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Mission «ExPLOI» l’océan Indien

Le «Plastic Odyssey» révèle l’urgence de lutter contre le plastique

24 novembre 2025, 06:00

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Le «Plastic Odyssey» révèle l’urgence de lutter contre le plastique

■ Une exposition était ouverte au public sur les quais du Caudan jusqu’au samedi 22 novembre, illustrant la mission «ExPLOI». Photo: Tony Fine.

De retour à Maurice après une première escale remarquée à Port-Louis en avril, l’équipe du Plastic Odyssey était à quai du 19 au 24 novembre pour partager les enseignements de son expédition régionale dans le cadre du programme ExPLOI de la Commission de l’océan Indien (COI), avec le soutien de l’Agence française de développement et du Fonds français pour l’environnement mondial. Ce retour intervient à un moment stratégique, alors que la Mauritius Plastic Pollution Free Roadmap s’apprête à être dévoilée et progressivement déployée.

Le mercredi 19 novembre, l’équipe a présenté les premiers enseignements de sa campagne lors d’une conférence sur les quais du Caudan. Une exposition était aussi ouverte au public jusqu’au samedi 22 novembre pour illustrer la mission ExPLOI, qui met en lumière les enjeux de la pollution plastique dans les pays de la COI, le travail des chercheurs et les solutions identifiées durant l’expédition.

Entre avril et juillet, la campagne du Plastic Odyssey a mesuré l’ampleur de la pollution plastique dans l’océan Indien. Grâce à ce partenariat, le navire français est intervenu dans les États membres de la COI – Comores, Madagascar, Maurice, La Réunion et les Seychelles – favorisant la production de données, la mobilisation citoyenne et les échanges entre acteurs économiques et scientifiques. Cette dynamique régionale constitue un levier majeur pour la transition vers une économie circulaire en encourageant le partage des ressources, la diffusion d’innovations et le renforcement des compétences locales.

Chaque minute, 19 tonnes de plastique se déversent dans les océans. Si aucune action n’est engagée, les prévisions indiquent qu’en 2050, le plastique pourrait dépasser le poids des poissons dans l’océan. Dans l’océan Indien, ces pollutions viennent principalement des villes côtières d’Asie du Sud-Est et d’Afrique de l’Est, mais nos îles aux écosystèmes fragiles sont également concernées par les déchets locaux : plastiques à usage unique, restes de pique-nique ou déchets mal gérés. Or, 99 % de cette pollution est invisible, se déposant au fond ou se fragmentant en microparticules. Comprendre ces flux et agir localement – réduction à la source, tri, recyclage, respect des règlements – est essentiel pour protéger nos écosystèmes.

Certaines zones emblématiques illustrent l’ampleur du problème. À Aldabra, site classé au patrimoine mondial de l’Unesco et refuge de tortues géantes, des déchets marins s’accumulent chaque année sur ses côtes : tongs, filets de pêche, bouchons, jerricans et fragments de plastique très dégradés par les UV. Sur cet atoll inhabité, chaque morceau de déchet parcourt de longues distances avant d’échouer sur le rivage. Ces observations confirment que la pollution plastique atteint les environnements les plus éloignés, mettant en péril la faune et les écosystèmes locaux.

Cette expédition démontre que la lutte contre la pollution plastique est possible, mais qu’elle doit s’accompagner de compréhension scientifique, d’actions locales et de coopération régionale renforcée. Le Plastic Odyssey rappelle que chaque geste compte et que la mobilisation de tous est indispensable pour protéger les mers et les îles de l’océan Indien.

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