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Crise de l’eau

Le gouvernement déploie son «plan Marshall»

29 mars 2026, 12:30

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Le gouvernement déploie son «plan Marshall»

Même si le remplissage des réservoirs est meilleur qu’en 2025, il faudra gérer les ressources, face aux précipitations inférieures à la normale des mois à venir.

Le pays fait face à une sécheresse persistante depuis 2024, et le gouvernement met en œuvre un «plan Marshall» pour sécuriser l’eau, visant à augmenter les ressources de 150 000 m³ grâce à des forages, des unités de traitement et la réutilisation des eaux usées. En effet, la situation hydrique du pays demeure préoccupante, avec un déficit pluvio- métrique marqué depuis le début de l’année.

En février, le pays a enregistré seulement 105 mm de pluie, soit 33 % de la moyenne à long terme, faisant de ce mois le quatrième février le plus sec depuis 1904. Le Nord a été la région la plus touchée en termes de volume, avec 71 mm de pluie, tandis que le Sud affiche le taux le plus faible, à seulement 24 % de la normale, indiquent les données pluviométriques de la station météorologique de Vacoas.

La tendance ne s’est pas améliorée en ce mois de mars. Durant la première quinzaine, les conditions atmosphériques sont restées sèches, avec seulement 69 mm de précipitations, soit 45 % de la moyenne. L’Ouest a été particulièrement affecté, avec à peine 3 mm de pluie, représentant 4 % de la normale. Face à cette situation, le ministre de l’Énergie et des services publics, Patrick Assirvaden, a tiré la sonnette d’alarme cette semaine à l’occasion d’un séminaire organisé pour la Journée mondiale de l’eau sur le thème Water and Gender 2026. «Nous faisons face à une sécheresse des plus aiguës que nous ayons connues depuis très longtemps. Le mois de février a été le plus sec depuis 104 ans. Nous n’avons eu que 29 % des pluies attendues.»

Le ministre se dit d’autant plus inquiet que cette période coïncide avec la fin de la saison des pluies estivales et que nous entamons la transition vers l’hiver. D’ailleurs, les prévisions de la station météorologique pour mars, avril et mai montrent que la situation régionale reste propice à un déficit pluviométrique. Le South Indian Ocean Dipole est en phase positive modérée et La Niña dans le Pacifique équatorial, actuellement faible, devrait être neutre dans les mois à venir. Des anomalies de pression positives sont attendues sur le centre de l’océan Indien, principalement à l’est de la région des Mascareignes. En conséquence, les modèles statistiques indiquent des pluies inférieures à la normale pour les mois à venir, avec 140 mm pour avril (70 %), et 134 mm pour mai (90 %).

Dans ce contexte, Patrick Assirvaden estime qu’«il ne faut pas simplement comparer le taux de remplissage des réservoirs à celui de l’année dernière». Les données de la Water Resources Commission rapportent qu’au vendredi 27 mars, le taux de remplissage total des réservoirs s’élevait à 64,8 %, contre 47,5 % à la même date en 2025, ce qui peut donner l’impression d’une nette amélioration.

Dans le détail toutefois, la situation est plus nuancée. Mare-aux-Vacoas, principal réservoir du pays, passe de 39,0 % en 2025 à 53,7 % en 2026, mais reste à un niveau relativement modéré. La Nicolière, en revanche, recule de 73,8 % à 67,7 %. À Piton-du-Milieu, le taux progresse de 67,9 % à 76,9 %, tandis que La Ferme passe de 35,9 % à 42,5 %, restant parmi les plus bas. Mare-Longue enregistre une forte hausse, de 50,6 % à 87,3 %, tout comme Midlands, qui passe de 49,6 % à 70,1 %; et Bagatelle, de 53,1 % à 79,5 %. Ces écarts entre réservoirs montrent que, malgré une amélioration globale, certaines sources d’approvisionnement demeurent sous pression, d’autant plus dans un contexte de déficit de pluies, ce qui justifie l’appel à une gestion prudente des ressources.

L’hydrologue Farook Mowlabaccus explique que normalement, la pluie commence à tomber à partir de la mi-décembre et se poursuit en janvier et février. «Cette année, cette séquence n’a pas été respectée. Nous connaissons une période particulièrement sèche, ce qui est inquiétant et reflète les effets du changement climatique. À partir de maintenant et jusqu’au prochain été, je ne vois pas de grandes chances de pluie. Cette incertitude est préoccupante et, si cette tendance se poursuit, il y a de quoi vraiment s’inquiéter», relève-t-il. L’eau est indispensable à tous les secteurs, qu’il s’agisse de l’agriculture, de l’industrie ou de la vie quotidienne.

Le ministre insiste sur l’importance de gérer rigoureusement les ressources en eau disponibles. Il ajoute que la hausse des prix des produits pétroliers a aussi un impact direct sur la Central Water Authority, qui utilise du carburant pour ses machines, pompes et véhicules.

Dans ce contexte, le «plan Marshall» du gouvernement vise à renforcer la résilience du pays face à la sécheresse. Présentée au Parlement le 24 mars par le ministre, cette stratégie repose notamment sur le forage de nouveaux puits, le développement d’unités de traitement, la réutilisation des eaux usées et la modernisation du réseau. Parmi les projets phares figure la mise en place d’une usine de dessalement dans le Nord, actuellement à l’étude, qui pourrait produire jusqu’à 50 000 m³ d’eau par jour afin de répondre à la demande croissante.

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