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Éducation

Mahend Gungapersad : «Notre société est malade, mais elle peut guérir par l’éducation»

2 novembre 2025, 12:00

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Mahend Gungapersad : «Notre société est malade, mais elle peut guérir par l’éducation»

La Government Services Employees Association (GSEA) a tenu, jeudi, un atelier de travail à l’Unity House à Beau-Bassin, autour du thème Bridging minds and navigating new frontiers. L’évènement, qui a réuni psychologues, travailleurs sociaux et éducateurs, visait à renforcer les compétences émotionnelles et sociales des professionnels du milieu éducatif. Le ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad, y a également participé, livrant un discours vibrant sur la santé mentale et les défis actuels auxquels font face les jeunes.

«La santé mentale est devenue un sujet essentiel, et nous devons redoubler de précaution», a souligné le ministre. Évoquant l’importance du lien familial, il a rappelé le rôle autrefois central de même que les grands-parents dans l’éducation et l’équilibre affectif des enfants. «Aujourd’hui, on offre de l’argent, des portables, tout ce qui est matériel, mais on oublie l’essentiel : le temps et la présence.» S’appuyant sur une anecdote vécue lorsqu’il était enseignant au MGI, Mahend Gungapersad a dénoncé la fracture familiale qui s’installe dans certaines maisons, tout en saluant le dévouement des psychologues et travailleurs sociaux qui, selon lui, «sacrifient souvent leur propre bien-être pour soutenir celui des enfants».

Le ministre s’est montré inquiet face à la montée de la violence et à la perte de repères dans la société. «Quand un travailleur social se fait agresser par un enfant qu’il essaie d’aider, c’est le signe que notre société est malade. Elle devient toxique. Cela me fait penser à Macbeth : ceux qui prétendent vouloir notre bien peuvent être nocifs, tandis que d’autres, qu’on croit méchants, nous font du bien.» Il a aussi déploré la glorification des trafiquants de drogue, désormais perçus par certains comme des héros.

Vigilance et compassion

Évoquant les drames récents liés à des suicides de jeunes, Mahend Gungapersad a lancé un appel à la vigilance et à la compassion. Il a raconté comment, par le passé, il avait réussi à dissuader une élève de commettre l’irréparable. «Les parents doivent se tourner vers des professionnels qualifiés, pas vers des croyances qui stigmatisent ou détournent le vrai problème», a-t-il insisté.

Le ministre a également annoncé que le Blue Print sur la réforme éducative serait présenté d’ici novembre, tout en assurant qu’aucune décision ne sera prise «contre les intérêts des enfants».

De son côté, Gheerishsing Gopaul, secrétaire général de la GSEA, a expliqué que l’objectif de cet atelier était d’habiliter les membres pour mieux encadrer les élèves. «Les jeunes font face à des pressions immenses, notamment à travers les réseaux sociaux. Nous devons être à leurs côtés pour les aider à surmonter leurs angoisses et prévenir les gestes irréparables », a-t-il déclaré.

Plusieurs spécialistes, dont le Dr Vandita Ladkoo de l’Université des Mascareignes et le Dr Karishma Ramdhonee Dowlot, psychologues cliniciennes pour enfants, ont partagé leurs réflexions sur les défis émotionnels et psychologiques auxquels est confrontée la jeunesse mauricienne. Les participants ont salué une journée enrichissante, marquée par un dialogue ouvert sur la nécessité d’un changement collectif pour reconstruire le tissu social.

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