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Cultures vivrières

Le déficit hydrique perturbe les plantations et la gestion de l’eau

19 avril 2026, 11:30

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Le déficit hydrique perturbe les plantations et la gestion de l’eau

■ Face au déficit de pluie, les planteurs doivent composer avec des contraintes croissantes en matière d’irrigation. (Photo d'illustration)

Au mois de mars, les précipitations ont été nettement inférieures à la normale, selon les données de la station météorologique de Vacoas publiées ce mois-ci. Le cumul mensuel s’élève à 160 mm, soit seulement 54 % de la moyenne à long terme. La situation est encore plus marquée dans l’Ouest, qui a enregistré les plus faibles niveaux de pluie avec à peine 33 mm, soit 21 % de la normale saisonnière.

Ce déficit pluviométrique n’est pas sans conséquence pour le secteur agricole. Plusieurs planteurs font état de difficultés liées au manque d’eau, notamment pour l’irrigation de leurs cultures. Certaines plantations peinent à se développer normalement et les rendements pourraient être davantage affectés si la situation perdure.

«Découragés»

Kreepalloo Sunghoon, président de la Small Planters Association, soutient que la situation se fait encore plus ressentir dans le Nord. «Alors que cette période peut être favorable pour certaines cultures, le manque d’eau pose problème. Les planteurs sont très découragés par la situation. Il y a des planteurs qui disposent de réserves et arrosent leurs cultures, mais d’autres ont des difficultés. Certains ont enregistré des pertes sur trois cultures consécutives. Sans eau, nous ne pouvons pas produire», déplore-t-il. Une baisse de la production est donc attendue dans cette région.

Face à ces difficultés persistantes, l’Irrigation Authority fait le point sur la situation. Son président à temps partiel, Salil Roy, explique : «Nous recevons actuellement environ 40 000 m³ d’eau. Sur ce volume, 5 000 m³ sont réservés aux cultures vivrières et 15 000 m³ aux nouvelles plantations de canne. Cette eau est distribuée trois fois par semaine, pendant trois heures. Toutefois, toutes les repousses, appelées ‘ratoons’, n’ont pas droit à l’irrigation. De plus, 30 000 m³ d’eau potable sont fournis chaque jour depuis La Nicolière, notamment vers Triolet, Morcellement Saint-André, Pointe-aux-Piments et Trou-aux-Biches.»

D’ailleurs, Salil Roy lance un appel aux autorités pour revenir au volume initial d’eau alloué, afin de satisfaire l’ensemble des planteurs et des parties prenantes. «Nous demandons que la situation soit rétablie à 90 000 m³», dit-il. Il reconnaît toutefois que la gestion de la ressource reste contrainte par le manque de pluie et les limites d’approvisionnement. «Nous avons la tête sous l’eau», résume-t-il, insistant sur le fait que l’eau demeure une ressource limitée. Il estime qu’une meilleure valorisation des ressources disponibles est nécessaire et propose notamment de récupérer une partie du débit de la rivière Citron, qui s’écoule en mer, pour l’irrigation.

Perspectives

Selon les données de la station météorologique, les prévisions pour la période allant de ce mois-ci à juin indiquent des précipitations légèrement inférieures à la normale, soit environ 83% de la moyenne à long terme. Ce mois devrait apporter environ 140 mm de pluie, soit 70% de la normale, tandis que mai et juin devraient être plus proches des niveaux habituels, avec respectivement 134 mm et 106 mm, soit environ 90 % de la moyenne.

Néanmoins, cette tendance, marquée par un début de période plus sèche, suscite des inquiétudes chez les planteurs quant à leurs investissements. Ils envisagent de réduire leur production, voire de privilégier des cultures plus résistantes aux conditions climatiques.

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