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Reward Money

«L’ex-CP Dip a donné des memos originaux de paiements à l’ACP Gangadin et ils sont intraçables», selon la FCC

25 septembre 2025, 06:00

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«L’ex-CP Dip a donné des memos originaux de paiements à l’ACP Gangadin et ils sont intraçables», selon la FCC

Anil Kumar Dip à la cour de district de Port-Louis hier.

La Financial Crime Commission (FCC) s’est fermement opposée à la remise en liberté de l’ancien commissaire de police (CP), Anil Kumar Dip, lors de sa comparution devant magistrat Prashant Bissoon à la cour de Port-Louis, hier. Sa motion de remise en liberté sous caution sera entendue le mardi 30 septembre à 13 heures. En attendant, les enquêteurs poursuivent activement leurs recherches pour retrouver les documents originaux, essentiels à l’enquête.

Selon les éléments présentés par l’enquêteur principal de la FCC, Rajoo Naiken, Anil Kumar Dip aurait transmis des mémos de paiements originaux à l’assistant commissaire de police (ACP) Dunraz Gangadin, mais ces documents sont aujourd’hui introuvables. «Il s’agit de vouchers liés au Reward Money, destiné à rémunérer certains informateurs de la police», a précisé l’enquêteur. Il a affirmé qu’il lui faudra au plus une semaine pour tenter de retrouver ces documents disparus. Les recherches se poursuivent au quartier général de la police, mais jusqu’ici, les mémos sont «intraçables».

Arrivée en cour sous tension

L’arrivée d’Anil Kumar Dip au tribunal n’est pas passée inaperçue. Plusieurs personnes étaient présentes pour exprimer leur colère. Des femmes dans la foule ont crié à son encontre : «Voler! Voler!» Parmi les manifestants se trouvait Shameem Korimbocus, qui ne s’est pas privé de lancer : «To pa onte? To manz papie inportan.» L’activiste Raouf Khodabocus était également présent, tenant une pancarte rappelant les erreurs présumées de Dip dans l’affaire Moustass Leaks, portant les mots «Chat ke Laal». À ses côtés, Bruneau Laurette et Yvann Bibi ont exprimé leur indignation et ont demandé que l’enquête aille plus loin pour percer le mystère entourant le Reward Money.

Documents disparus

Les avocats de la FCC, Mes Trishul Naga et Gheerish Bundhoo, ont soutenu que la remise en liberté d’Anil Kumar Dip pourrait nuire à l’enquête en cours, notamment en raison du risque d’interférence avec les témoins. Me Naga a insisté sur le fait que les documents disparus sont essentiels, car ils concernent des paiements effectués dans le cadre de l’enquête. Il a aussi précisé que seules des copies de ces mémos avaient été reçues jusqu’à présent. Le magistrat a interrogé l’enquêteur sur le nombre de témoins à entendre. Ce dernier a indiqué qu’au moins cinq policiers devront être interrogés et qu’à ce stade, un seul statement de l’accusé avait été fait. Traitement médical

Du côté de la défense, Me Ivan Collendavelloo, l’avocat de l’ex-CP Dip, n’a pas interrogé l’enquêteur sur les documents disparus, précisant qu’il attend les instructions de son client. Il a toutefois soumis deux motions : la première pour que son client puisse consulter un médecin, en raison de problèmes de santé, et la seconde pour adapter son régime alimentaire pendant sa détention. Il a également déposé une demande de modification d’un ordre de restriction (variation order) afin de permettre à son client de voyager si nécessaire. Le magistrat a répondu que tant que l’enquête est en cours, il préfère que ce type de demande soit traité en cour au cours de l’affaire


Près de Rs 198 millions de primes sous enquête

L’ancien commissaire de police (CP), Anil Kumarsing Dip, est désormais au cœur d’un vaste scandale financier impliquant l’utilisation présumée abusive de fonds publics. Deux chefs d’accusation ont été formellement retenus contre lui devant la cour de district de Port-Louis Sud, selon des documents officiels rendus publics.

Les faits portent sur des paiements massifs effectués sous sa supervision directe, entre 2022 et 2024, au profit de présumés informateurs dans le cadre d’unités spéciales de la police. En tout, près de Rs 198 millions auraient été versées de manière illégale et systématique sous forme de Reward Money.

Deux chefs d’accusation pour gratification illégale

Chef d’accusation n° 1 :

Selon l’acte d’accusation, entre mai 2022 et mars 2024, Anil Kumar Dip, alors CP, aurait volontairement et illégalement utilisé sa fonction pour autoriser des paiements excessifs de primes de récompense à des informateurs présumés.

Ces paiements auraient été réalisés au sein de trois unités de police créées ou supervisées directement par lui : ? La Police Headquarters Special Striking Team (PHQ SST) ? La Force Crime Intelligence Unit (FCIU) ? La Special Supporting Unit Intelligence Cell (SSUIC) Montant du préjudice : Rs 132 269 500

Chef d’accusation n° 2 :

Une seconde période d’infraction a été relevée entre juin 2024 et octobre 2024, avec un schéma similaire : approbation de paiements de Reward Money de façon non conforme et injustifiée. Montant de ce second surpaiement : Rs 66 119 700

Un schéma jugé systématique et volontaire

La Financial Crimes Commission (FCC) a trouvé que ces paiements ont été approuvés de manière délibérée, répétée et sans contrôle suffisant, en violation directe de la section 22 du Prevention of Corruption Act 2002 et de la section 7 du Financial Crimes Commission Act 2023.

L’enquête menée par la FCC mentionne également des documents manquants, notamment des mémos de paiement originaux, qui seraient aujourd’hui intraçables.

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