Publicité
«10 ti zistwar pou lir dan aswar»
Les fabuleux récits de l’imaginaire d’un enfant
Par
Partager cet article
«10 ti zistwar pou lir dan aswar»
Les fabuleux récits de l’imaginaire d’un enfant
Avec Madam Soley, Plouf Pwason ou encore Pardesi Mazik, Raphaël Cicéron explore dans son livre et à travers ses mots, le réalisme magique. Impressionnant, déjà que c’est écrit en Kreol Morisien, mais encore plus quand on apprend que Raphaël n’a que 8 ans.
Ce nouvel auteur, très jeune, nommé David Ricardo Raphaël Cicéron, fait une entrée fracassante dans le paysage littéraire mauricien. Élève de la Grade 3 à l’école Notre Dame de Lourdes RCA, il a lancé ce lundi ce tout premier ouvrage : 10 Ti Zistwar pou lir dan aswar, écrit entièrement en Kreol Morisien.
Passionné de lecture et d’écriture, le jeune Rodriguais s’est découvert un véritable amour pour la langue après son arrivée à Maurice en janvier dernier. Ses cahiers se sont rapidement remplis de phrases recopiées, de traductions et d’histoires inventées, jusqu’à aboutir à ce recueil de contes, nourris de ses rêves, de son quotidien et des personnes qui l’entourent : «J’aime trop écrire en créole», confie-t-il avec un sourire. «…quand Papa ne comprend pas un mot, c’est moi qui lui explique.»
Inspiré par le festival Avrilivre et par son auteur préféré Michel Ducasse, Raphaël dédie son livre à sa professeure de Kreol Morisien, Miss Cédrine Bouvery. Les exemplaires, vendus à Rs 200, permettront de financer la publication d’un autre enfant auteur.

Le lancement de 10 Ti Zistwar pou lir dan aswar s’est tenu au siège de l’Institut Cardinal Jean Margeot (ICJM), à Rose-Hill. Ce n’était pas simplement la parution d’un recueil. C’était la naissance d’une voix – devant les regards de ses camarades de classe, de ses proches, et aussi des représentants du monde des arts et de la culture à Maurice…
Un enfant qui choisit le Kreol Morisien comme langue d’expression, qui ose transfigurer ses rêves et ses conversations en récits littéraires. Ses textes, empreints de fantaisie et d’oralité, rappellent la force des contes populaires tout en laissant entrevoir une imagination fertile, déjà capable d’inventer des univers où se côtoient le réel et le merveilleux. L’émotion était palpable lorsque Raphaël a lu quelques extraits de ses histoires, sous les regards émerveillés de ses camarades et la fierté évidente de sa famille.
Avec 10 Ti Zistwar pou lir dan aswar, c’est aussi le Kreol Morisien qui s’affirme comme langue littéraire à part entière. Longtemps cantonné à l’oralité, il devient ici le vecteur de l’imaginaire d’un enfant, preuve qu’il peut porter à la fois la fraîcheur de l’innocence et la densité poétique. La démarche des Éditions Leko, du SeDEC et de l’ICJM témoigne d’une volonté de donner une place réelle à la littérature enfantine en créole, en la liant à la formation des plus jeunes et à la démocratisation de la lecture.
Avec ce premier livre, Raphaël Cicéron ne signe pas seulement une prouesse. Il pose la première pierre d’un chemin d’auteur, révélant que la littérature, lorsqu’elle s’écrit dans la langue du cœur, n’attend ni l’âge ni l’expérience pour éclore.
Publicité
Publicité
Les plus récents