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Madagascar
La transition sous tension
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Madagascar
La transition sous tension
■ À Tsimbazaza, l’Assemblée nationale malgache peine à compléter son bureau permanent.
À Tsimbazaza, siège de l’Assemblée nationale malgache, la situation politique reste suspendue. Cinq jours après la destitution du bureau permanent et l’élection de Siteny Randrianasoloniaiko à la présidence de la Chambre, les députés n’ont toujours pas réussi à élire les vice-présidents, questeurs et rapporteurs. Cette étape, prévue initialement pour le 16 octobre, est paralysée par des tractations politiques intenses entre les différentes tendances parlementaires. Dans les couloirs de Tsimbazaza, l’ambiance est électrique, nous rapportent nos confrères malgaches.
Cette lenteur agace une partie des élus. Samedi, le député Pierre Fidèle Razara (Tiako I Madagasikara) a lancé un avertissement dans la presse : «Si vous, les députés d’Irmar, ne vous conformez pas à l’esprit du mouvement de la Place du 13 Mai, il vaut mieux dissoudre l’Assemblée nationale.»
En toile de fond, le vote de destitution d’Andry Rajoelina et la recomposition politique qui s’en est suivie fragilisent l’équilibre entre les blocs parlementaires. Faute de consensus, la session extraordinaire piétine. Sauf surprise, les travaux devraient basculer dans la session ordinaire prévue pour aujourd’hui, 21 octobre.
Pendant ce temps, la Southern African Development Community (SADC) pose ses marques. Une première délégation technique est arrivée dimanche 19 octobre, à Antananarivo, pour préparer la mission d’établissement des faits décidée le 16 octobre par la troïka de l’organe chargé de la coopération politique, de la défense et de la sécurité. Elle a été suivie, hier, par une équipe élargie composée d’experts issus des États membres de la troïka. La mission débutera au plus tard le 22 octobre et remettra son rapport avant le 31. Elle restera dans le pays jusqu’au 28 octobre et mènera des consultations avec la Commission de l’océan Indien, l’Union africaine et les Nations unies afin d’assurer une réponse régionale coordonnée à cette crise politique.
Sur le terrain, des signaux de recomposition locale émergent. Dans certains fokontany (subdivisions administratives locales, souvent situées dans les zones rurales de Madagascar), des habitants réclament le remplacement des présidents de quartier jugés proches de l’ancien régime. Le préfet de police, le général Angelo Ravelonarivo, dit n’avoir pas encore été officiellement saisi mais n’exclut pas la possibilité d’un remaniement. À Antsiranana, des citoyens ont lancé une vaste opération de nettoyage, une initiative symbolique d’appropriation civique de l’espace public.
D’autres fronts s’agitent aussi. Me Ferdinand Ranary Rakotoarisoa a été élu nouveau bâtonnier de l’Ordre des avocats pour 2026-2027. Le Jeune patronat de Madagascar propose de participer activement aux discussions économiques de la transition. La société civile appelle à faire de l’eau une priorité nationale. À la Jirama (équivalent de la Central Water Authority et du Central Electricity Board à Maurice), le personnel maintient la pression pour le départ du directeur général Ron Weiss, accusé d’entretenir un système de corruption.
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