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Conte de noël
«Le petit sapin orphelin»
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Conte de noël
«Le petit sapin orphelin»
La fête de Noël nous ramène une douce tradition : celle du conte. Cette année, c’est Amarnath Hosany, lauréat ex-aequo du prix Jean-Fanchette, qui a joyeusement accepté de se livrer à cet exercice littéraire. Entre simplicité, fibre écologique et ballet des animaux, la morale de l’histoire a le don de nous ramener à l’essentiel.
C’était la plus belle des forêts, la plus colorée aussi. Feuilles vertes, lianes jaunes, pétales rouges, buissons violets.
Ce monde d’arbres, se réveillait le matin par les gazouillis.
Cui cui ri cui cui. Pendant la journée, les plantes se laissaient bercer par la mélodie des insectes.
Crii crii crii, tik tik, tik, bzzzzzzz, bzzzzzz. La brise, de son côté, flutait entre les feuilles.
Wisssssshh.
Des fois, elle taquinait les branches qui répondirent par des grincements.
Crink, crink. La nuit aurait été plus paisible en ce lieu, sans la présence d’une colombe qui roucoulait sans cesse.
Cou cou rou cou cou.
Et au beau milieu de ce pays d’arbres se trouvait une petite communauté de sapins. En décembre, tous les habitants des lieux, célébraient autour de ces arbres de Noël.
Jinglebell jinglebell.
Hélas, ce bonheur n’allait pas durer longtemps. Un matin de décembre, des hommes chaussant de grosses bottes débarquèrent.
Frot frot frot frot frot frot.
Ils se mirent à abattre les sapins.
Pak, pak, pak… crakkkkk.
La forêt se retrouva avec une clairière au beau milieu. Il n’y aura plus de sapin pour Noël ! La forêt perdit ses couleurs et tout devint sombre. Les animaux se dispersèrent, les oiseaux aussi.
Or, personne ne remarqua la présence d’un petit sapin au milieu de l’espace vide. Il était devenu orphelin !
Le soir, lorsque tout le monde dormait, il se parlait à lui-même.
Je me sens seul ici !
Coucou, qui te dit que tu es seul ?
La Colombe avait parlé et elle vint se poser sur l’arbre orphelin.
Figure-toi que moi aussi, je suis orpheline. Le soir, je me parle et je sais que ça agace les autres.
Le petit sapin retrouva un peu de compagnie.
Roucou, Noël va être triste, si je n’agis pas! se dit la Colombe.
Le 23 décembre, tôt le matin, elle parcourut le domaine des arbres. Les espaces habituellement occupés par les animaux étaient déserts. Les nids étaient vides !
Mais où sont-ils tous passés ? Je n’entends plus la grosse voix du sanglier, ni les ricanements de compère singe et je ne vois nulle part les cornes du grand cerf ! s’exclama-t-elle.
Sur le chemin du retour, elle se posa sur une branche. Là, elle croisa une araignée qui papotait avec une colonie d’abeilles.
Bzzzzzz, patati et patata, gnée gnée gnée. Quelques arbres plus loin, elle rencontra d’autres insectes.
Couuuul, nos amis les insectes sont toujours là.
Or à l’autre extrémité de la forêt, un groupe d’animaux était réuni autour d’un cerf géant. Singes, lièvres, sangliers, entre autres, se posaient mille questions.
Que faire? Quoi faire? Comment célébrer la Noël ?
Ils étaient désemparés.
Le matin du 24 décembre, une araignée se pointa à la clairière. Elle s’incrusta entre la colombe et le sapin.
Gnée gnée, moi aussi, je suis seule !
Et elle participa à la conversation en tissant sa toile dans les branches du sapin. À midi pile, deux libellules se joignirent au groupe.
Zzzzzzzzzzz. Puis, ce fut au tour de trois papillons multicolores.
Flap flap flap.
En peu de temps, le cercle d’amis du petit orphelin s’était élargi. Il en était ravi!
Mais ce n’était pas le cas pour les animaux. Leurs questions restaient toujours sans réponses. Que faire ? Quoi ? Comment ? Le doute s’amplifiait.
Quelques heures plus tard, le sapin reçut la visite d’une colonie d’abeilles.
Bonzzzzzz, peut-on construire notre nid chez toi ? demanda la reine.
Avec plaisir, répondit le petit arbre tout content.
Et elles se mirent au travail. La forêt reprit graduellement ses couleurs. Ses feuilles s’affichaient fièrement. Vert ici, bleu là-bas, rouge et violet au fond. Satisfaite, la colombe s’éclipsa discrètement.
À l’orée de la forêt se tenait une nouvelle réunion des animaux. Le soleil se couchait déjà.
Quoi ? comment ? Que…
Groin, il faut faire quelque chose ! coupa le sanglier. Mais quoi ? demanda le cerf.
Une voix tonna. La colombe, perchée haut dans un arbre, les toisait sévèrement.
Roucou hé, au lieu de vous plaindre inutilement, allez plutôt tenir compagnie au petit sapin pour le réveillon.
On en discute ! répondirent les autres en chœur.
La colombe s’envola aussitôt.
Dans la clairière à huit heures, il se passait des choses et encore des choses. Le petit sapin n’était pas au bout de ses surprises. Les papillons avaient pondu des œufs brillants aux extrémités des branches. Puis des lucioles arrivèrent sans crier gare.
Les animaux se présentèrent à leur tour et ils se figèrent sur place. Une surprise de taille les attendait.
Quoi ??? Comment ??? Braaa ? Groin ? Le petit arbre s’était métamorphosé. L’araignée avait tissé des guirlandes d’argent tout autour. Les ailes multicolores des papillons se déployaient sur les feuilles. Une ruche pendait au beau milieu. La belle colombe blanche trônait au sommet. Deux libellules tournoyaient autour d’elle. Éparpillées sur les branches, les lucioles, telles des ampoules, éclairaient l’ensemble d’une lumière phosphorescente. Un concert de pépiements se faisait entendre.
Soudain, une lune ronde comme un ballon illumina la clairière. Quelques nuages firent leur apparition. Aussitôt, il se mit à pleuvoir des étoiles en petites gouttes – Wasssshhhh !
Woooaah ! s’écrièrent les animaux avec émerveillement.
Ce fut un Noël magique ! L’amitié était à nouveau au rendez-vous. Les habitants de la forêt étaient les plus fiers. Ils avaient le plus beau sapin du Monde.

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