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Santé
Les nouveaux visages du dévouement : 300 aspirants infirmiers prêts à servir
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Les nouveaux visages du dévouement : 300 aspirants infirmiers prêts à servir
■ Des aspirants infirmiers prêts à en découdre dans ce métier exigeant : Benista Ramgoolam, Bhoomy Kushi Rughoobauth et Hans Muddy. (Photos: © Dev Ramkhelawon)
Cela a été un grand jour pour ces futurs soignants, réunis ce mercredi 22 octobre au Lecture Theatre du Rabindranath Tagore Institute, à l’occasion de la cérémonie d’intégration. Une nouvelle génération d’hommes et de femmes s’engage avec passion dans le service public de la santé. Ils sont au total 300. Pleins d’énergie, de rêves et de courage, ces jeunes aspirants infirmiers entament une formation de trois ans avant de rejoindre les hôpitaux et les centres publics de l’île. Leur motivation : servir, soigner et faire la différence dans la vie des autres.
Cet événement a officiellement a marqué leur entrée dans une profession exigeante, mais profondément humaine. Conscients des défis du métier, ces jeunes savent qu’il leur faudra patience, dévouement et empathie. Mais ils sont prêts à relever le défi. Pour Benista Ramgoolam, la vocation est née très tôt. En rendant visite à ses parents hospitalisés, elle a été touchée par la compassion des infirmières. «J’ai toujours admiré ces femmes qui, avec respect et humanité, apportaient du réconfort à mes proches.» Après des études au Polytechnics Mauritius, elle a choisi sans hésitation le secteur public. «J’ai refusé de travailler dans le privé pour servir dans le public. Je sais que la route sera longue, mais je ferai tout pour devenir une infirmière accomplie.»
Même passion du côté de Bhoomy Kushi Rughoobauth, qui découvre déjà la réalité du terrain à l’hôpital sir Seewoosagur Ramgoolam. «C’est vraiment ma passion. Ce métier ne se fait pas seul ; c’est un travail d’équipe avant tout. Les senior nurses nous encadrent énormément et nous poussent à apprendre davantage. Le premier contact avec les patients est un moment que je n’oublierai jamais.» Pour Hans Muddy, ce métier est aussi une affaire de famille. Fils d’un Charge Nurse à l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, il perpétue une belle tradition. «Travailler dans le secteur public offre de vraies opportunités. Le public est exigeant, mais c’est aussi ce qui nous pousse à donner le meilleur.»
Tous partagent une même conviction : ces trois prochaines années seront exigeantes, mais leur motivation est inébranlable. Avec le cœur, la rigueur et le sens du service, ces jeunes aspirants représentent l’avenir d’une profession où l’humain demeure au centre de tout.
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Anil Bachoo : «Redonner ses lettres de noblesse au métier d’infirmier»
Le ministre de la Santé, Anil Bachoo, a tenu un discours empreint d’émotion et de détermination lors de la cérémonie d’intégration des nouveaux aspirants infirmiers. Il a rappelé que ce métier, souvent exercé dans l’ombre, constitue pourtant le pilier du système de santé. «Ce métier, c’est avant tout apporter un soutien aux gens, établir une connexion avec eux. L’empathie, la gentillesse et la compassion sont essentielles», a-t-il souligné, invitant les futurs soignants à incarner ces valeurs.
■ Ils ont été nombreux à écouter les paroles d’encouragements du ministre Anil Bachoo.
Anil Bachoo a également annoncé un vaste plan de recrutement: 1 000 aspirants infirmiers rejoindront la formation cette année, 500 en 2026 et 200 en 2027. «Et s’il faut encore recruter, ce sera sans problème», a-t-il assuré, rappelant qu’entre 2014 et 2019, seuls 182 Nursing Officers avaient été embauchés. Les nouvelles recrues bénéficieront d’un «intense course», combinant théorie et pratique sur le terrain hospitalier. Le ministre a par ailleurs confirmé le retour sous contrat de plusieurs infirmiers retraités afin de pallier le manque d’expérience dans les services. «Un jeune sortant du collège ne peut pas immédiatement prendre en charge un patient. Les anciens apportent cette expérience indispensable», a-t-il justifié. Dans la même logique, une centaine de médecins seront recrutés sur une base contractuelle via la Public Service Commission, tandis que le ministère s’efforce d’attirer davantage de spécialistes.
Reconnaissant les manquements du passé – «beaucoup de bâtiments, mais peu d’équipements spécialisés» –, Anil Bachoo a affirmé vouloir redonner ses lettres de noblesse au métier d’infirmier. «J’ai peut-être été dur, mais c’est parce que j’ai à cœur le bien-être des patients», a-t-il lancé, annonçant aussi le recrutement prochain d’aides-soignants. Face aux critiques syndicales sur le recrutement des retraités, il a répliqué sans détour : «Si par le passé, on avait correctement formé des infirmiers, on n’en serait pas là. Il ne suffit pas de critiquer ; il faut agir.»
Des dettes colossales laissées par l’ancien gouvernement
Anil Bachoo a révélé l’ampleur des dettes héritées de l’ancien gouvernement, notamment envers plusieurs hôpitaux étrangers. «Depuis 2018-2019, des patients ont été envoyés à l’étranger pour des traitements, mais à ce jour, les paiements n’ont pas été effectués», a-t-il déclaré. Le ministère doit ainsi près de Rs 50 millions à deux hôpitaux et la même chose à l’Apollo de Bombay. À cela s’ajoute une ardoise d’environ Rs 1,2 milliard liée aux heures supplémentaires du personnel. «Nous réglons ces dettes petit à petit. Redresser dix ans de mauvaise gestion ne se fait pas du jour au lendemain», a insisté le ministre, soulignant la nécessité de préserver des fonds pour les soins actuels. Environ 350 patients ont déjà été envoyés à l’étranger, un chiffre qui pourrait atteindre 500 d’ici la fin de l’année. Anil Bachoo s’est néanmoins dit satisfait du travail des médecins du secteur public.
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