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Tensions autour du PRB
Les enseignants du privé manifestent à Beau-Bassin
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Tensions autour du PRB
Les enseignants du privé manifestent à Beau-Bassin
Manifestation pacifique des membres de l’UPSEE devant les locaux de la PSEA pour dénoncer les retards liés à l’implémentation du PRB et les conditions de travail. © Aurélio Prudence
Une manifestation pacifique s’est tenue le 31 mars devant les locaux de la Private Secondary Education Authority (PSEA), à Beau-Bassin, à l’initiative des membres de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE). En toile de fond : un profond mécontentement suscité par une circulaire, émise le 10 mars, portant sur l’implémentation du rapport du Pay Research Bureau (PRB) et annonçant que les réajustements salariaux ne pourront intervenir qu’à la fin du mois d’avril.
Pour les manifestants, cette décision est difficile à accepter, d’autant plus qu’elle semble, selon eux, aller à l’encontre des orientations annoncées par le Conseil des ministres concernant le paiement et l’ajustement des salaires. «C’est un mois de souffrance pour les enseignants du privé car ils devront attendre pour obtenir leurs droits», a affirmé Dain Jahajeeah, secrétaire de l’UPSEE. Il a également souligné l’impact concret de ce report sur le quotidien des enseignants, notamment pour la fête de Pâques. «Certains comptaient sur les arriérés pour faire face à leurs dépenses. Leurs plans sont désormais compromis», a-t-il regretté tout en déplorant l’absence de consultation préalable.
Le président de l’UPSEE, Arvind Bhojun, a pour sa part évoqué une série de dysfonctionnements plus larges affectant les employés du secteur privé de l’éducation. Il a notamment cité des retards dans le versement de prestations dues, que ce soit pour des enseignants retraités ou pour des familles en attente de paiements après un décès. «Les délais administratifs peuvent s’étendre sur plusieurs mois, ce qui porte préjudice aux concernés», a-t-il avancé. Des lenteurs ont également été relevées dans le traitement de certaines demandes, comme les prêts automobiles.
Autre point soulevé : les conditions de travail et d’emploi dans certains établissements privés. Selon l’UPSEE, les délais d’attente avant le premier salaire, ainsi que des écarts entre les heures travaillées et la rémunération perçue, pourraient décourager les jeunes à intégrer le secteur. Le syndicat a aussi évoqué des cas signalés de gestion interne jugée problématique ainsi que des plaintes restées sans suite auprès des autorités concernées.
Face à cette situation, l’UPSEE a appelé à une meilleure prise en compte des doléances des employés et a demandé une réforme structurelle, incluant notamment un rôle accru du ministère de l’Éducation en tant qu’employeur central. Une correspondance a également été adressée au Premier ministre pour solliciter une révision de la gouvernance de la PSEA.
Indiscipline scolaire : une spirale inquiétante qui dépasse les grilles des collèges
L’indiscipline dans les établissements scolaires prend une ampleur préoccupante à travers le pays. Si les écarts de conduite en milieu éducatif ne sont pas nouveaux, certaines situations récentes témoignent d’une escalade vers des formes de violence plus graves, s’étendant désormais au-delà des enceintes scolaires.
Un incident survenu dans le sud illustre cette dérive. Selon des faits rapportés, une altercation verbale entre élèves de deux collèges de garçons – l’un privé, l’autre relevant du secteur public – a dégénéré en bagarre dans un autobus individuel. À l’origine de la tension, un comportement jugé inapproprié d’un élève du collège d’État envers une passagère. Un élève de l’établissement privé, intervenu pour défendre cette dernière, aurait été pris à partie et agressé physiquement.
L’affaire, portée à l’attention du recteur du collège privé, a rapidement pris une tournure plus inquiétante. Alors que le parent de l’élève du collège d’Etat s’est présenté à la direction du collège, il lui aurait été conseillé de porter plainte auprès de la police. Parallèlement, des informations ont circulé selon lesquelles des élèves envisageaient de se regrouper après les heures de classe pour organiser des représailles.
Face à cette montée de tensions, le recteur a affirmé avoir sollicité l’intervention de la Brigade pour la protection de la famille afin de sensibiliser les élèves aux conséquences de tels actes. «Une volonté de vengeance semble s’installer », a-t-il déploré, tout en regrettant un manque de réactivité au niveau du management de l’établissement.
Plus largement, ce climat d’indiscipline inquiète. Des rumeurs ont même fait état de menaces visant des enseignants et des actes de vandalisme contre leurs biens. Par ailleurs, des cas de possession de substances illicites, notamment du cannabis, auraient été signalés sans qu’un suivi concret ne soit observé, selon les témoignages recueillis.
Conséquence directe : une baisse progressive du nombre d’élèves dans l’institution concernée. Certains parents, préoccupés par la sécurité et la gestion des incidents, choisiraient de retirer leurs enfants. Une situation qui soulève une question essentielle : face à ces dérives, tous les acteurs du système éducatif jouent-ils pleinement leur rôle?
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