourra se reconnaître à divers moments du film.»
Émotion à fleur de peau
Son histoire de cinéma commence sur les réseaux sociaux. Début 2023, Tamara Herminette, benjamine d’une fratrie de trois enfants, est élève en Grade 10 à Pailles SSS. Elle tombe sur un post Instagram cherchant quelqu’un «avec ou sans expérience» de tournage. L’annonce ne précise pas si c’est pour un premier rôle ou un rôle secondaire. La jeune fille en parle à sa mère, qui l’encourage. Elle passe deux castings, «parce que Leslie hésitait. Il disait qu’on ne me connaissait pas, que ce serait compliqué».
Tamara Herminette est retenue. Place aux répétitions, avant le tournage. «À un moment donné, c’est devenu compliqué. Pas parce qu’on terminait le tournage aux petites heures du matin, mais parce que cela prenait sur le temps des devoirs, des leçons. Mais j’ai été bien entourée, ça a compensé.» Avant l’expérience de Mon Père, elle avait participé au 7 Day Challenge, concours organisé à l’époque par la Mauritius Film Development Corporation (MFDC), pour inciter les élèves du primaire à tenter l’aventure du cinéma. Cette année-là, Tamara Herminette était repartie avec le prix de Second best actress. Pour elle, se voir sur grand écran, c’était «incroyable. On se dit que l’on a fait de son mieux, que l’on a accompli un gros travail. C’est une belle récompense.»
Pleurer devant la caméra dans la scène la plus dramatique du film. Tamara Herminette ne cache pas qu’elle appréhendait le tournage de cette séquence. «Il fallait mettre beaucoup d’émotion dans cette scène. La refaire troisquatre fois, ce n’était pas facile.»
Le réalisateur, Leslie Athanas, a lui aussi abondamment remercié les parents de Tamara Herminette : «Quand je l’ai rencontrée, elle avait 16 ans. Les parents m’ont fait totalement confiance. Sur le plateau, en dehors de la maquilleuse, il n’y avait que des hommes. On tournait jusqu’à 2 heures du matin. Cette confiance des parents a été extraordinaire. Ce n’est pas donné à tout le monde.»
Cette intrigue lui a été inspirée par une «petite histoire que m’a raconté mon épouse. Celle d’un monsieur qui s’est retrouvé en difficulté après la mort de sa femme. Il ne parvenait plus à élever ses enfants. Il les a laissés en leur promettant de revenir les chercher un de ces jours. Il a fait des économies, a trouvé une maison et a récupéré ses enfants. Elle ne m’a raconté que ça.» De fil en aiguille, le réalisateur postule pour une subvention de la MFDC en partenariat avec l’Economic Development Board, ce qui lui permet de matérialiser son premier long métrage.
Marcio Isnard, premier rôle masculin, retient que durant le tournage de Mon Père, pour chaque scène, le réalisateur a «poussé nos émotions au-delà de ce que nous pensions possible. Certains jours ont été bien durs. C’est grâce à son regard précis et sensible que le film a pris cette dimension humaine, touchante et universelle».
Ce rôle a «profondément marqué» l’acteur. Celui de Marc, le père, lui a permis d’«explorer des émotions intenses. De me confronter à des situations qui m’ont parfois bouleversé, mais qui en fin de compte, m’ont permis de grandir à la fois en tant qu’acteur et qu’individu. Ce fut un véritable voyage intérieur, fait de moments de doute, de joie. C’est un rôle qui m’a rappelé à quel point le cinéma est un miroir de la vie».
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