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Saga Mamy Ravatomanga
Les déclarations de Nasser Osman Bheeky brouillent davantage les pistes
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Saga Mamy Ravatomanga
Les déclarations de Nasser Osman Bheeky brouillent davantage les pistes
Nasser Bheeky s’entretenant avec son avocat Me Ashley Hurhangee
Au cœur de l’affaire Mamy Ravatomanga, un nom revient avec insistance : Nasser Osman Bheeky, un pompier à la retraite, aujourd’hui poursuivi à titre provisoire pour entente délictueuse. Alors que la Financial Crimes Commission (FCC) s’emploie à démêler les fils d’un présumé trafic d’influence impliquant le businessman malgache et des personnalités locales, les déclarations du sexagénaire sèment davantage le doute qu’elles n’apportent de certitude.
Si les faits allégués se révélaient exacts, pourquoi Nasser Bheeky aurait-il pris le risque de présenter Mamy Ravatomanga à l’avocat et commissaire de la FCC, Me Junaid Fakim, alors qu’il connaissait la nature sensible des fonctions de ce dernier ? Était-il conscient du conflit d’intérêts potentiel de cette rencontre ? Et, surtout, pourquoi se trouverait-il au cœur d’un prétendu complot contre la FCC visant à influencer le cours de l’enquête alors que Mamy Ravatomanga fait justement l’objet d’une enquête ?
Selon l’avocate de Me Fakim, Me Urmila Boolell S.C, c’est bien Nasser Bheeky qui aurait sollicité une rencontre entre son client et l’homme d’affaires malgache. Si tel est le cas, l’ancien pompier aurait non seulement facilité une prise de contact risquée mais aussi porté atteinte à l’intégrité institutionnelle de la FCC. Ces éléments soulèvent une question essentielle : Nasser Bheeky a-t-il agi de sa propre initiative ou a-t-il été manipulé par un réseau cherchant à semer la confusion dans le dossier Ravatomanga ?
Selon la FCC, ce serait une machination de Nasser Bheeky pour discréditer l’enquête sur Mamy Ravatomanga afin qu’elle soit en faveur de ce dernier. Les enquêteurs se demandent également qui, si ce n’est pas Nasser Bheeky, aurait favorisé la rencontre avec Mamy Ravatomanga ?
Un téléphone vidé et pas de preuves produites en cour
Les enquêteurs de la FCC ont, par ailleurs, été intrigués par le comportement du sexagénaire lors de son interrogatoire. Invité en cour à dénoncer tout trafic d’influence, il aurait choisi de garder le silence et nié avoir effacé les données de son téléphone portable par un factory reset peu avant son départ pour l’étranger, le 24 octobre. «Si on n’a rien à cacher, pourquoi réinitialiser un téléphone ?» s’interrogent des sources proches du dossier.
Les enquêteurs notent également une coïncidence troublante : le jour de l’arrestation de Mamy Ravatomanga, Nasser Bheeky s’apprêtait à quitter le pays. De plus, sa présence chez Christian Thomas au cours d’une perquisition de la FCC chez ce dernier, n’a fait qu’épaissir le mystère sur ses véritables motivations et ses liens réels avec Mamy Ravatomanga.
Devant le tribunal de Port-Louis, mardi, Nasser Bheeky a maintenu ses accusations contre le directeur par intérim de la FCC, Titrudeo Sanjay Dawoodarry, qu’il accuse d’être impliqué dans un trafic d’influence.
Lors du contre-interrogatoire de Me Harivansh Jeeha, représentant la FCC, le prévenu a toutefois refusé de livrer des preuves concrètes, affirmant qu’il s’expliquerait «en dehors de la cour».
L’avocat de la défense, Me Ashley Hurhangee, a souligné l’absence de preuve prima facie (évidente), dénonçant une rancune institutionnelle contre son client.
La FCC, de son côté, s’oppose à toute libération sous caution, craignant que l’intéressé n’interfère avec des témoins ou ne manipule des preuves. La magistrate Chrisinta Chavrimootoo rendra sa décision demain.
Au-delà du sort judiciaire de Nasser Bheeky, une question subsiste : tente-t-il de détourner l’attention de l’enquête principale sur Mamy Ravatomanga ou cherche-t-il réellement à dénoncer un système d’influence interne à la FCC ?
Dans cette affaire, rumeurs, silences et effacements numériques s’entremêlent, et la nuance entre un lanceur d’alerte et un manipulateur est, pour l’heure, bien floue.
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