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Pôle anti-corruption malgache

Les aveux d’un détenu mauricien relancent l’affaire Wendip Appaya

6 octobre 2025, 06:00

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Les aveux d’un détenu mauricien relancent l’affaire Wendip Appaya

■ Le Malgache identifié par l’autorité malgache est un présumé un big boss du trafic.

Après l’arrestation de Wendip Appaya, figure centrale d’un vaste réseau soupçonné de blanchiment d’argent et de trafic de drogue entre Maurice et Madagascar, la Financial Crimes Commission (FCC) semble avoir franchi une nouvelle étape dans son enquête. Ce qui n’était au départ qu’une affaire de transactions suspectes pour blanchiment d’argent s’est transformé en un dossier explosif à dimension internationale.

L’enquête, toujours en cours, promet de révéler d’autres surprises. Mais une chose est certaine : les aveux d’un Mauricien incarcéré à Antananarivo depuis février 2025 ont ouvert une brèche dans le mur du silence. Le réseau, jusque-là tapi dans l’ombre, se voit désormais exposé et la FCC compte bien frapper fort pour en démanteler chaque maillon. Ces aveux ont été pris très au sérieux par les autorités mauriciennes.

Les révélations de ce détenu, jugées cohérentes et appuyées par des éléments matériels, ont conduit la FCC à rouvrir certaines pistes longtemps restées dormantes. Selon nos informations, l’homme aurait détaillé le fonctionnement du réseau et désigné plusieurs figures mauriciennes impliquées dans la logistique et le financement du trafic entre la Grande île et Maurice.

Le réseau aurait proposé rs 25 millions

Vendredi dernier , un tournant décisif a été franchi. Les représentants du Pôle AntiCorruption (PAC) malgache et le juge d’instruction se sont rendus dans la cellule du détenu pour recueillir une nouvelle déposition. Ce dernier a confirmé la présence d’un Mauricien, séjournant à Antananarivo du 25 au 27 janvier, qui aurait supervisé le comptage des colis de cocaïne dans un hôtel huppé de la capitale.

Ces éléments recoupent les observations des enquêteurs et laissent entrevoir une organisation bien plus vaste qu’initialement envisagé. Un nouvel élément, pour le moins troublant, vient s’ajouter à cette affaire déjà explosive. Selon des informations concordantes, ce suspect clé aurait reçu une offre vertigineuse – Rs 25 millions pour se taire et garantir la protection du réseau. L’homme aurait refusé catégoriquement cette proposition.

WhatsApp Image 2025-10-06 at 8.40.03 AM.jpgRemorquage du bateau en panne contenant les 60 kg de drogue à Fort-Dauphin, Madagascar par la police malgache.

Ses aveux ont aussi révélé la présence d’un Malgache identifié comme un acteur clé du réseau local appelé the Big Boss, chargé du conditionnement et de la distribution des cargaisons. Une connexion internationale qui renforce les soupçons de la FCC quant à l’existence d’un trafic transnational structuré et financé par des circuits parallèles de blanchiment. Les enquêteurs mauriciens disposent aussi désormais de preuves vidéo compromettantes.

Ces séquences, récemment diffusées, montrent un homme vêtu de pantoufles blanches dans le hall d’un hôtel de luxe à Antananarivo. Il y manipule des valises supposées contenir des colis de cocaïne, avant qu’elles ne soient discrètement emportées sur une moto. Ces images, bien que floues, confirment plusieurs éléments du témoignage du détenu et mettent en lumière une série d’anomalies dans la procédure de saisie officielle malgache.

À Maurice, la FCC avance prudemment mais avec détermination. Elle sollicitera l’assistance judiciaire du PAC malgache pour obtenir les enregistrements vidéo et les transcriptions des interrogatoires. Elle s’apprête aussi à lancer bientôt plusieurs perquisitions simultanées dans les semaines à venir ciblant des propriétés et entreprises appartenant aux individus cités dans la déposition du détenu. Considérés comme des «bras droits» de Wendip Appaya, ils auraient géré les opérations de façade à Maurice : transferts de fonds, acquisitions de véhicules de luxe, gestion d’entrepôts utilisés pour des importations suspectes ainsi que voyages fréquents à Dubaï, La Réunion et la Thaïlande.

Les enquêteurs de la FCC cherchent également à déterminer le rôle de l’informateur présumé, qui affirme avoir transmis des messages, photos et courriels détaillant les allées et venues des principaux suspects. La FCC compte éplucher un rapport complet du PAC, qui tente de reconstituer la chaîne de commandement du trafic. Au cœur du dossier, investissements immobiliers suspects, comptes bancaires à l’étranger et plusieurs sociétés écrans enregistrées. Le tout formant un puzzle financier complexe, mêlant argent sale, corruption et trafic de stupéfiants.

Si la FCC parvient à établir le lien entre les avoirs saisis, les flux financiers et les images captées à Madagascar, de nouvelles inculpations pourraient suivre rapidement. Les regards se tournent désormais vers FCC, où sa cellule financière s’active pour remonter la trace des fonds transitant par des comptes liés à des entreprises de construction et de commerce.

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