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El Capo derrière les barreaux

Maurice alerte Interpol

31 octobre 2025, 06:45

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Maurice alerte Interpol

Arrivé à Maurice le 30 mai à bord du vol MK 239 avec un visa touristique de 15 jours, Brandon Rodrigues Senna, alias El Capo, aurait dû quitter l’île le 6 juin. Néanmoins, depuis cette date, il reste en situation irrégulière sans susciter l’inquiétude des autorités mauriciennes et sans l’intervention de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol). Installé dans une guesthouse à Mahébourg, il multiplie les frasques dans l’est de l’île et attire l’attention par ses activités controversées.

Selon nos informations, El Capo serait impliqué dans la vente de cocaïne à une clientèle haut de gamme et fréquenterait un groupe musical populaire à Batterie-Cassée. Mais ses agissements ne se limiteraient pas à la drogue: il est également soupçonné d’agressions et d’enlèvements, souvent liés à des conflits avec des clients ou des partenaires commerciaux qui n’auraient pas honoré leurs dettes. Ces faits ont conduit la police à lancer une enquête approfondie et déclencher l’alerte Interpol contre El Capo. Les autorités cherchent à comprendre comment il a pu entrer sur le territoire malgré l’absence de fiche à l’internationale.

L’objectif est également d’identifier toute personne ou organisation ayant pu faciliter sa présence illégale sur l’île. Cette affaire illustre la complexité des contrôles migratoires et l’importance de la coopération internationale pour traquer des individus impliqués dans des délits transnationaux. Elle souligne aussi la vigilance des forces de l’ordre mauriciennes face à des étrangers en situation irrégulière et potentiellement dangereux. Alors que son arrestation a été confirmée, la police continue de surveiller ses mouvements et ses éventuels complices. L’enquête pourrait révéler des ramifica tions plus larges dans le trafic de stupéfiants et des agressions à travers l’île, mettant en lumière la menace réelle qu’il représente pour la sécurité publique.


Le Guyanais qui défiait les autorités

Arrêté à Argy après plusieurs jours de provocation sur les réseaux sociaux, Brandon Rodrigues Sena, alias El Capo, s’était autoproclamé trafiquant intouchable. Depuis une semaine, son nom enflammait les réseaux sociaux. Un homme mystérieux, au fort accent guyanais qui se filmait sur Facebook et TikTok entouré d’armes, de liasses de billets et d’hommes masqués. Dans ses vidéos, il revendiquait être un trafiquant de drogue «intouchable», lançant des avertissements aux trafiquants mauriciens et promettant de «prendre le contrôle» du marché, sans crainte de la police. Il citait nommément les zones qu’il comptait «nettoyer»: Roche-Bois, Batterie-Cassée et Ste-Croix.

Mais en ce mercredi 29 octobre, sa fuite en avant a pris fin. Une opération musclée menée par les unités spéciales de la police a conduit à son arrestation à Argy, dans la région de Flacq. L’intervention, supervisée par le surintendant Babajee et l’inspecteur Seebnauth, s’est déroulée dans un climat de tension. Les enquêteurs avaient repéré une Mercedes Benz suspecte. À bord : El Capo, Jean Pierre Stephano Essoo, un habitant de Goodlands de 28 ans, et Jean Fabrice Gateau, un habitant de Grand-Gaube, âgé de 18 ans. Tous trois ont été maîtrisés sur place. Lors de la fouille du véhicule, les policiers ont découvert un sachet plastique contenant une poudre blanche. Questionné, El Capo aurait déclaré sans détour : «C’est de la cocaïne.» Les officiers ont également trouvé des couteaux de combat, un aiguiseur, deux capuches noires, et des gants noirs et rouges, soupçonnés d’avoir servi à la préparation d’un délit. Interrogé, le Guyanais a précisé : «C’est à moi. Je les utilise pour effrayer les gens.» lexp - 2025-10-31T101337.486.jpg Ses deux complices, Jean Pierre Stephano Essoo et Jean Fabrice Gateau.

L’arme factice qui apparaissait sur ses vidéos a aussi été saisie. Face aux policiers, il aurait admis : «C’est une fausse arme à feu ; je l’utilise pour faire peur.» Mais une autre phrase d’El Capo intrigue : «On a planifié pour séquestrer Darren.» Une confession directe, faisant référence à Darren Activiste, journaliste de Radio Mo Pep.

Quelques jours avant cette arrestation, Darren Activiste avait publié plusieurs vidéos évoquant les frasques d’El Capo et mettant en doute l’authenticité de certaines de ses séquences, notamment celle où l’on voyait un homme ligoté, identifié comme DJ Lenny. Il semble avoir déclenché la colère du Guyanais. Selon les propos de Darren, dans un live, El Capo et ses hommes se seraient présentés à son domicile pour le menacer. Ils lui auraient reproché de «mettre son nez dans des affaires qui ne le regardaient pas». Darren affirme avoir échappé à une agression grâce à l’intervention rapide de ses voisins, venus s’interposer. Ces menaces ont renforcé la conviction des enquêteurs : El Capo n’est pas qu’un personnage virtuel et ses agissements rappellent ceux d’un trafiquant sûr de son impunité.

Brandon Rodrigues Sena n’est pas non plus inconnu des autorités françaises. Selon La Nouvelle République et France Guyane, il avait été impliqué, en janvier 2022, dans une affaire de trafic de cocaïne à Poitiers. Soupçonné d’avoir organisé l’acheminement de plus de 11 kg de cocaïne depuis le Suriname jusqu’à Cayenne, en Guyane, il avait brièvement retrouvé la liberté à la suite d’un «bug judiciaire», avant d’être de nouveau incarcéré quelques mois plus tard. Son arrivée à Maurice, le 30 mai 2025, en provenance de La Réunion, a désormais une tout autre résonance. Les enquêteurs estiment qu’il aurait tenté de se réfugier sur l’île tout en continuant à entretenir ses contacts dans le trafic international.

Hier après-midi, El Capo et ses deux complices ont été traduits en cour de Flacq sous forte escorte policière. Des agents lourdement armés de la Special Support Unit ont encadré le transfert des trois hommes, sous le regard des badauds. Ils ont été reconduits en cellule policière à l’issue de l’audience, la liberté conditionnelle ayant été refusée. Le Guyanais est représenté par Me Irfaan Jadhakhan. Les trois suspects resteront en détention le temps que les analyses sur la substance saisie et les téléphones portables soient finalisées. Pour les enquêteurs de la Criminal Investigation Division, il s’agit désormais d’identifier ses contacts locaux et de comprendre s’il avait commencé à structurer un véritable réseau.

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