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Société
Micropuçage des chiens : plus de temps, plus de souplesse
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Micropuçage des chiens : plus de temps, plus de souplesse
■ Les propriétaires ont jusqu’à juin 2026 pour faire implanter une micropuce à leur chien.
Nos amis les chiens n’ont jamais autant fait parler d’eux. Depuis plus d’une semaine, ils sont devenus, bien malgré eux, les vedettes des conversations. L’opération de micropuçage obligatoire, lancée par le ministère de l’Agroindustrie en collaboration avec la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW), a déclenché un véritable débat national – sur les réseaux sociaux, dans la rue et même à l’Assemblée nationale. Entre interrogations pratiques, préoccupations sociales et défense du bien-être animal, la mesure a pris une ampleur inédite.
Après les contestations initiales, le gouvernement a revu sa copie. Les propriétaires de chiens auront désormais jusqu’en juin 2026 pour se conformer à la loi. Et pour faciliter la démarche, le dispositif ne se limitera plus aux deux stations de la MSAW de Rose-Hill et de Plaine-Magnien. Les séances d’enregistrement et de pose de micropuces seront bientôt disponibles dans les postes de police, conseils municipaux, centres communautaires et village halls à travers l’île. Un calendrier national est d’ailleurs prévu du 13 octobre au 23 décembre.
Selon le ministère, cette décentralisation vise à promouvoir une gestion durable de la population canine, à encourager la responsabilité des propriétaires et à réduire la cruauté animale ainsi que les risques sanitaires liés aux chiens errants. En parallèle, des campagnes de stérilisation gratuites sont organisées, notamment pour les familles en difficulté. «Le gouvernement adopte une approche flexible et humaine», a souligné le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, à l’Assemblée nationale.
Sur le plan financier, une enveloppe de Rs 20 millions a été allouée à la MSAW pour la mise en œuvre du programme de stérilisation, de micropuçage et d’enregistrement. Le coût pour le public a été revu à la baisse : Rs 350 au lieu de Rs 500, montant incluant les frais vétérinaires. À ce jour, 971 chiens ont été enregistrés et micropucés.
Interpellé au Parlement par le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, ce dernier a toutefois soulevé une question sur la disponibilité des puces électroniques. Selon lui, le stock initial ne s’élèverait qu’à 15 000 unités, dont environ 1 000 seulement disponibles à la MSAW. En réponse, le ministre a indiqué qu’un nouvel appel d’offres serait lancé suivant l’avancement du programme. «L’exercice se fera progressivement, dans le respect des droits des citoyens», a-t-il assuré, rejetant toute idée d’application brutale de la loi.
Cette extension du délai et l’élargissement du dispositif semblent avoir apaisé les tensions. Pour les défenseurs des animaux, la mesure va dans le bon sens, à condition qu’elle s’accompagne d’une véritable campagne de sensibilisation. Plusieurs organisations non gouvernementales ont d’ailleurs été invitées à participer à des séances de dialogue avec la MSAW afin d’assurer transparence et collaboration sur le terrain.
Si la loi ne sera pas modifiée dans l’immédiat, la mise en œuvre progressive du programme marque une étape importante vers un meilleur encadrement de la population canine à Maurice. D’ici 2026, les autorités espèrent atteindre un double objectif : protéger les animaux tout en garantissant un environnement plus sûr pour la population.
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